Un souffle qui passe...

Message du 10 octobre 1981

Chers frères,

La parabole des Invités de la Noce (Mt 22, 1-14) peut se lire sur deux plans : le premier s’applique à la vie humaine sur la terre, et le second à la vie spirituelle.

Considérons d’abord le premier. Il est vrai qu’il y a parmi les hommes « beaucoup d’appelés » : en fait, tous sont appelés à rejoindre l’Église du Christ. Ne voyez pas en Elle une institution humaine et faillible, mais la religion de l’amour partagé et vécu par tous.

Dieu le Père est le Roi qui célèbre les noces de Son Fils Jésus-Christ, des noces spirituelles, la communion du Christ avec l’homme à qui Il vient apporter la Parole de Vérité. Les serviteurs, apôtres de la Bonne Nouvelle, sont envoyés pour regrouper les Invités à ce festin mais chacun préfère vaquer à ses occupations lucratives et refuse de s’y rendre. Pensez pourtant aux avantages d’une noce où l’on festoie, où l’on chante, où l’on danse, où l’on rit, où l’on s’amuse : le Père a tout préparé, viandes succulentes et mets exquis, mais les Invités préfèrent travailler dans leurs champs et à leurs commerces. Quel sinistre paradoxe ! Même du temps de Jésus, aucun homme doué de raison et soucieux des convenances n’aurait refusé de se rendre à un repas de noce, et c’est pour cela que l’exemple a été choisi par Jésus : Il devait réveiller les foules en les faisant réagir devant des comportements humains inacceptables. Et chacun de Lui répondre : « Mais nous, Maître, nous y serions allés ! »

Si les Invités ne se sont pas rendus au repas de noce, c’est parce que les mariés ne les intéressaient pas : il s’agissait, en effet, des noces spirituelles de l’homme et de son Dieu en personne. Imaginez un homme politique invité aux noces du fils du chef du parti adverse, où l’on parlerait de la politique du parti adverse en compagnie d’amis du parti adverse, avec le langage du parti adverse. Il pourrait y avoir les mets les plus succulents à la table des noces qu’il ne s’y rendrait pas. Vous-mêmes ne pourriez concevoir que cet homme ait pu être invité chaleureusement par son adversaire pour mieux le connaître et échanger des idées en toute amitié… Chacun y verrait un piège, une farce, et l’adversaire serait la première victime de cette façon de penser en ne se rendant pas à la noce, prétextant quelque occupation lucrative…

Ne jugez pas les hommes. Informez-les simplement qu’ils sont invités à la noce. L’Église, qui se veut chrétienne, construite sur l’Amour, invite chaque dimanche Ses fidèles à la Noce Sacrée qui va les unir avec leur Créateur par la Communion au Corps et au Sang du Christ Ressuscité. La Première Communion n’est que la carte d’invitation au repas des noces pour toute une vie spirituelle baignée d’Amour. Mais vos fils et vos filles, chrétiens, refusent cette invitation ! Une fois la période du catéchisme passée, une fois la carte d’invitation reçue, vous les voyez déserter les églises et vaquer, eux aussi, à des occupations diverses où Satan n’est jamais absent… Le Père vous met en garde : la responsabilité est aussi la vôtre, parents de peu de foi ! Vos enfants, qui se disent chrétiens et dignes de ce nom, ne suivent-ils pas votre propre exemple ?

L’Église du Christ n’est pas un repère de brigands où l’on va se repentir un jour pour pécher plus gravement le lendemain ! Elle n’est pas un abri pour les baptêmes et les cérémonies de mariages et d’enterrements ! Et pourtant, n’est-Elle pas devenue un peu cela, frères chrétiens ? La véritable foi, qui est l’accomplissement de l’Amour dans toute sa splendeur, est si grande comparée à ce petit culte étriqué et superstitieux que vous pratiquez aujourd’hui ! Vous allez à l’église lorsque cela vous arrange, vous soulage, vous rassure. Vous vous tournez vers Dieu en période de crise, de malheur, de maladie. Et le reste du temps, lorsque tout va bien, vous L’oubliez, tout en voulant rester chrétiens, car vous tenez à participer à la Fête, à la fin ! Vous avez été baptisés, après tout, et cela, au dernier moment, vous ne l’oubliez pas !…

Les chrétiens sont aujourd’hui de ces Invités qui ne répondent pas à l’appel. Un peuple d’hypocrites qui ne pense plus à l’amour mais à un égoïste profit. Nous parlons ici de la majorité, celle qu’on ne voit pas dans les lieux de culte et que ni la Messe ni le péché ne préoccupent outre mesure. Réveillez-les, frères ! Vous êtes les envoyés du Père Céleste, vous êtes les apôtres de Sa Divine Armée. Réveillez le monde !

