Message du 1er juin 1984

(à Lourdes)

Bien chers frères,

Quelle joie de voir tous ces pèlerins réunis autour de Notre-Dame ! Sensible à vos prières, Elle se penche avec compassion sur vos cœurs aimants. N’oubliez pas qu’Elle est votre Mère du Ciel et que vos pensées n’ont pour Elle aucun secret. Demandez-Lui la Grâce de libérer votre âme de l’emprise de la matière. Consacrez-Lui votre cœur afin qu’Elle le protège contre Satan et en garde la porte en le prévenant des tentations et en y conservant la pureté et la fraîcheur de l’état de Grâce. Gardant admirablement cette porte, Elle éloigne de vous le Mal, et permet à Son Fils Jésus-Christ de régner sur vous en s’établissant dans le temple de votre cœur.

Frères, quelle peine nous avons à lire en vous d’incessantes critiques, d’inlassables remarques qui, bien qu’elles ne soient pas toujours formulées à voix haute, viennent hanter vos pensées et y créer une attitude négative à l’égard des autres et du monde extérieur. N’oubliez pas la parole du Seigneur : « Ne vous posez pas en juges » (Mt 7, 1). Elle prend dans ce contexte toute sa valeur. Ce que vous appelez votre conscience, ne l’oubliez pas, est le canal par lequel le Monde Spirituel vous atteint, et il est absolument nécessaire que vous soyez attentifs à ne pas laisser pénétrer en vous n’importe quelle pensée. Aussi bien la Voix du Seigneur que celle du Démon se fait entendre, et vous devez sans cesse faire preuve de discernement. Lorsque le Seigneur vous fait bénéficier de Sa Douce Influence et décide de combler votre cœur, un sentiment de paix, de bien-être, de joie intérieure le traverse. Le jugement s’efface pour laisser place à l’amour… Vous n’êtes plus distraits pendant la Sainte Messe mais, au contraire, vous êtes tout à Dieu, et vous aimez tant votre prochain que vous n’auriez pas même l’idée de porter sur lui un quelconque jugement.

Voyez toujours en votre prochain le meilleur côté de sa personne, de son caractère, et sachez sans cesse repérer ce qu’il fait de bien. Chacun possède des qualités et des défauts, mais parfois, ce que vous jugez comme étant des défauts peut être aux yeux de Dieu des qualités d’une valeur exceptionnelle ! Ne croyez pas avoir toujours raison et sachez rester humbles : l’âme que « saisit » le Seigneur devient toute au Seigneur ! Elle L’écoute, elle Le suit, elle Le contemple, et si son regard s’illumine, si elle s’agenouille et si des larmes coulent de ses yeux, si elle est élevée vers le Seigneur, ne la jugez pas excentrique car vous n’auriez pas compris… Sachez différencier de telles attitudes de la superstition naïve ou malsaine qui fait accomplir des gestes ostentatoires à des personnes dont la foi repose sur un marché incessant avec le Ciel : « Seigneur, donnez-moi ceci, Seigneur, donnez-moi cela »… Le Seigneur attend aussi des efforts de la part de tous pour qu’ils aillent d’abord vers Lui, et qu’ils mettent en pratique les Commandements du Père.

Chers frères, soyez tolérants et faites preuve de patience. Votre âme est trop souvent prête à s’emporter pour des futilités. Pensez parfois au jugement que peuvent porter les autres sur vous-mêmes et dites-vous bien que votre comportement extérieur n’est pas toujours perçu d’une manière juste par votre entourage. Comment savoir si vos paroles sont interprétées correctement ? si vos actes ne prêtent pas à confusion ? Lorsqu’il est un problème, vous devez toujours le régler avec franchise et compréhension dans la paix. Vous êtes les fils du Seigneur, et la discorde et la mésentente ne doivent en aucun cas venir troubler l’union qui existe au sein de votre groupe. Sinon, les personnes qui ne sont pas chrétiennes – et dont le jugement n’en est pas moins acerbe – se diront d’abord que vous ne pratiquez pas votre foi, et ensuite que vos convictions ne doivent pas être très solides dans la mesure où vous n’êtes pas d’accord entre vous. Donc, soyez prudents, et que ce soit surtout votre comportement aimant et tolérant qui vous fasse reconnaître comme chrétiens.

+ Vos frères dans la Foi