Message du 29 octobre 1983 (I)

Bien chers frères,

L’église est un lieu saint où l’homme peut aller se recueillir à tout moment et elle doit rester ouverte à tous et à toute heure. « Lieu saint » signifie « lieu gratifié de la Présence Réelle du Seigneur dans le tabernacle » : montrez-vous donc respectueux et apprenez aux enfants et aux païens à faire de même. Seules les activités saintes, les Messes et l’administration des Sacrements doivent y être pratiquées, mais exceptionnellement – et dans la mesure où cela ne perturbe pas les activités religieuses des paroissiens – des concerts de musique classique, de musique religieuse et des conférences sur des thèmes spirituels peuvent s’y dérouler. Dieu n’aime pas voir d’anciennes chapelles transformées en salles d’expositions ou de spectacles, ou en demeures individuelles.

Le comportement du chrétien à l’église doit refléter

– la dignité : ne pas s’habiller d’une manière indécente, ne pas fumer, ne pas courir,

– le respect : respect de Dieu et respect du prochain – parler, tousser ou se moucher avec discrétion,

– la foi : faire un signe de Croix en entrant dans l’église en témoignage d’entière appartenance à Jésus-Christ et de fidélité à Son Enseignement, baisser les yeux et faire une génuflexion en passant devant le tabernacle, s’incliner devant Son autel, réciter une prière et faire un acte de contrition afin de demander pardon au Seigneur pour les petites fautes commises au cours des dernières heures ou des derniers jours.

Un lieu saint est un lieu de silence où chacun doit pouvoir rester et prier en présence de Dieu sans être dérangé. C’est également le lieu où le prêtre, premier serviteur de Dieu, a mission de rappeler aux hommes, à travers la célébration de la Sainte Messe, que Jésus, le Christ, est venu pour eux sur terre afin de leur transmettre la Volonté de Dieu, et que, dans la Sainte Eucharistie, Il reste à jamais Présent parmi eux. Premier Être jamais parvenu dans les Demeures Célestes avec un Corps Glorieux, Il exhorte tous les hommes à suivre Son Exemple afin que vivants de la terre et vivants du Monde Invisible parviennent à une pureté suffisante pour accéder à leur tour à cet état de Gloire en Dieu le Père. La Sainte Messe nécessite donc une prise de conscience de la Mission Divine de Jésus, et du lien sacré qu’Il a établi une fois pour toutes entre Son Père et l’homme en se livrant à la vie de la chair et à la souffrance par Amour pour l’humanité.

Chaque Messe doit comporter une lecture de l’Évangile et une Consécration du Pain et du Vin par le prêtre sur l’autel. Il est essentiel que le prêtre vive sa mission et qu’il participe activement de tout son cœur et de toute son âme de prêtre à cette Consécration. Pour cela, nous lui recommandons de ne pas regarder l’assistance : l’ancienne disposition des autels convenait beaucoup mieux au recueillement des prêtres. Le monde extérieur étant aujourd’hui bien davantage source de tentations, vous devez vous méfier des distractions créatrices de mauvaises pensées qui vous détournent de la vie avec Dieu. Il en est de même pour les prêtres, qui ne sont pas exempts de ce genre de distractions.

La musique et les chants peuvent agrémenter la Sainte Messe s’ils permettent l’élévation de l’âme ou la louange à Dieu. La musique d’orgue étant la plus proche des sonorités merveilleuses du Monde Invisible, est conseillée pour l’élévation de l’âme. Mais une Messe doit toujours réserver quelques minutes de méditation silencieuse au cours desquelles l’âme peut se recueillir en présence du Seigneur.

