Message du 15 août 1981





MESSAGE DE L’ASSOMPTION

Bien chers frères,

Quelle grande joie ! En ce jour béni, votre Père a enlevé la Mère de Jésus, le Christ, dans sa gloire. Elle est la seule femme qui ait jamais eu ce privilège. Mais ne croyez pas qu’elle fut choisie au hasard : la famille de Marie s’est distinguée, à travers les siècles, de la grisaille des impies et des reîtres, et c’est elle, Marie, qui fut choisie pour sa vertu, sa santé, son humilité et son courage. C’est ainsi que le Créateur conçut sa servante sans péché et que, par amour pour lui, elle devint la première d’entre les femmes.

Croyez-vous qu’il fut pénible à Marie d’accepter la demande de son Dieu par l’entremise de l’Archange ? Cette nouvelle la transporta de joie, si bien qu’elle reçut l’amour tout entier du Père en elle, qui allait donner naissance au Sauveur de l’humanité. Quel immense mystère, pour des pensées déformées par un matérialisme naïf, que celui de cette Incarnation ! « Le Seigneur a fait pour moi des merveilles, saint est son nom ! » (Lc 1, 49).

Puis ce fut l’attente, et la mission de Marie prit toute son importance : prière au Temple, communion spirituelle avec Dieu, enseignement des sages. Tant de rayonnement et tant d’humilité à la fois, tant de compassion. Pas une étincelle d’orgueil dans ce cœur empli de la joie de servir, de l’amour d’accomplir l’Écriture Sainte.

Depuis sa plus tendre enfance, Marie recevait l’enseignement des sages, et, dans le Temple, écoutait, au fond de son cœur, la voix du Tout-Puissant. Elle enfanta sans souffrance et les anges des Cieux chantèrent la venue du Sauveur. Dieu avait voulu qu’elle fût prête à affronter le Mal et la haine des hommes, et il l’avait jusque-là épargnée de l’impact du monde et des superbes. Mais une lumière s’allume et Satan est attiré par son éclat afin de la ternir, de la détruire. Alors, il utilise des instruments humains et envoie légions d’esprits mauvais dans leur cœur…

Quel acharnement contre la Sainte Famille, et que de martyrs pour que vivent Jésus et la Parole du Christ ! Que d’injustice, semble-t-il, mais Jésus n’a-t-il pas dit : « Celui qui perdra sa vie à cause de moi et de l’Évangile la sauvera » (Mc 8, 35) ?

Marie fut victime de la peur, de l’instabilité du monde et de sa méchanceté, mais toujours, toujours, cette confiance qu’elle puisait en Dieu et sa Parole, et le soutien physique que lui apporta Joseph, son très chaste époux, lui permirent de surmonter les plus terribles des épreuves de ces premières années.

Cette confiance, elle apprit à la donner à son Fils, qui, grandissant en sagesse et en vérité, apaisait ses angoisses.

Marie savait la mission divine de Jésus, son Fils, et elle écoutait le Christ en lui. Elle le suppliait humblement pour ceux qu’elle connaissait et qui avaient besoin de lui.

Les séparations n’ont pas brisé son cœur aimant, où la voix de Dieu parlait sans cesse. Les retours ont toujours ravivé la flamme de la confiance dans le cœur de la Mère. Sa vie fut une vie d’attente, certes, mais une vie de bien et d’amour, où la prière vibrait toujours sur les lèvres, où la Bonne Parole n’était pas seulement proclamée mais vécue.

Enfin, ce fut le Calvaire et les souffrances d’une Mère, témoin muet et résigné dans l’amour de son Seigneur. Quelle force pour aimer les bourreaux de son propre Fils ! « Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu’ils font ! » (Lc 23, 34)

La Parole devait s’accomplir et Satan, bien naïvement, s’est fait l’agent même de l’Œuvre la plus grande de toute l’histoire de l’humanité. Pris au piège de la lumière, il a éteint le Flambeau qui brillait sur la Terre, mais il ne savait pas qu’ainsi, il le raviverait dans l’Autre Monde et le rendrait plus puissant encore pour sauver les âmes de l’emprise du mal et leur ouvrir le chemin lumineux du Ciel si elles écoutaient la Parole.

Voilà pourquoi, avec tant d’acharnement, Satan, blessé dans son orgueil immonde, se déchaîne sur le monde au terme de ces deux mille ans, afin de prouver sa supériorité dans la matière. Voilà pourquoi il a tenté de se faire oublier en s’attaquant directement aux cœurs pour y semer le doute, y détruire le discernement et mieux détourner les âmes de l’amour vrai en le transformant en un amour indigne de ce nom, fait de bien-être matériel et de satisfactions charnelles. Peu sont ceux qui gardent suffisamment de discernement, chers frères. Les consciences se dilatent sous les caresses du Malin !… Dans ces moments difficiles, vous qui écoutez encore, pensez à Marie : Marie, Mère de la souffrance, Mère de l’épreuve et Mère de tous les hommes puisque Mère de l’Église. Marie, qui vous a mis en garde de nombreuses fois par la bouche de ses petits messagers. Marie, qui a su, par sa pureté et son humilité, son acceptation et sa confiance, vaincre les assauts du Tentateur sous le regard vigilant de son Christ aimé.

C’est par la prière mais aussi par les actes de votre vie que le Christ désire vous voir à l’œuvre de Dieu. Prenez Marie pour guide et établissez son divin Fils solidement en vous. Consacrez-vous à leurs deux Cœurs.

Méditez également, chers frères, à l’occasion de cette Assomption, le grand mystère de la mort charnelle.

Par amour pour sa Mère et afin de conserver le lien sacré qui unit le Christ aux hommes, Jésus a désiré que le corps de Marie fût enlevé au Ciel. Ainsi, il ne devait pas subir la corruption du tombeau. Mais comment l’aurait-il subie après avoir porté le Verbe ? Comment l’aurait-il subie après une vie parfaite de prière et d’acceptation ?

Marie, dans la gloire du Ciel,
Marie, Reine du Ciel et Mère du Sauveur,
Marie, puissante intermédiaire
Entre les hommes et son Fils,
Marie, que l’on vénère,
Que l’on invoque et que l’on aime,
Priez pour nous, pécheurs !

Ainsi devez-vous solliciter ses grâces.

Marie ne saurait pourtant être adorée comme le Christ. Elle ne fut que la servante de l’Amour, le temple, le réceptacle, le calice du sacrifice unique… Mais elle reste le chemin qui conduit à son Fils. Car Jésus-Christ est l’unique médiateur entre Dieu et les hommes (cf. 1 Tm 2, 5) et nul n’ira au Père s’il ne passe par l’amour du Fils ! (cf. Jn 14, 6)

Bien chers frères, vous qui savez la supplier et visiter les lieux qu’elle a honorés de sa lumineuse présence, écoutez aussi ses appels, écoutez ses supplications, et œuvrez dans l’amour afin de ne pas alourdir le bras de Jésus. Que si votre corps subit la mort et retourne à la terre, votre âme, elle, dans un corps spirituel, s’élève un jour vers la gloire du Père, sous les yeux de Marie, votre compatissante Mère. Amen.

          + Vos frères dans le Christ