Message du 15 octobre 2021





Mon cher fils,

Comme chaque année, je viens vous exprimer ma joie de vous retrouver à cette date, où vous ne manquez jamais d’avoir une pensée pour moi. Ce m’est l’occasion, depuis le Ciel, et en remerciement de votre fidélité, de vous transmettre à nouveau quelques indications pour votre vie spirituelle et celle de tous ceux qui prendront le temps de se pencher sur ce message.

Alors que la Terre devrait être l’antichambre du Ciel, c’est-à-dire un endroit où chaque homme, consommant ses années comme un soupir – soixante-dix ans ou quatre-vingts ans si la vigueur y est (cf. Ps 90 (Vulg. 89), 9-10) -, s’efforce de se préparer à la Vie Éternelle, je constate, au contraire, qu’il est comme un grand vide spirituel chez les peuples occidentaux et une indifférence généralisée à l’égard des choses du Ciel. Alors que quand j’étais sur cette Terre, j’expliquais à mes filles, avides de spiritualité, comment accéder à l’union avec Dieu en suivant une voie certes exigeante mais profondément gratifiante, je constate que l’homme d’aujourd’hui est à mille lieues de cet état d’esprit et que son désir de Dieu est sur le déclin.

Faute d’élever son âme, l’être humain sombre, au contraire, dans les ténèbres d’un hédonisme païen où la soif de spiritualité se perd sans même avoir été étanchée. Comment pourrait-il en être autrement quand, dès leur plus jeune âge, les enfants deviennent esclaves – que dis-je, victimes ! – d’une technologie de plus en plus sophistiquée qui, lorsqu’elle n’est point contrôlée par leurs parents, risque d’être préjudiciable à leur santé tant psychique que corporelle ? Comment pourrait-il en être autrement quand les adultes n’ont qu’à presser un bouton sur leur ordinateur ou leur téléphone portable pour satisfaire leurs pulsions inassouvies ou se laisser happer par des réseaux dits « sociaux », qui sont loin d’être inoffensifs ? Comment pourrait-il en être autrement quand la consommation bat son plein et détourne l’homme de sa vraie vocation : le désir de Dieu ?

Il y a aussi le faux esprit ambiant, qui s’introduit partout : dans les foyers, dans les écoles, dans les églises, dans les professions, dans les loisirs, où des hommes et des femmes à l’esprit corrompu et contestataire, ignorants en matière de foi, se dressent contre la vérité (cf. 2 Tm 3, 8), contre le sens commun, contre la morale et contre l’éthique, contre la justice et contre la loi divine, pour satisfaire sans retenue leurs convoitises insensées et funestes, qui plongent le monde dans la ruine, dans le chaos, et dans la perdition (cf. 1 Tm 6, 9). Et l’homme, perdant au fil du temps le sens salvifique de la souffrance et de la mort, se précipite aveuglément vers des tonnes de médicaments ou de substances nocives pour l’aider à oublier les séquelles d’un passé douloureux ou tout bonnement anesthésier son mal-être et sa peur de l’inconnu.

C’est dans cet esprit de crainte d’une mort sans lendemain et exempte d’espérance que la plupart des habitants du monde – y compris des croyants et des ecclésiastiques – traversent encore aujourd’hui une « crise sanitaire » sans précédent, qui, au lieu de les ramener à la foi en notre Maître et Seigneur Jésus-Christ et à la fidélité à son Église catholique, les plonge au contraire dans la terreur et dans l’égarement. Ils ont ainsi accueilli sans réticence le fameux « vaccin », seule option proposée par leurs gouvernants pour sauver leur peau d’une mort certaine alors qu’il n’est que le fruit vénéneux d’une abominable supercherie concoctée par un aréopage de méchants avides de pouvoir et de lucre. Depuis le Ciel, nous savons parfaitement ce qu’il en est, mon cher fils, et l’avenir vous prouvera nos dires.

Plutôt que de rejoindre l’Église, dont la réputation ne fait que décliner à cause des multiples cabales montées contre elle par le monde païen – et même, de l’intérieur, par des croyants peu orthodoxes ! – pour la détruire, les hommes préfèrent se laisser charmer par des ersatz de spiritualité, qu’une foi authentique en Notre-Seigneur, qui est « le Chemin, la Vérité et la Vie » (Jn 14, 6), pourrait balayer en un tournemain. Mais il faut dire que l’amour et la charité, dont chacun devrait faire preuve envers ses frères, se voient plutôt remplacés, en ces temps de trouble, par l’égoïsme, le narcissisme et les jouissances immédiates. Quant au sens du sacrifice, je vois qu’il a lui aussi tendance à disparaître de la vie sociale.