Le prêtre doit commencer par accueillir la communauté dans la joie mais aussi dans la dignité et le recueillement. Sa voix doit être douce et chaleureuse, et il doit rayonner de l’Amour de Dieu qu’il va, à travers cette Célébration communautaire, transmettre à ses ouailles. Il peut parfois se montrer ferme s’il doit défendre la position de la Sainte Église sur un sujet bien précis où le Démon aura déjà tenté de corrompre les âmes en leur faisant croire qu’elles sont dans la bonne voie. Ferme également si le comportement moral de la communauté n’est pas en accord avec l’Enseignement de Jésus-Christ. Car il ne faut pas oublier que le pacte avec Dieu établi par le Baptême, la Première Communion des enfants et le Sacrement de Confirmation, n’autorise pas le chrétien à suivre sa petite morale personnelle et à ne faire de sa religion qu’une affaire privée entre le Seigneur et lui-même. Les Commandements sont les mêmes pour tous et si le prêtre a pouvoir de pardonner aux pécheurs, il a aussi devoir de leur dire : « Va et ne pèche plus ! »

Pour tenir entre ses mains le Seigneur Présent dans l’Eucharistie, le prêtre doit se purifier et se laver les mains à l’eau claire. Quant aux fidèles, il ne saurait être question de les encourager à recevoir la Communion dans la main, cet acte ne constituant qu’une tolérance de la part de l’Église. Certains craignent, pour diverses raisons, de laisser tomber leur Hostie – alors qu’un plateau de Communion devrait toujours être là pour La recevoir en cas de chute ! D’autres ont peur d’attraper des microbes ou n’aiment pas « tirer la langue à monsieur l’Abbé ». Des prêtres ont horreur de se faire lécher les doigts… Soyons sérieux, frères ! Le Seigneur n’est pas un objet ! Il est un Ami qui pénètre droit au cœur ! Se L’approprier de cette façon peut refléter un certain égoïsme. L’Hostie n’est plus le pain ou la coupe qu’a tendus Jésus à Ses Apôtres la veille du Sacrifice, Elle est le Sacrifice Lui-même ! Elle est la Vie même du Seigneur qui va, l’instant d’après, couler dans vos veines ! Elle est le Corps et le Sang de Jésus, le Christ, Fils de Dieu, qui vous transmet Sa Vie en Nourriture afin que vous deveniez des enfants de Dieu comme Lui ! Ah ! frères, combien oublient cela !…

La Sainte Communion doit être l’aboutissement de vos rencontres quotidiennes ou hebdomadaires avec le Seigneur. À tout instant de votre vie vous devez y songer, vous y préparer. Bien sûr, le Seigneur doit rester dans votre cœur et vous guider sur le bon chemin, mais la Rencontre dans l’Eucharistie doit être un moment tellement privilégié ! Si vous ne l’avez pas compris, vous devez méditer cela très sérieusement… Aujourd’hui, certains se pressent à la Sainte Table comme ils font la queue aux caisses des supermarchés. Pour eux, la Communion est devenue un simple rite. Des enfants y vont sans même réciter un acte de contrition et passent leurs Messes en distractions ridicules et rires étouffés. Quant aux adultes et parfois même aux prêtres, nous préférons vous taire leurs pensées… Où allons-nous, chers amis ? où allons-nous ? Il faut que dès l’enfance les hommes prennent conscience du caractère profondément sacré de la Célébration Eucharistique. Que Dieu les pardonne, le monde extérieur ne les y encourage guère !

Marie, Mère du Sauveur, vous supplie d’éduquer vos enfants et de les détourner, par un raisonnement simple, clair et logique, du mal de votre civilisation qui les dépouille de toute forme de personnalité pour les rendre esclaves d’une mode, d’une musique, de l’influence malsaine de leur entourage. Incitez-les à se méfier du monde ! Sinon, au lendemain de leur Communion Solennelle, ces enfants se détourneront de l’Église : ils auront accompli ce que leurs parents les obligent à faire par devoir ou par tradition. Puis ils se marieront à l’Église et seront enterrés à l’Église par tradition… Que d’hypocrisie ! N’allez-vous pas vous décider à mettre fin à ce règne de Satan qui se satisfait d’apparences extérieures et de principes totalement dépourvus d’amour ? Si la liturgie n’est pas mieux expliquée aux fidèles qui ne savent plus percevoir, au cours de la Célébration, le Souffle de Dieu, celui de l’Esprit Saint, si les prêtres ne s’efforcent pas de rayonner d’amour et d’apporter la Bonne Parole en la commentant sous l’inspiration directe de l’Esprit et de Ses envoyés, alors les églises se videront de plus en plus de leurs habitués et les jeunes avides de spiritualité continueront de tourner leurs regards vers d’autres religions, voire des mouvements sectaires, sans avoir compris que le Joyau de la foi et la Clé de la Vie ne sont autres que Jésus-Christ Lui-même.

