Message du 10 août 1988

(Au messager et à ses amis)

Mes enfants,

Puisque vous avez choisi mes écrits comme thèmes de réflexion et que Dieu daigne accorder à Son humble serviteur de pouvoir vous conseiller, je souhaite que vous soyez attentifs à ces quelques paroles.

La vie en groupe n’est pas chose facile, chacun possédant ses propres habitudes. C’est pourquoi vous devez tous prendre Notre Seigneur pour modèle et ne point vous juger les uns les autres. Si nous vous guidons spirituellement depuis le Ciel, mes enfants, c’est afin de vous donner une foi inébranlable qui rayonne de vérité et d’amour et entraîne votre entourage à une conversion véritable. Or, certains d’entre vous, malgré de grandes qualités humaines, ne font pas assez confiance à nos conseils et ne considèrent pas leur religion avec assez de discernement. Ils sont comme ces êtres assoiffés qui aperçoivent dans le désert une oasis et s’en approchent, mais qui, trop méfiants, renoncent à se désaltérer et à laver leur corps dans l’eau claire. Pourtant, ces êtres sont les premiers à indiquer aux autres voyageurs le chemin de l’oasis et à vanter la fraîcheur de son eau et le bien-être qu’elle procure.

Qu’ils apprennent donc à connaître Dieu et le Monde Céleste avec leur cœur et ne soient pas effrayés ! Comme elle est grande la différence qui sépare la foi de principes et la foi d’amour ! Vous croyez que Dieu est présent dans l’Eucharistie mais vous craignez de savourer Sa Présence, de Lui parler et de L’écouter ; vous fermez la porte de votre âme à Son Amour et aux douceurs qu’Il vous envoie. Vous préférez commenter les Écritures Saintes et en savourer la beauté plutôt que la véracité. Tout homme est capable d’agir ainsi, mes enfants, même les incroyants, même les hérétiques qui ne veulent pas suivre la Volonté de Dieu.

La bonté, la gentillesse, la douceur, toutes ces vertus que nous vous recommandons sans cesse ne sont pas des qualités exclusivement chrétiennes et le bon-chrétien possède en fait bien plus que cela ! Car il accueille Dieu dans son cœur et L’y conserve précieusement en dialoguant avec Lui d’une manière permanente, en suivant Ses saintes inspirations et en obéissant sans réticence à Ses saintes exhortations.

Mes enfants, trop d’hommes craignent de vivre avec Dieu dans leur cœur, et se méfient des échanges spirituels. Ne suivez pas leur exemple !

Demandez la foi car vous ne l’avez pas suffisamment ! Demandez la Lumière car les lumières du monde vous masquent la Lumière de Dieu. Devenez sensibles aux choses du Ciel. Qu’y a-t-il de plus beau, de plus grand que de vous savoir aimés de Dieu, aimés de Ses anges, aimés de Ses saints et de Ses saintes du Ciel, aimés des âmes de vos frères invisibles ? Cette grandeur de Dieu, cet Amour de Dieu vous sont donnés à travers l’Eucharistie et moult autres douceurs et vous restez si souvent de pierre, si souvent indifférents alors que vos frères du Ciel intercèdent pour vous auprès de Dieu ! À peine quelques paroles empreintes de superstition ou d’intérêt ! à peine un geste d’amour envers Notre-Seigneur ! Et combien vous devez encore vous faire violence pour prier quand vous n’êtes dans l’épreuve ou dans le malheur !

Vous êtes bouffis d’orgueil et d’amour-propre, vous vous comportez en enfants gâtés, égoïstes et exigeants, appréciant les beautés de la nature, certes, mais si oublieux du Créateur !

Vous pleurerez de joie humainement parce qu’un être aimé vous est revenu, mais la Présence de Notre Seigneur le dimanche à la Messe ou près du Tabernacle vous laisse indifférents. Vous êtes sensibles à l’amour humain, à l’aide sociale, et prompts à contribuer matériellement au bien-être des plus défavorisés, mais cela n’est pas suffisant, même si Dieu se réjouit de votre zèle. Mes enfants, vous devez aussi vous occuper des âmes, car ils sont de moins en moins nombreux les hommes qui savent qu’ils ont une âme…

Quand comprendrez-vous quel est le prix d’une âme aux yeux de Dieu ?

