Message du 4 avril 2021





MESSAGE DE PÂQUES 2021

Bien chers frères,

Le Seigneur est ressuscité, alléluia ! Réjouissez-vous, car s’il est ressuscité, c’est afin que tous les hommes de bonne volonté soient à leur tour ressuscités pour la Vie Éternelle !

Pourtant, l’heure de votre mort et de la grande rencontre avec Celui qui règne à présent dans les Cieux à la droite du Père vous semble encore si lointaine. Il est vrai qu’à moins d’être atteint d’une grave maladie, peu sont ceux qui pensent spontanément à l’instant de leur mort et à leur éternité. La fête de Pâques est, à n’en pas douter, l’occasion d’y réfléchir sérieusement sans crainte ni tabou.

Cependant, sachez, amis, que même si la mort permet à tout homme d’accéder à la Vie Éternelle, elle ne lui donne pas automatiquement le privilège d’être accueilli par le Fils dans les Demeures Célestes et d’y séjourner jusqu’à la Résurrection Générale et pour l’Éternité.

En effet, Notre-Seigneur, descendu aux Enfers après avoir expiré sur la Croix, a ouvert les portes du Ciel non seulement à tous les saints du passé – à commencer par Adam, qui fut le premier des rachetés – mais aussi à tous ceux qui, aujourd’hui, reconnaissent sa divinité, prennent leur croix et le suivent dans la voie de la sainteté. Et, de même que notre Seigneur Jésus a mené une vie sainte au cours de laquelle il a fait montre de toutes les vertus, a souffert sa Passion, a connu la mort pour sauver l’humanité pécheresse, a été mis au tombeau et est ressuscité d’entre les morts le troisième jour, de même, pour devenir d’authentiques enfants de Dieu, devez-vous, dans une chronologie inversée, vous unir à sa mort par le Baptême, être mis avec lui au tombeau et en surgir pour une vie nouvelle, une vie où toutes ses vertus puissent être manifestées en vous – à commencer par celle de la charité.

Alors, l’homme ancien ayant, aux côtés de Jésus, été fixé au bois de la Croix avec ses péchés et ses imperfections, c’est un homme nouveau qui, ayant revêtu le Christ (cf. Ga 3, 27), va marcher à sa suite. Et plus sa vie aura ressemblé à celle de notre Seigneur Jésus, et plus il sera en mesure d’être entraîné par lui dans sa Résurrection jusqu’à son Royaume de Gloire pour une Éternité de délices (cf. Ps 16 (Vulg. 15), 11).

Malheureusement, trop d’hommes de ce temps s’éloignent de Dieu, de son Église catholique et de ses sacrements, et l’apostasie n’est pas loin de régner à présent sur une bonne partie de la Terre. Pénurie de prêtres, pauvreté de la prédication, horizontalité de la catéchèse, affadissement de la foi, de l’espérance et de la charité, perte des repères moraux, désertification des églises, profanation des choses saintes et des lieux saints, hédonisme triomphant : tel est bien le bilan que nous qui sommes au Ciel pouvons faire aujourd’hui de la chrétienté dans la plupart des pays qui se veulent les plus civilisés. Même de fervents pratiquants y ont parfois des doutes sur la Résurrection de notre Seigneur Jésus-Christ, sur ce qu’il advient des âmes après la mort, et sur les sacrements dispensés par la sainte Église.

Frères, au lieu d’écouter sans cesse des messages télévisés qui vous troublent, vous terrorisent et vous intoxiquent, écoutez plutôt les messages de vos amis du Ciel, qui ne veulent que votre bien. À cet égard, nous voudrions vous rappeler l’exemple de Paul dans sa relation au Christ Jésus – Paul qui disait, après s’être laissé habiter par Notre-Seigneur : « Je suis crucifié avec le Christ ; et ce n’est plus moi qui vis, mais le Christ qui vit en moi. Ma vie présente dans la chair, je la vis dans la foi au Fils de Dieu, qui m’a aimé et s’est livré pour moi. » (Ga 2, 19-20)

Alors, qu’attendez-vous, amis, pour vous repentir de tous vos péchés, les confesser auprès d’un prêtre de l’Église catholique, et vous nourrir du Corps Sacré du Christ Jésus pour grandir en sainteté comme grandit l’enfant dans le sein de sa mère ? Qu’attendez-vous pour boire à la Coupe et laisser son Précieux Sang circuler en vos veines pour qu’il insuffle en vous plus encore de charité ? Qu’attendez-vous pour inviter Notre-Seigneur ressuscité à venir habiter en vous pour vous faire don de sa paix ? Ainsi, vous pourrez unir, comme par osmose, votre amour à son amour, vos joies à ses joies, vos peines à ses peines, vos souffrances à ses souffrances, et votre aspiration à une vie après la mort à sa Résurrection.

