Message du 9 juillet 1985

Bien chers frères,

Comme il nous est doux de vous communiquer de nouveau quelques pensées du Ciel ! Nous ne devons aucunement nous imposer à notre messager lorsque son travail et ses obligations terrestres sont trop importants et nous attendons qu’il soit de nouveau disponible dans l’amour.

Frères, il en est de la spiritualité du monde moderne comme d’une pâte à pain qui serait cuite soit sans levain, soit avec trop de levain. La première est plate, sans relief : elle ne vient pas du cœur mais se contente de faire son devoir. La seconde au contraire déborde des limites du moule et s’étale jusqu’à être une gêne pour les autres. Sachez donc trouver dans votre vie une voie d’amour et de charité qui soit fondée sur l’altruisme et non sur d’égoïstes principes.

Lorsqu’un être cher vous a quittés, un être que vous aimiez beaucoup, ne vous repliez pas sur vous-mêmes dans un chagrin sans remède ou dans une recherche acharnée et personnelle de la vérité sur la Nouvelle Vie. Ne rejoignez pas des sectes qui vous promettent monts et merveilles. Ne rencontrez pas des « mages » ou des « voyants » qui risquent de faire payer à votre psychisme aussi bien qu’à votre bourse le prix exorbitant de leur consultation ! Restez en paix et gardez confiance. Ne disséminez pas votre énergie en quêtes vaines et absurdes. Ne tentez pas de communiquer par des moyens artificiels avec celui qui vous a quittés. Ne centrez pas votre vie sur vos regrets et sur l’image de l’être cher que vous ne voyez plus.

Si votre seul et unique but est de retrouver un jour cet être, commencez par vivre une spiritualité saine et équilibrée. Priez beaucoup, fréquentez les Sacrements, assistez à la Messe, où le Fils de l’Homme, Celui qui a vaincu la Mort, revient pour vous aider et vous sauver. Sollicitez l’aide de la Très Sainte Vierge et des légions d’anges bienfaiteurs qui l’accompagnent. Demandez le secours de votre ange gardien jusque dans les menus détails de la vie quotidienne et de grâce, frères, continuez à vivre et à accomplir votre devoir d’état ! Combien d’êtres humains sombrent dans la dépression ou dans l’aveuglement d’une fausse mystique qui les attire, les fascine et les coupe de leurs relations avec leur entourage : époux, épouse, enfants, parents, amis, etc.

Lorsque l’âme s’élève à la compréhension du Monde Divin, la Lumière de Dieu la pénètre, et, comme un rayon de chaleur consume un brin d’herbe, elle se dessèche au monde matériel pour s’épanouir au Monde Spirituel. Mais si l’âme n’y prend garde, le Tentateur a tôt fait de tirer profit de la situation en lui faisant apprécier ce nouvel état, la poussant à ne plus faire aucun effort pour assumer ses tâches quotidiennes, son travail et ses obligations, et à négliger son entourage dès lors qu’il reste indifférent à ses découvertes. Aussi devient-elle, sans s’en rendre compte, égoïste et personnelle, fuyant son entourage pour trouver refuge dans des lectures et des méditations incessantes, hantée qu’elle est par le souvenir de celui qu’elle a perdu…

Alors, elle sombre dans l’un des pièges les plus dangereux : celui d’oublier le Commandement de Dieu que Jésus-Christ est venu apporter à la terre : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit » et « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Mt 22, 37-39).

Frères, n’oubliez jamais que votre prochain est aussi et surtout l’être qui vit à vos côtés, que ce soit un mari ou une femme, un fils ou une fille, un père ou une mère. Pourquoi vous réfugier dans une vie égoïste et rendre les autres encore plus malheureux à cause de votre attitude fermée et peu charitable ? En tout recherchez l’harmonie et assumez votre devoir d’état avec force et courage.

Combien de couples se désunissent après le départ d’un enfant, départ qui, au contraire, devrait les rapprocher davantage et les porter à cheminer, dans une recherche commune et un amour toujours plus grand, vers Dieu et la Nouvelle Vie, où ils retrouveront celui qu’ils aiment toujours !

Combien de parents se querellent avec leurs autres enfants parce qu’ils ne se comprennent plus ! Combien d’enfants, aussi, sont profondément bouleversés par le départ d’un frère ou d’une sœur, et tentent également de trouver une voie qui les rapproche de l’être disparu ! Parfois les parents « perdent » même un nouvel enfant qu’ils voient s’engager dans une secte, répondant momentanément à ses angoisses… C’est pour éviter de telles déviances que l’Eglise et Ses prêtres doivent être en mesure de parler plus concrètement de la Communion des Saints, apportant aux personnes éprouvées la vérité de l’immortalité de l’amour. Comme il est dommage, en effet, de voir des personnes sombrer dans l’erreur et y persister alors qu’une simple information et une aide spirituelle solides pourraient parfois, dans la franchise, apporter un remède !

Frères, soyez bons et aimants. Soyez charitables et dignes d’être appelés fils de Dieu, pas seulement à l’extérieur de chez vous mais aussi dans l’intimité de votre famille. Sachez, même lorsque vous avez perdu un être cher, sourire lorsque vous êtes en compagnie. Le Seigneur est venu pour que vous soyez tous ressuscités ! Une fois le choc passé, souvenez-vous de la Parole de Vie  ! Votre tristesse ne correspond guère à cette bonne nouvelle… Si vous imposez aux autres, jour après jour, une figure d’enterrement, que penseront-ils de votre foi ? Si au contraire vous acceptez ce malheur dans la dignité et la confiance en Jésus Ressuscité, il vous sera donné les Grâces nécessaires pour vivre votre épreuve. Il est vrai qu’après telle amputation, jamais vous ne pourrez savourer aucune joie totalement tant que vous n’aurez rejoint le membre qui vous manque si cruellement. Mais la vie est là, et vous ne devez ni la fuir ni anticiper le moment des retrouvailles !

Si vos yeux étaient fermés à la Lumière, si Jésus-Christ n’était pas venu, si vous ne connaissiez pas la Bonne Nouvelle, il serait compréhensible que la perspective de l’Hadès macabre et poussiéreux vous rende triste et que vous soyez inquiets pour l’être cher disparu à vos yeux. Mais vous savez cet être vivant, n’est-ce pas ? Vous savez que vos prières et vos intercessions, vos sacrifices et votre charité offerts pour lui peuvent le préserver du châtiment, n’est-ce pas ? Alors pourquoi, au contraire, ne pas essayer de sourire et de remercier Dieu de vous aider ? Pourquoi ne pas partager les fruits de vos découvertes spirituelles avec vos aimés de la terre et vous montrer patients avec eux ? Pourquoi refuser la vie de la terre pour vouloir rejoindre à tout prix l’être cher ?

Fuyez l’indifférence et la gêne, le mutisme et la tristesse, et rayonnez autour de vous de cette foi que vous vivez souvent beaucoup mieux auprès des autres que dans l’intimité de votre famille. Sachez être doux, aimants, généreux. Sachez faire des concessions par amour. Sachez écouter les autres sans vous emporter et prier suffisamment pour qu’ils découvrent eux aussi la Parole de Vie. Demandez aux anges de l’aide. Ce sont les auxiliaires du bien. Demandez-leur de la force et du courage. Ils sauront vous soutenir.

Frères, faites des efforts afin de vous rapprocher sans cesse de Dieu, non seulement dans vos convictions et votre foi, mais aussi et surtout dans votre comportement de chrétiens.

+ Vos frères dans la Foi