Message du 10 novembre 1983

Bien chers frères,

Reportez-vous au passage de l’Évangile de Luc sur L’Obole de la Veuve (Lc 21, 1-4) : un passage bref mais riche d’enseignements. Vous devez toujours avoir présent à l’esprit que, du temps de Jésus, l’argent avait une importance capitale, associé qu’il était aux richesses de ce monde. Le Riche est toujours celui qui possède nécessaire et superflu et qui, s’il donne, ne se prive pas au point de le ressentir comme un manque. Mais la richesse matérielle est souvent synonyme de paresse et d’ignorance, volontaire ou involontaire, dans le domaine spirituel.

Quant à la Veuve, elle symbolise un dénuement d’un niveau plus subtil puisqu’elle est privée de l’amour de son compagnon. Si donc elle n’est pas riche de richesses matérielles et donne le peu qu’elle possède, il semble ne rien lui rester pour vivre. Alors, vos amis du Monde Invisible vous disent ceci : quand bien même vous posséderiez toutes les richesses du monde et les donneriez toutes aux pauvres, vous pouvez rester des êtres vides si vous n’avez pas la charité (Cf. 1 Co 13, 3). La Veuve, elle, privée de l’affection de l’être aimé, connaît son malheur et l’importance du partage. À présent, elle peut tout donner car elle a déjà tout perdu. Son geste est le signe d’un renoncement à la vie matérielle, qui n’a que piètre importance face à l’amour pour le Père et pour ceux que l’on aime. Il est nécessaire que vous en preniez conscience.

N’investissez pas tout votre être dans le domaine matériel. Une tempête et tout s’effondre. Un incendie et tout est perdu. Sachez apprécier au contraire une amitié, un sourire, un pardon, une gentillesse, avec une compréhension toute particulière : celle du cœur. Sachez apprécier l’amour de ceux qui continuent de vous crier : « Nous vous aimons » depuis le Ciel ! Le Riche qui donne son superflu ne se prive de rien, il ne fait aucun sacrifice, il ne peut rien retirer de cette action du point de vue spirituel. C’est en effet dans le manque et la peine que, souvent, l’être prend conscience de ses véritables besoins : l’amour d’un Père et d’amis fidèles. Rien d’autre ne peut avoir d’importance dans le domaine de l’esprit. Le geste de la Veuve n’est pas un geste de privation, il est un geste d’amour total. Ayant perdu l’essentiel, elle ne conserve pas davantage ce qu’elle considère comme superflu : l’argent, aussi peu qu’elle en ait. Du temps du Messie, le peuple se contentait de peu pour vivre. Ce n’est pas comme dans l’Occident d’aujourd’hui où nécessaire et superflu font souvent le quotidien de familles qui ne savent plus donner par privation ni même par amour. Rejetez l’égoïsme de votre vie et ouvrez-vous à la charité !

Cette Veuve a souvent été dépeinte comme un exemple de renoncement. L’essentiel n’est pas là. Il réside dans le fait que l’argent n’a plus pour elle aucune importance – et c’est en cela qu’elle est dans la vérité.

Bien chers frères, sachez utiliser l’argent à bon escient : apprenez à donner à qui a besoin. Mais considérez l’affection et l’amour comme des ingrédients de la vie sans comparaison avec l’argent : ceux-là sont nécessaires alors que ce dernier n’est que superflu. Dans le domaine spirituel, vous ne serez jamais déçus si vous laissez vos frères s’exprimer en toute sincérité dans une atmosphère aimante. Sachez partager vos sentiments, vos impressions, vos soucis dans la franchise de l’amour. Sachez écouter les autres et les aider sans hypocrisie. Ainsi, vous vous oublierez vous-mêmes et votre égoïsme disparaîtra, comme la Veuve a oublié tout son être et fait disparaître le peu d’argent qu’elle conservait encore.

Prenez donc exemple sur la Veuve, qui est dans la vérité. Son être meurtri sera comblé par les retrouvailles qui l’attendent au Ciel de Dieu. Qu’il en soit ainsi.

+ Vos frères dans la Vérité