Message du 14 août 1988

Mon cher fils,

Remercie le Bon Dieu pour cette grande Grâce ! (1) Ton cœur est uni au Sien dans la joie comme dans la souffrance, et Sa Chair et Son Sang, dans ce moment sublime de Communion profonde, se sont fondus en toi pour te nourrir directement. Comme je suis heureux, mon fils ! Reste avec Lui, auprès de Lui, et que tes pensées soient en accord avec les Siennes.

Les péchés qu’Il te permet à présent de voir dans les âmes de certains de tes frères te blessent profondément, et Il t’invite à t’unir à Sa Croix de Souffrance. Il te donne cette peine parce qu’Il sait que tu ne juges pas, que tu ne condamnes pas. Comment le pourrais-tu en ayant une conscience si aiguisée de tes propres imperfections ? Il veut simplement que tu apportes de l’aide spirituelle à chacun selon son péché, à chacun selon sa croix. Car ces souffrances que tu lis dans les cœurs sont souvent celles qu’y ont fait grandir le péché.

Ah ! mon enfant, quelle Grâce lorsqu’une âme se convertit totalement ! Quelle Grâce lorsqu’elle se sent atteinte jusqu’au fond d’elle-même par le glaive tranchant de la Vérité divine qui est une et n’admet aucun compromis ! L’amour, mon cher fils, le véritable amour : il n’y a que cela qui compte. Ne te laisse pas atteindre par les pensées injustes que les petits démons du jugement glissent subrepticement dans l’esprit de ton entourage à ton sujet. Suis la voie qui t’a été tracée. Tes amis comprendront que nous devons passer en premier et que ta tâche n’est pas des plus faciles. Sanctifie-toi, sois bon, sois juste, et conserve ta disponibilité pour la prière, l’oraison et la vie intérieure. Dans la tristesse, ton frère spirituel t’apportera une aide constructive. Sa famille progresse et, par son apostolat, gagne de nouvelles âmes à la foi qui est chère au Bon Dieu.

Ne te décourage pas, mon cher fils, lorsque tu lis les misères d’une âme. Le péché y laisse des traces qui sont souvent bien difficiles à disparaître. Mais ne vois-tu pas combien Notre Seigneur est miséricordieux ? Le péché pardonné n’adhère plus à l’âme confessée avec sincérité et repentir. Il tente pourtant de s’accrocher comme un insecte aux parois glissantes d’un récipient mais il ne peut y parvenir.

Explique à tes frères, mon fils, qu’ils ne doivent pas se laisser blesser par le péché, sinon des marques se forment à l’intérieur de l’âme et de nombreux autres péchés viennent s’y accrocher ! La sincérité, par exemple, doit être grande entre vous. Les jalousies, les contradictions, les jugements personnels égoïstes, les convoitises, tout cela crée à l’intérieur des âmes de bien méchantes dispositions. Œuvrez pour Notre Seigneur et ces mauvais sentiments disparaîtront. Le Bon Dieu vous dit comment vous devez L’aimer et vous L’écoutez si mal ! Mon fils, explique à tes amis que la tiédeur dans la foi et l’amour de la matière ne sont pas des sentiments dignes de véritables enfants de Dieu. L’amour doit passer par le cœur et, comme vous l’a dit Paul, sans véritable charité, sans un cœur empli de Notre Seigneur et de Sa Grâce, rien n’a de valeur aux yeux de notre Père du Ciel (cf. 1 Co 12, 31 – 13, 13). Relisez le message sur la pyramide (2) et méditez-le.

Mon enfant, une nouvelle étape t’est proposée. Accepte-la. Ne rechigne pas devant les difficultés. Ceux qui voudront bien te suivre n’auront pas à le regretter.

La Sainte Vierge se pare de Ses plus beaux atours pour le jour de Son Assomption. Elle est auprès de nous, belle comme un Ciel sans nuage. De toute Sa rayonnante personne émanent la lumière et la bonté. Source de Grâces, Elle écoute vos appels et les suppliques de Ses saints enfants qu’Elle a conduits au Ciel. Qu’Elle convertisse le monde, mon cher fils ! Qu’Elle le convertisse ! Il est tombé si bas ! Cheminez en paix vers le Ciel : que les routes rocailleuses, les sentiers épineux, les ornières béantes ne vous arrêtent pas. Si vous conservez la Grâce, elle vous portera et tous les obstacles seront franchis aisément.

Que Notre Seigneur te bénisse ; et moi, je te bénis ainsi que tes amis et vos familles, au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.

+ Jean-Marie Vianney, prêtre

 

(1) Ce jour-là, au moment de la Communion, l’hostie reçue par le messager a fondu instantanément dans sa bouche, à son grand étonnement.
(2) v. Message du 16 février 1985, in Un Souffle qui Passe…, Tome 1.