Message du 27 novembre 1985

Bien chers frères,

Vous ne savez pas toujours situer avec précision la frontière entre le bien et le mal. Le catéchisme des années passées vous fait sourire : il vous paraît totalement inadapté aux jeunes de ce temps, qui ont soif de liberté. Il vous semble vieilli, désuet, dépourvu de charité. « Rien n’y était autorisé ! », clamez-vous, grisés par cette nouvelle « liberté » que vous vous êtes permis de prendre, et bien décidés à la défendre puisque certains prêtres osent vous soutenir. « Il faut s’adapter à son époque ! », déclarez-vous encore à qui veut bien l’entendre. Et lorsque votre interlocuteur vous rétorque : « Mais l’Église considère telle ou telle chose comme un péché ! », vous prenez un air offusqué en répondant : « Cher ami, vous n’y êtes plus du tout ! L’Église évolue ! Toutes ces choses-là ne sont pas des péchés : tout dépend de l’esprit dans lequel vous les vivez ! »

Si tels sont vos propos, chers frères « libérés », vous n’avez malheureusement rien compris à l’Enseignement de notre Maître ! Car l’amour, la pureté et l’obéissance ne peuvent « évoluer », et tout ce qui leur porte atteinte a toujours été et restera toujours « péché » ! L’Église des siècles passés a interdit de nombreuses choses, il est vrai, désirant non pas opprimer les âmes faibles, mais les préserver du mal, et ceux qui ont obéi à Ses Commandements, même sans les comprendre, ne doivent pas être regardés par vous avec mépris, mais loués et admirés pour leur obéissance dans l’amour !

Frères, vous ne voulez pas d’une religion qui vous donne des ordres et vous empêche de vivre comme vous l’entendez. Vous refusez d’être des faibles. Cependant, c’est cette faiblesse qui fait la force du chrétien parce qu’elle le conduit droit au Ciel !

Le péché n’est pas la non-observance d’une règle ou d’une loi : il est un manque d’amour envers soi, envers le prochain et, évidemment, envers Dieu. Le péché vient de l’homme. Il peut être toute pensée qui se met en valeur au détriment du prochain, qui s’admire, qui s’écoute et y prend plaisir, qui se trouve plus savante, plus intelligente, plus spirituelle, plus pure, plus parfaite que lui. Toute pensée qui cherche à l’abaisser, à le mépriser, à l’humilier, à le rejeter. Toute parole qui cherche à tout ramener à soi, à attirer l’attention sur soi, à faire ses propres louanges, à séduire ou à tromper par des mensonges. Toute parole proférée contre autrui, contre sa famille ou contre ses biens, tout propos méprisant, désagréable, méchant, irrespectueux, humiliant. Tout acte commis sous l’emprise de la violence, de la colère, de la déraison provoquée par des moyens extérieurs tels que la drogue ou l’alcool absorbés volontairement. Tout acte cherchant à blesser, à humilier, à porter atteinte à la moralité ou à la réputation des autres. Tout manque d’amour. L’oisiveté est aussi péché, l’avarice est péché parce qu’elle ne donne pas ; l’impureté est péché parce qu’elle souille l’esprit et excite les instincts animaux des hommes ; la convoitise est péché parce qu’elle cherche à s’approprier le bien d’autrui.

Ne vous comparez point aux autres dans les domaines matériel et spirituel, car la comparaison est source de jalousie lorsqu’elle n’inclut pas une saine admiration et un désir pur de perfection. Ne cherchez pas à être grands, beaux, forts, riches, puissants, admirés, loués, pour susciter l’amour car c’est à l’Amour de votre Dieu que vous devez aspirer en priorité ! C’est à chercher à Lui plaire dans le moindre geste, la moindre pensée, la moindre parole. Avant d’agir, demandez-vous : « Ne vais-je pas me mettre en valeur ? Ne vais-je pas blesser ? »… Réjouissez-vous si vous êtes ignorés, méprisés, rejetés par le monde à cause du Christ. Ne cherchez pas à briller, à éblouir, à parader, mais au contraire allez vers les personnes qui sont à la recherche de Dieu et apportez-leur votre amitié, votre soutien, votre témoignage. Parlez-leur du Père qui est dans les Cieux, de Son Divin Fils Jésus-Christ Vivant dans l’Eucharistie, de Marie, la Douce et Tendre Mère du Sauveur, et restez tout amour.

Si l’Esprit Saint agit en vous pour vous détourner du péché, de grâce, chers frères, ne cherchez point à pécher pour faire comme les autres et vous « intégrer » à cette société ! Le catéchisme d’autrefois n’est pas démodé aux yeux de Dieu, et si vous cherchez à le suivre, n’en ayez pas honte ! Il y était dit d’offrir sa journée entière au Seigneur dès le réveil, et de Lui demander protection et Grâces pour sa famille, ses prêtres, ses maîtres et son pays. Que de bonnes pensées s’élevaient alors du cœur des enfants vers le Seigneur ! Où sont passées ces pensées, frères ?

Croyez-vous qu’un manque de rigueur soit un bien ? L’examen de conscience du soir, qui mettait l’homme devant ses responsabilités de la journée, ses faiblesses et ses manquements, n’était-il qu’une vulgaire contrainte ? Ne lui apprenait-il pas à se bien connaître dès son plus jeune âge et à se familiariser avec cette notion du bien et du mal qui vous semble aujourd’hui si vague ? N’affinait-il pas son sens du discernement ? L’esprit de sacrifice qui était recommandé à travers les pages du catéchisme n’était-il pas déjà une participation du jeune chrétien à cette Communion des Saints que le Seigneur vous demande d’approfondir à travers ces messages ?

Frères, ne soyez pas méprisants ! L’esprit du Mal aveugle les hommes, mais vous, restez vigilants ! Restez à l’écoute de l’Esprit Saint et pensez à Dieu sans cesse. Ainsi, vous serez habités par Son Esprit de Perfection et ce ne sera plus votre propre esprit qui agira à travers vous mais Celui du Christ. Recherchez toujours la perfection en pensées, en paroles et en actions. Vous n’en serez que plus heureux et plus rayonnants pour apporter au monde la Bonne Nouvelle. Vous vous sentirez libres, purs, et, face au monde, vous posséderez l’arme redoutable de la conscience en paix et de l’état de Grâce, qui est un privilège si rare aujourd’hui. Vous étonnerez votre entourage et il vous écoutera. Le Démon s’infiltre partout : sachez le déceler sans obsession ni mesquinerie et combattez-le avec les armes de l’esprit. Ne vous découragez pas, chers frères, nous sommes auprès de vous pour vous aider et vous apporter notre soutien. Restez en paix.

          + Vos frères dans la Foi