Message du 30 avril 1993

Mon fils,

Je t’ai parlé du danger que représentaient pour mes enfants certains phénomènes dits « surnaturels », « préternaturels » et « messages » prétendument venus du Ciel. J’insiste sur le fait que mon Église doit inlassablement tout éprouver pour retenir ce qui est bon.

Car partout souffle le faux esprit, et il y a aujourd’hui plus d’ivraie que de bon grain. Même certains qui se prétendent « spécialistes » finissent par se tromper, et ils entraînent de nombreuses personnes à leur suite. Les hommes avides de merveilleux se précipitent vers des voyants auxquels ils s’attachent, sourds aux prudents avertissements donnés par mon Église. Mon fils, Je te le dis, cet aveuglement n’a aucun point commun avec l’authentique foi.

Il y a aussi des personnes qui prétendent recevoir de leurs disparus de véritables « messages » : des parents, par exemple, qui disent entendre la voix de leur enfant décédé dans leur cœur. Si ces paroles intérieures sont des paroles de vie, d’amour et d’espérance et qu’elles invitent toujours à suivre mes Commandements, elles peuvent être une grâce que j’accorde parfois à mes enfants dans la communion des saints pour adoucir leur épreuve. Mais cette grâce leur est personnelle et le doit rester. Dans tous les cas, les bénéficiaires de « messages » d’un être aimé doivent se montrer extrêmement prudents, surtout si ces « messages » sont reçus par des procédés douteux et se prolongent dans le temps. Ils ne doivent jamais perdre de vue que tout cela peut provenir de leur propre psychisme ou même de démons qui, singeant le défunt, veulent, sous couvert de paroles pieuses et parfois prophétiques, se mettre à diriger leur vie et à les bercer d’illusions pour les entraîner dans des voies dangereuses pour leur âme. C’est pourquoi une grande discrétion est d’abord indispensable.

Afin d’éviter les conséquences désastreuses de l’illusion ou de la tromperie, ceux qui croient recevoir des « messages » d’un être aimé doivent toujours me conserver dans leur cœur la première place, car « Qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi. Qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi » (Mt 10, 37). S’ils ne suivent point cette consigne, ils risquent de trop s’attacher aux messages reçus et d’axer leur vie sur eux plutôt que sur mon Évangile ; ils risquent de désirer ces messages, de les attendre, et même de chercher à les provoquer ; ils risquent aussi d’attacher plus d’importance à leur tutelle qu’à celle de mon Esprit Saint et d’avoir plus de joie à les recevoir qu’à recevoir mon Corps et mon Sang dans l’Eucharistie. Voilà pourquoi mon Église reste toujours si sagement prudente à ce sujet. Une déviation de la foi est si vite arrivée.

Enfin, si ces personnes outrepassent le domaine de la grâce personnelle et ne conservent pas, au sujet de ces messages, la discrétion requise, si elles se sentent soudain investies d’une mission et appelées à apporter au monde leur témoignage, cela peut devenir extrêmement dangereux et ne servir qu’à exciter la curiosité, le goût de l’extraordinaire, et détourner les hommes de la vraie foi. Nul ne doit manquer de bon sens : Moi, qui suis Dieu, Je suis venu, et ils ne m’ont pas écouté. Comment quelqu’un de chez les défunts pourrait-il les convaincre ? (cf. Lc 16, 19-30).

Je demande aux prêtres qui guident de telles personnes – quand encore elles veulent bien accepter de se laisser guider – de se montrer fort prudents et pleins de discernement. L’homme est un être affectif qui, lorsqu’il est blessé ou frustré dans son amour, s’affaiblit psychiquement. Et le Démon raffole de ces psychismes défaillants ou en proie au déséquilibre. Il peut aller jusqu’à y singer les grâces les plus belles, les communications les plus exquises, les phénomènes mystiques les plus extraordinaires, les extases les plus saintes, mais celui qui connaît bien le Démon ne doit pas s’y tromper dès lors qu’il voit l’aspect phénoménal ou sentimental détourner l’homme de l’Essentiel. Lis les œuvres de Jean de la Croix, mon fils, et tu comprendras cela.

La plupart de ces manifestations sont comme des champignons atomiques : elles ravissent le regard mais leurs retombées sont mortelles. Il ne faut pas les rechercher. Mieux vaut se contenter de simples levers de soleil et rendre grâce au Père pour ses bontés.

Les personnes nouvellement converties et celles qui découvrent la foi d’une manière brutale sont parfois victimes de ce genre de phénomènes. C’est pourquoi une grande humilité, une non moins grande discrétion, la fréquentation régulière des sacrements, et une obéissance absolue à mon Église restent nécessaires si elles veulent rester dans la foi.

Afin de reconnaître si de tels phénomènes appartiennent au domaine de la grâce, il est indispensable que les personnes qui s’en disent bénéficiaires soient passées au crible de l’orgueil, du sentimentalisme, de l’illusion, du goût pour l’extraordinaire, de l’attachement aux manifestations, de la défaillance psychique, de la supercherie, et enfin de l’action démoniaque.

Que ces paroles, mon fils, t’éclairent, et éclairent aussi ceux qui doivent discerner. Ces phénomènes prennent aujourd’hui une telle ampleur que les hommes ne doivent pas rester dans l’ignorance du danger qu’ils représentent.

Je t’aime et te bénis.

 Jésus