Quelle étrangeté, mon fils, que celle de ce monde qui se plaît à ignorer l’enseignement de la sainte Bible pour se tourner vers des fables (cf. 2 Tm 4, 4) alors que toute l’Écriture est inspirée de Dieu et utile pour enseigner, réfuter, redresser et former à la justice (cf. 2 Tm 3, 16) ! En effet, qui craint aujourd’hui le Seigneur son Dieu tous les jours de sa vie et observe ses lois et ses commandements (cf. Dt 6, 2) ? Qui aime le Seigneur son Dieu de tout son cœur, de toute son âme et de tout son pouvoir (cf. Dt 6, 5) ? Qui croit en son Fils Jésus-Christ, notre divin Maître, et en l’Esprit qu’il a envoyé aux nations une fois remonté dans les Cieux ? En fait, je suis infiniment triste de constater les ravages causés par ce matérialisme délétère qui règne dans votre monde et qui n’a pour objectif que de le mener à sa perte !

Il est grand temps, mon cher fils, que les hommes se tournent vers Dieu et apprennent à connaître leur Père du Ciel, à connaître son Fils, le Christ Jésus, et à se laisser guider par l’Esprit aux sept dons. Car si des hommes et des femmes à l’esprit satanique s’arrogent le droit de prendre la place du Créateur pour dénaturer ce qui est naturel et le refaçonner selon leur propre conception, les baptisés vivant une foi authentique possèdent quant à eux un contre-pouvoir exceptionnel : celui de la prière, de la Confession et de la sainte Communion ! Celui d’avoir Dieu à leur côté pour les aider, comme les prophètes et les guerriers de l’Ancien Testament. Que ce message exhorte donc tous ceux qui le liront à prier la Trinité Sainte afin que ces individus pervers reviennent à la raison et que leur folie soit démasquée aux yeux de tous (cf. 2 Tm 3, 9).

Agrégé au faux esprit de ce temps est celui qui consiste à faire oublier la nature divine de notre doux Maître et Seigneur Jésus-Christ pour faire de lui un simple parangon d’humanisme, et inciter les hommes, à sa suite, à se lancer dans ce que l’on pourrait qualifier d’« activisme humanitaire ». Cependant, nul ne doit oublier que l’homme Jésus était Dieu, et qu’avant de nourrir les foules ou de les guérir de toutes leurs maladies, il se retirait à l’écart pour prier le Père du Ciel et puiser à la source la force nécessaire. N’est-ce point cet exemple, mon fils, que les hommes devraient suivre en premier lieu avant que de s’aventurer sur les routes du monde : prier et fortifier leur âme dans la pratique des vertus et de la vraie charité ?

Agrégé au faux esprit de ce temps est celui qui consiste à salir, déprécier ou déconsidérer la personne du prêtre de notre Église catholique pour faire de lui plus encore un homme ordinaire et de surcroît pécheur comme tout un chacun. J’ai toujours eu à l’égard des prêtres une indicible déférence parce que ce sont les seuls êtres au monde à avoir le pouvoir d’appeler sur l’autel, pendant la sainte messe, ce même Jésus, Dieu fait Homme, délibérément offert en victime expiatoire pour la rémission des péchés de tous ; ce même Jésus, Dieu fait Hostie pour offrir par amour à ses enfants son Corps et son Sang en Nourriture d’Éternité.

« Vous êtes, vous, le corps du Christ, disait l’Apôtre Paul dans sa première épître aux Corinthiens (1 Co 12, 28), et membres chacun pour sa part » ; et il rappelait que « ceux que Dieu a établis dans l’Église sont premièrement les apôtres, deuxièmement les prophètes, troisièmement les docteurs… ». Sache, mon cher fils, qu’aujourd’hui, cette hiérarchie existe toujours avec, en premier, les évêques, qui, compte tenu de leurs responsabilités en tant que Pasteurs de l’Église, doivent s’efforcer d’être les dignes successeurs des Apôtres. Et, immédiatement à leur suite, les prêtres, qui doivent eux aussi vivre selon la loi de Dieu pour mériter la révérence des fidèles, susciter chez les enfants des vocations et conduire leurs brebis en leur donnant l’exemple d’une authentique vie de sainteté : une vie qui ne se mesure point d’abord au nombre de bols de soupe ni aux oboles qu’ils distribuent aux indigents – car cela, tout païen peut le faire – mais à la beauté de leur âme, à la profondeur de leur vie spirituelle et de leur amour pour l’Église, à la qualité de leur prière, à la valeur de leurs sacrifices toujours accomplis dans la discrétion, à la grandeur de leur cœur, à leur amabilité, à leur bonté, à leur douceur, à leur patience, à leur compréhension – bref, à l’amour qu’ils montrent en faveur de tous et de chacun.