Vous parcourez des kilomètres en pleine chaleur en bredouillant quelques prières et en demandant à Dieu : « que Votre Volonté soit faite ! » et lorsque cette même Volonté vous est communiquée discrètement à travers ces messages, vous n’en faites que bien peu de cas. Nous nous évertuons à vous conseiller mais vous ne nous écoutez pas. Nous en sommes profondément peinés. Vous devez, par exemple, conserver une bonne santé et vous négligez tant de petits détails qui ont leur importance : la bonne chère vous tente encore beaucoup trop, et il est tellement difficile de se défaire des mauvaises habitudes ! Combien vous restez insouciants ! Vous ne semblez comprendre que ce qui vous arrange, ce qui flatte votre amour-propre et vos passions. Vous croyez offrir de gros sacrifices en vous privant de choses qui, en vérité ne vous coûtent guère. Faites donc des efforts d’obéissance. Faites des efforts pour vous ouvrir davantage à la Volonté de Notre Seigneur qui vous aime et ne veut que votre bien, mais souvenez-vous que ce bien n’est pas toujours bien-être : il semblerait même que ce soit tout le contraire. Car ce qui flatte vos sens est presque toujours poison pour votre corps : les nourritures épicées, les sauces, les viandes, les douceurs qui n’ont qu’une saveur dénaturée ne sont pas pour vous. Les flatteries, les compliments, les cajoleries ne le sont pas davantage : tous ces ingrédients proviennent de la Géhenne et ne sont destinés qu’à vous faire chuter et à vous couper de la Vie de Plénitude.

Mes enfants, ces paroles sont dures mais tellement nécessaires ! Sachez modérer vos passions, vos envies. Que votre joie soit saine ! Évitez les conversations mondaines ou triviales. Si Notre Seigneur ne parvient à faire des saints avec les privilégiés que vous êtes, avec qui y parviendra-t-Il ? Vous avez tout pour marcher vers la perfection et ce sont de simples sommets rocailleux qui stimulent votre intérêt ! Levez donc aussi les yeux vers Dieu !

Si certains d’entre vous rechignent, après des heures de randonnée, à parcourir encore quelques mètres pour retrouver Jésus auprès du Tabernacle, qu’ils ne se plaignent pas, alors, de la fermeture malheureusement si fréquente des églises, et ne prétendent pas aimer si ardemment Notre-Seigneur ! Une telle foi n’est pas authentique et ce n’est pas elle qui vous conduira auprès de votre Père du Ciel sans détours. Car autant de détours vous aurez faits sur la terre, autant de détours douloureux vous devrez faire dans le Purgatoire avant que de parvenir à Dieu.

Mes enfants, combien aussi vous êtes superficiels ! Vos réactions humaines le prouvent à chaque instant. Certain est venu parmi vous qui aura beaucoup à vous apprendre s’il a lui aussi beaucoup à apprendre de vous. Ne le décevez pas. Priez afin que Notre Seigneur le préserve de la corruption et le protège. Priez la Sainte Vierge, notre Mère.

Priez avec votre cœur, avec vos larmes. Que vos temps de prière soient accueil de Dieu. Dialoguez avec Lui, avec les saints et vos anges gardiens, et souhaitez d’avoir avec le Ciel un échange amoureux, constructif et sanctificateur.

Nous espérons tous que ces paroles ne vous laisseront pas indifférents. Vous êtes aimés de Dieu, mes enfants. Aimez-Le vous aussi, mais d’une manière encore plus concrète : en respectant Ses Commandements. Chaque jour, Il vous donne rendez-vous et vous ne Lui offrez que bien peu. Qu’il n’y ait pas un temps « pour vivre » et un temps pour Dieu : toute vie créée par Dieu doit respirer à chaque instant pour Dieu, en Dieu et avec Dieu.

Si vous ne souhaitez pas inviter Dieu à participer totalement à votre vie, alors nous demanderons à notre messager de s’éloigner et d’aller éveiller d’autres cœurs qui n’attendent que de telles paroles pour s’élever vers Dieu.

Que Notre Seigneur vous aide, mes chers enfants, à changer vos cœurs de pierre, vos cœurs insouciants, vos cœurs insoumis et qu’Il vous bénisse ; et moi, Son serviteur humble et respectueux, je vous bénis au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit.

+ François de Sales, prêtre