Vous vous ferez insulter, le monde se moquera de vous, vous serez méprisés, bafoués, écrasés d’injures publiquement, mais vous avez reçu l’Esprit du Père et vous vous sentirez aussi légers que des colombes. Sans l’Esprit, vous n’êtes rien, mais avec l’Esprit, vous êtes tout. Vous serez capables d’affronter les pires souffrances si Jésus, le Christ, est près de vous et anime votre cœur. N’ayez pas de pensées de haine ou de vengeance : elles ne sont jamais dignes d’un vrai chrétien.

Le Roi se met en colère, chers frères : déjà, votre monde a subi de nombreuses catastrophes et il se relève à peine de l’une qu’il se prépare à sombrer dans l’autre. Il semble qu’il y prenne plaisir. Les catastrophes appellent la souffrance et les privations, et, au crépuscule de ces périodes sombres, renaissent des périodes compensatoires de plaisirs abusifs qui tuent l’homme en son âme. La dégénérescence de l’âme suscite à son tour la révolte, la haine, les guerres, la souffrance et les privations. Quel cercle infernal, frères ! Méditez ce problème humain et offrez à votre âme des distractions saines et apaisantes. Eloignez-vous du brouhaha des villes et de leur puanteur. Allez dans le silence de la nature et ouvrez votre cœur à ce qui n’a pas encore été atteint par les griffes du Démon. Dieu est Amour, vous le savez. Jésus n’est-Il pas venu vous l’enseigner ? Mais Dieu a laissé à l’homme son libre arbitre. La puissance de Satan, force vivante, est entretenue par les mauvaises pensées et actions de l’homme en perdition. Tels sont les ennemis qui détruisent les âmes : ils s’en prennent aux faibles, aux esclaves du Mal, mais autant ils s’acharneront sur les humbles envoyés du Père, autant ils seront repoussés avec virulence ; et même s’ils s’infiltrent en eux, le Père apposera un bouclier solide entre le cœur de Ses enfants et l’Abominable, afin que jamais ils ne deviennent des esclaves.

Voyant que les chrétiens ne sont pas dignes d’avoir reçu la Parole d’Invitation au Festin, le Père éclaire certains êtres de Sa Lumière et les somme de porter le Flambeau à tous ceux qu’ils rencontreront. Ce Flambeau est celui de l’amour du prochain dans la joie et le désintéressement. Il est celui de la Vie Éternelle.

Qui peut rester insensible au cri de ceux qui veulent la paix, l’entente entre les hommes de tous les peuples et de toutes les races ? Qui peut rester insensible à l’idéal de certains jeunes face à la pourriture du monde moderne ? Qui ne redoute les sectes qui appâtent les âmes faibles en quête d’absolu ? Qui ne redoute le suicide des jeunes âmes perdues lorsqu’elles se rendent compte qu’elles sont contaminées par leur environnement et par leur péché ? lorsqu’elles se retrouvent désarmées face à la vie ?

À qui incombe cette responsabilité, frères, sinon à votre monde ? Qu’avez-vous fait de ce monde ?

Tout ce peuple, jeunes et vieux, purs et contaminés, est le peuple à qui Dieu s’adresse puisqu’Il est délaissé par les chrétiens eux-mêmes ! II dévoile l’Amour Véritable à ceux qui sont attirés par une autre vie, un idéal qu’ils ont toujours eu l’espoir d’embrasser.

Voilà, frères, les nouveaux Invités au Festin : des hommes de tous les peuples et de toutes les races, unis par une seule et même aspiration au bien et à l’Amour de Dieu, qui leur ouvre la porte de la Salle des Noces.

Le traître, l’espion qui n’est pas sincère, qui n’a pas en lui l’amour vrai mais la haine, celui-là même est vite repéré par le Père qui le chasse hors de Sa vue. Mais tout n’est pas fini pour lui : témoin de la Table des Noces, il aura dans les Ténèbres tout le temps de désirer la Lumière que le Père, dans Son Infini Amour, lui aura permis d’entrevoir. Après les pleurs et les grincements de dents du regret et du repentir, le Père, par Son Fils, sera seul Juge de la suite…

Ne soyez pas des traîtres, chers frères, mais aimez-vous les uns les autres spontanément comme Jésus, le Christ, vous a aimés. Participez déjà sur cette terre aux Noces Sacrées qui vous unissent à notre Sauveur et au Père Céleste.  Ainsi soit-il.

Nous traiterons la prochaine fois de cette parabole pour le Monde Céleste.

          + Vos frères dans l’Amour