Je vous l’affirme, mon fils : vous reconnaîtrez toujours un bon prêtre à la manière dont il célèbre la sainte messe dans la simplicité et dans un recueillement tout orienté vers le Christ Jésus car il est lui-même un autre Christ. Et cela, ce n’est pas une spiritualité dépourvue de verticalité qui peut vous le faire comprendre – je veux dire une spiritualité où le prêtre serait considéré comme un être humain ordinaire sans aucune prérogative par rapport à tous les autres hommes, et où il ne mériterait point, de la part de ses ouailles, un supplément de sollicitude. Pourtant, grande est la tentation, jusqu’au cœur même de l’Église catholique, de banaliser la personne du prêtre, et de vouloir, par exemple, l’autoriser à se marier, prétextant qu’il serait ainsi moins soumis aux tentations. En réalité, il n’est qu’à examiner sans complaisance la situation de ceux qui y sont autorisés dans d’autres rites ou d’autres églises pour se convaincre du contraire. Car tout homme marié se doit en priorité à sa famille – sa femme et ses enfants – alors qu’un prêtre ne se doit qu’à Dieu seul et à l’Église. Il n’est pas, comme certains aimeraient faire de lui, un simple fonctionnaire élu par des laïcs, qui serait assujetti à des horaires de travail. Il n’est pas davantage un artiste, qui ne se met à l’œuvre qu’au gré de ses inspirations. Il a été appelé par Dieu. Il est un serviteur de Dieu !

Oui, mon fils, un prêtre est un homme de Dieu, que Celui-ci a placé au sommet de la hiérarchie humaine et même spirituelle. C’est pourquoi il se doit d’être fidèle à sa vocation sans faillir. Si des prêtres souffrant d’une profonde solitude ou de fragilités se laissent atteindre par la mélancolie ou ont du mal à accomplir leur mission, qu’ils se regroupent donc pour vivre, à plusieurs, une vie communautaire dans une même demeure, où ils prieront ensemble et partageront leurs repas comme dans les monastères. Ainsi, leur problème sera réglé.

Enfin, mon fils, j’aimerais vous dire que quelles que soient les situations que traversent les hommes, ils ne doivent jamais se décourager parce que Dieu connaît l’avenir du monde et qu’il ne l’aurait pas créé s’il ne devait pas ultimement remporter la victoire. Regardez la tromperie du Jardin d’Éden (cf. Gn 3, 1-24) : lorsque Dieu a créé l’homme et la femme, il savait déjà ce qui allait se produire sous l’emprise du Démon, mais il savait aussi qu’il avait, depuis toute éternité, son Fils « sous le coude » pour l’envoyer en mission, lorsque le temps serait venu, afin de réparer la Faute Originelle.

L’épreuve que traversent aujourd’hui le monde et l’Église est comparable à la tragédie du Jardin des Oliviers. Souvenez-vous : si notre Bon Jésus y a sué sang et eau (cf. Lc 22, 44) et souffert ensuite le supplice de la Croix (cf. Lc 23, 33-45) , c’était pour ressusciter au matin de Pâques (cf. Lc 24, 6) et entraîner à sa suite un maximum d’êtres humains dans la Vie Éternelle au grand dam du Tentateur.

Restez donc dans l’espérance, mon cher fils, vous et tous les membres de la sainte Église de notre Maître et Seigneur Jésus-Christ, et ayez confiance en Dieu tout en sachant que tout ce que vous lui demanderez de bon et de sensé à force de prières, de jeûnes, de sacrifices et d’aumônes, il vous l’accordera dans son immense miséricorde dès l’instant qu’il le jugera bon et profitable pour tous.

Que Notre-Seigneur et sa sainte Mère vous protègent et vous bénissent, mon fils, vous, votre frère spirituel et tous ceux qui vous sont chers.

Madre Teresa de Jesus