Car si vous invitez le Christ Jésus à venir habiter votre cœur, tout ce qui peuple votre monde intérieur sera remis à sa juste valeur à la lumière de la Vérité. Ainsi, uni à l’amour du Christ, le ferment de charité qui végétait en vous se verra vivifier ; uni à la joie du Christ, le semblant de joie qui sommeillait en vous se trouvera attisé ; unies aux peines et aux souffrances du Christ, vos propres peines et souffrances se verront amoindries et deviendront supportables ; unie à la Résurrection du Christ, votre aspiration à une vie après la mort se métamorphosera, dans la foi, en une authentique espérance en la Vie Éternelle, nourrie de la Parole et de l’Eucharistie.

Si vous invitez le Christ Jésus à venir habiter votre cœur, vous n’aurez plus jamais peur puisque vous aurez accueilli en vous l’amour de la Vérité, qui vous vaudra d’être sauvés (cf. 2 Th 2, 10).

Mais cet accueil, chers frères, n’est pas anodin car ce même Jésus, ne voulant pas que vous restiez des tièdes, s’appliquera à vous transformer spirituellement pour faire de vous des hommes nouveaux qu’il entraînera avec lui dans sa Résurrection. Ainsi, il n’aura de cesse, avec vos anges gardiens et vos frères du Ciel, que de guider vos consciences élastiques vers une disposition au Bien et vers une aversion pour le Mal. Il vous invitera à vous délester de toutes formes de péchés, non seulement en vous faisant regretter de les avoir commis, mais aussi en vous conviant à les confesser auprès d’un prêtre et à prendre la ferme résolution de ne plus retomber dans les mêmes travers. En allégeant ainsi votre âme, soyez assurés, amis, que vous comblez de joie le Cœur de notre Seigneur Jésus, qui pourra d’autant plus aisément vous accueillir un jour à la Table de son Royaume.

Maintenant, imaginez une grande montgolfière remplie de tous les actes peccamineux de votre vie, qui l’alourdissent et la rivent au sol. Si vous ne la délestez pas de ce poids, l’aérostat ne pourra décoller ni s’élever vers le ciel. Si donc vous n’avez pas l’humilité de confier vos péchés et vos imperfections à un prêtre – qui est l’oreille de Dieu – afin de recevoir de lui le pardon du Seigneur, votre âme sera alourdie par le poids de vos fautes et entravée dans son ascension spirituelle.

Frères aimés, nous vous en conjurons, tournez-vous vers Dieu tant qu’il est encore temps ! Regrettez vos erreurs du passé, coupez-vous des situations de péché dans lesquelles vous vous êtes enlisés, efforcez-vous de respecter les Commandements et demeurez dans l’amour du Père. Telle est la volonté de Notre-Seigneur qui, en respectant lui-même ces Commandements, est demeuré dans cet amour (cf. Jn 15, 10) et vous dit aujourd’hui : « Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande » et « Ce que je vous commande, c’est de vous aimer les uns les autres » (Jn 15, 14. 17).

Le Verbe de Dieu lui-même s’est incarné en la personne de Jésus-Christ par amour pour l’humanité pour racheter la Faute Originelle. Le Fils lui-même a gardé les Commandements de son Père et il a demeuré dans son amour (cf. Jn 15, 10). L’Esprit Saint lui-même, qui procède du Père et du Fils, embrase de son amour les trois Personnes de la Trinité Sainte depuis toute éternité, et manifeste cet amour incommensurable sur la Terre dans le cœur des hommes de bonne volonté.

Frères bien aimés, le Christ Jésus a souffert sa Passion, il est mort sur la Croix par amour pour vous et il est ressuscité le troisième jour, alléluia !
Pour vous entraîner dans le sillage de sa Résurrection, alléluia !
Pour vous laisser son Évangile comme feuille de route sur cette Terre, alléluia !
Pour vous offrir son Corps et son Sang en héritage pour la Vie Éternelle, alléluia !
Pour vous confier à la tendresse de sa bienheureuse Maman, la douce Vierge Marie, alléluia !
Pour vous unir, une fois la mort vaincue, à l’amour de tous vos frères du Ciel dans une merveilleuse communion, alléluia !

Que le Ressuscité et sa très sainte Mère vous bénissent et vous gardent, chers frères, tout au long de votre pèlerinage terrestre, dans la voie de la sainteté.

+ Vos frères dans la joie de Pâques

 

Approbation de l’Abbé Marc-Antoine Fontelle o.b., docteur en théologie.