Message du 18 août 1984

Bien chers frères,

Jésus a dit : « Demandez et vous recevrez » (Mt 7, 7), mais vous ne savez pas demander. Demander, c’est d’abord prier pour l’Église, prier pour vos frères avec respect et ferveur. C’est également remettre vos intentions entre les mains du Seigneur, qui est Amour. Ayez une confiance infinie en cet Amour Véritable, source naturelle de bienfaits et de Grâces.

Imaginez un maître qui donne à chacun de ses employés un chèque qu’il n’a pas encore signé et leur demande d’y inscrire leur nom et la somme qu’ils désirent percevoir en gage de leur travail. Les employés honnêtes consulteront d’abord les tarifs en vigueur, totaliseront leurs heures de labeur et inscriront sur le chèque la somme qui leur semble équitable. Les malhonnêtes forceront la facture en espérant des bénéfices non mérités. Avec Dieu, amis, ne soyez ni honnêtes, ni malhonnêtes. Vous êtes étonnés ? Il faut être sages : remettez-Lui le chèque en blanc afin qu’Il se charge Lui-même de le compléter. Si vous êtes remplis de confiance, la somme que vous recevrez sera inespérée… S’il est dit : « Demandez et vous recevrez », nous vous disons aussi : donnez et vous recevrez ! Donnez votre amour à votre Père du Ciel, donnez votre confiance au Saint-Père qui Le représente sur la terre, offrez votre vie au Seigneur afin qu’Il la dirige Lui-même, offrez à vos frères un visage rayonnant, un amour sans pareil, un exemple de foi, d’espérance et de charité ! Car c’est en donnant que l’on transforme les âmes les plus rebelles puisque ces âmes-là manquent d’amour. Si elles cherchent des dérivatifs dans les plaisirs les plus divers et les activités les plus inattendues, c’est en compensation de cet amour qu’elles cherchent désespérément là où il ne se trouve pas.

Lorsque vous donnez, faites-le avec le cœur mais ne soyez pas trop prodigues, ne donnez pas tout la première fois : il est dans l’ordre des choses de donner toujours davantage. Par exemple, consacrez chaque jour un peu plus de temps à prier et à méditer. Lorsque vous jeûnez, ne bouleversez pas votre organisme en lui imposant soudain de longues journées sans nourriture. Lorsque vous faites un cadeau, n’achetez pas d’emblée ce qui existe de plus beau : il vaut mieux donner régulièrement et de plus en plus que donner une seule fois ou rarement. Notre Christ a commencé par donner au monde Ses prières, Ses méditations, Son Enseignement, Ses guérisons, Ses miracles, avant que de se livrer totalement pour les hommes. S’Il s’était livré immédiatement, personne n’aurait compris la force de Son Sacrifice et personne ne L’aurait suivi ni écouté. C’est en donnant que vous recevrez, comme c’est en se livrant et en mourant sur la Croix que Jésus a ouvert les Portes du Ciel.

Mais lorsque vous donnez, nous objecterez-vous, vous ne recevez pas toujours en retour ce que vous attendez : le Seigneur, ne l’oubliez pas, peut écrire sur le chèque la somme qu’Il désire, et sachez qu’Il fait toujours pour le mieux. Il suffit de Lui faire confiance. Vos critères de jugement sont différents des siens, voilà tout ! Les événements que vous considérez comme des échecs, des catastrophes, des deuils, et qui vous font souffrir, ne sont pas mauvais en soi. Vous les jugez mauvais mais savez-vous quelle orientation ils vont donner à votre vie ? Savez-vous qu’ils sont les catalyseurs de la Révélation Divine ? Savez-vous enfin que la souffrance peut être transcendée, transformée en une force positive dès lors qu’elle est offerte à Dieu et acceptée avec amour ? Combien de fois devrons-nous vous redire cela ?

Vous succombez heure après heure, jour après jour, au piège des apparences, à la puissance de vos émotions, aux excès de votre tempérament fougueux ou agressif, aux emprises de la jalousie, de l’égoïsme. Vous centrez le monde autour de votre petite personne sans vous demander ce que, de votre comportement, votre voisin aimerait bien voir se modifier pour que vous tendiez vers plus d’amour, de compréhension, de compassion même. N’oubliez pas que le Message de Dieu est destiné à tous les hommes et non à une quantité privilégiée d’humains qui doivent être sauvés. Pour que ce Message soit vécu et porte ses fruits, vous qui êtes chrétiens devez donner l’exemple et montrer toujours le meilleur de vous-mêmes, malgré vos luttes, votre indignité, vos faiblesses. Il est malsain de se plaindre sans cesse sur son sort et d’avouer publiquement manquer à ses devoirs de chrétien ! malsain de tout orienter jamais que vers soi et en fonction de soi ! Le Seigneur veille sur vous : si vous persistez à y veiller aussi, vous deviendrez des ennemis.

Oubliez vos soucis et tournez-vous vers vos frères, vers leurs soucis, leurs problèmes, tentez de les aider et vous vous apercevrez que vous vous rendiez malades en centrant ainsi tout sur vous-mêmes. « Si quelqu’un veut venir à Ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il Me suive » (Mt 14, 24), dit le Seigneur : il ne s’agit pas de se retourner et de s’apitoyer sur ses misères ! Il faut aller de l’avant, toujours dans la direction du Seigneur. Sur le terrain du sacrifice, des embûches, des contrariétés, des déceptions, des humiliations, des moqueries, des mensonges, des trahisons, des souffrances, votre croix s’élimera et deviendra plus légère. Le fardeau se fera plus doux, et, au bout du chemin, vous en déposerez les restes au pied de la Croix du Christ, qui vous donnera Son Pardon et la Vie.

Regardez Marie qui a tant donné en acceptant de devenir la Mère de notre Sauveur : n’a-t-Elle pas dû aussi tant souffrir en Le voyant torturé et en Le voyant mourir sur la Croix ? Le chèque semblait bien maigre pour pareil sacrifice d’une mère, mais cela appartenait au domaine des apparences, et Marie a eu confiance. Lorsqu’Elle vit Son Fils Victorieux de la Mort, la fortune qu’Elle reçut fut incommensurable ! Méditez ceci, très chers frères, et que Dieu vous guide dans vos jugements.

+ Vos frères dans la Foi