Ce n’est pas en agaçant l’assistance par des paroles inutiles que la Sainte Église attirera les hommes et poursuivra la mission de « pêcheur d’âmes » de Pierre. Ce n’est pas en imposant des Commandements sans autre forme d’explication qu’Elle parviendra aujourd’hui à son but : l’homme se montrant aujourd’hui plus exigeant, il est nécessaire à présent de lui expliquer, de lui faire assimiler avec tact et pédagogie l’Enseignement de Jésus, d’expliciter les paraboles et de commenter l’Évangile à la lumière du monde moderne pour le rendre plus présent à tous. Il ne s’agit ni de polémiquer, ni de trancher, ni de se lancer dans des querelles inutiles. Prêtres, n’oubliez pas que vous parlez au nom de l’Église et que vos paroles sont sacrées ! Vous portez sur vos épaules une lourde responsabilité et les conseils que vous donnez, les décisions que vous prenez, les remarques que vous faites, tout cela doit être éclairé par l’Esprit Saint. Ce qui signifie que vous devez être en état d’établir avec Lui un lien à chaque instant.

Certains jeunes et certains prêtres ont beaucoup influencé le déroulement de la Célébration Eucharistique : Messes en plein air accompagnées à la guitare ou avec des instruments à percussion, cérémonies accompagnées de danses et de chants. Tout cela correspond à une façon de vivre la foi, certes, mais permettez-nous de vous rappeler que la relation avec Dieu la plus authentique n’a jamais été établie que dans le recueillement et la prière. Personne ne viendra nous contredire : Jésus Lui-même se retirait des foules et également de la compagnie de Ses Apôtres – qui pourtant n’étaient pas nombreux – pour aller prier et communier plus profondément avec l’Esprit Saint de Son Père qui Le guidait et L’éclairait ! S’Il est au milieu de ceux qui se réunissent en Son nom pour célébrer la Sainte Messe, ce n’est pas dans l’exaltation mais dans la prière commune, qui reste aussi, paradoxalement, une prière individuelle issue du cœur de chacun.

Parallèlement, de nombreux croyants de plus en plus avides de spiritualité, pour vouloir se détourner d’un culte qu’ils jugent trop humain et trop enrobé de vanités, vont jusqu’à rejoindre des mouvements chrétiens qui ne sont pas sous la tutelle de l’Église…

Alors, nous direz-vous, que suggérez-vous pour changer la situation ? Que faire pour qu’il y ait davantage de prêtres et de laïcs fidèles à l’Enseignement de l’Église ? Il faut que l’Église se consacre à sa mission spirituelle avant tout. Il faut qu’Elle amène les cœurs à comprendre qu’en devenant les esclaves de leurs passions, de leurs sens et du Mal, ils se séparent sans même s’en rendre compte de leur Père-Amour et détruisent leur vie et celle de leurs frères. Il faut aussi qu’Elle sache retrouver un certain sens du sacré qui peu à peu se perd…

Seigneur,
Faites de Vos prêtres des enfants
Qui soient à l’écoute de Votre Esprit
Et sachent rapporter fidèlement aux hommes
Votre Volonté et Votre Lumière !
Amen !

+ Vos frères de l’Église du Ciel