Message du 8 septembre 2020

Mon fils,

Le Seigneur Jésus et moi-même sommes attristés lorsque tu ouvres les portes de ton esprit à la tentation et que le péché a raison de toi. Tu ne peux que constater, comme je le faisais souvent lorsque j’étais sur cette Terre, que tu ne fais pas toujours le bien que tu veux et que tu commets le mal que tu ne veux pas (cf. Rm 7, 19). Et autant tu te complais dans la loi de Dieu pour ce qui est de « l’homme intérieur » (Rm 7, 22 ; Ep 3, 16), autant il t’arrive de te laisser submerger par une autre loi, propre à la chair, qui exacerbe tes sens pour t’entraîner vers le bas.

Le Seigneur Jésus t’aime, mon fils, et il connaît chez toi cet homme intérieur, à qui il s’adresse souvent ; il connaît sa foi, son amour pour Dieu et sa force, mais il connaît aussi ses souffrances et ses découragements, particulièrement lorsque la chair a raison de l’esprit. C’est pourquoi je te recommande de ne point t’attarder sur tes errements ni laisser le Diable t’accabler en amplifiant ton sentiment d’indignité, mais d’en demander immédiatement pardon au Seigneur Jésus et de t’en confesser au plus tôt afin que tout cela ne nuise point à ta vie spirituelle.

Si le Seigneur Jésus permet que tu ne sortes pas toujours victorieux de tous ces combats, comme tu le dis toi-même, c’est pour ton humilité : il avait aussi été mis dans ma chair une écharde afin que je ne m’enorgueillisse point à cause de l’excellence des révélations qui m’avaient été faites (cf. 2 Co 12, 7), et, lorsque j’ai prié le Seigneur Jésus qu’il accepte de m’en débarrasser, il m’a répondu que sa grâce me suffisait (cf. 2 Co 12, 9). Il en est de même pour toi, mon fils : sa grâce te suffit !

En fait, c’est dans l’épreuve que le Seigneur Jésus juge de la fidélité de ses enfants. S’il laisse l’homme charnel subir l’assaut des tentations – et parfois même y succomber -, c’est tout simplement pour que celui-ci lui prouve, par son héroïsme face à l’Adversaire, ou même dans l’échec, par la sincérité de son repentir, la force de son amour. Alors, mon fils, plutôt que de demander au Seigneur de te délivrer des vilains démons qui t’assaillent, demande-lui la grâce d’avoir la volonté de les repousser et de te tourner vers lui au moment où tu en as le plus besoin. Et sache que chaque fois que tu luttes, et même chaque fois que tu tombes et que tu sollicites son pardon, il est près de toi pour te dire encore et encore qu’il détourne sa face de tes fautes, qu’il efface tout ton mal, qu’il ne t’enlève pas son esprit de sainteté (cf. Ps 51 (Vulg. 50) 11. 13) et qu’il t’aime ! N’oublie pas que tu es son messager.

Je voudrais ici insister sur un point important que tout chrétien devrait connaître : certains démons ne se chassent que par la mortification des sens – c’est-à-dire par le sacrifice, le jeûne, la privation, la prière insistante, la résignation dans la souffrance ou dans la contrariété, l’accomplissement d’actes de charité ou d’humilité qui coûtent à la personne. Ces démons, en effet, aiment à se repaître des voluptés que ressentent les hommes à travers les abus de nourriture, de boissons enivrantes, de drogues, d’images ou d’actes qui égarent les sens. Plus les hommes s’y adonnent et plus ces démons-là les aliènent. C’est pourquoi la seule chose qui puisse vraiment les chasser est une manœuvre visant, par un acte de volonté suffisamment puissant, à substituer à l’agréable quelque chose de pénible ou de douloureux. Bien des saints se sont donné la discipline (1). Tu as pu constater par toi-même, mon fils, que, sans aller jusque là, c’est à la suite de deux actes de charité qui t’ont été difficiles à poser que tu as pu, finalement, éloigner de toi ces redoutables adversaires.

Mais passons à présent à mon propos d’aujourd’hui : après t’avoir parlé, dans mon précédent message, des pièges de l’occultisme et de l’ésotérisme, qui ne diffèrent en rien de ceux de la gnose des premiers siècles de cette ère, je voudrais évoquer ceux du faux amour, de la fausse humilité et de la fausse unité.

Il est, en effet, certaines personnes qui se croient missionnées directement soit par Dieu lui-même, soit par ce qu’elles appellent des « puissances supérieures » dans le cadre de pratiques proscrites par l’Église (cf. Lv 19, 31), pour tenter de rapprocher les grandes traditions religieuses et, à terme, les faire fusionner pour n’en former plus qu’une. Ces personnes sont d’avis que les divisions dans la foi ne sont que sources de tracas et de manquements à la charité, et que la religion catholique, qui se définit comme universelle et porteuse de la seule Vérité (cf. Mt 10, 34-35 ; Lc 12, 53), devrait, avec humilité, renoncer à ses prérogatives.

Il s’agit là d’un ambitieux projet syncrétiste sur lequel je veux être très clair : quels qu’en soient les instigateurs, tout cela n’est que rêve ou utopie et relève de l’hérésie ! Chacun se souviendra de Babel (cf. Gn 11, 1-9), où Dieu lui-même a dû introduire la confusion pour empêcher les hommes de réaliser orgueilleusement un projet démesuré et contraire à son plan.

Si celui qui veut faire un puzzle n’en emboîte pas correctement les différentes pièces pour reproduire le modèle qui l’accompagne – sachant que le concepteur du jeu n’a assigné à chacune de ces pièces qu’une seule configuration -, les pièces se chevaucheront, l’ensemble sera tortueux et non conforme à ce qui est demandé. Il n’est pas non plus permis au joueur de raboter les pièces d’origine pour les emboîter à sa convenance : cela nuirait tout autant à leur conformité au modèle d’origine.

Les utopistes, mon fils, croient pouvoir refaire le monde à leur convenance. Cependant, malgré leurs bonnes intentions, ils ferment les yeux sur la réalité des choses et sont prêts à raboter les pièces du puzzle qui ne leur conviennent pas pour finalement les encastrer à leur guise et créer un autre modèle, contraire au plan du Créateur. Car les pièces ne peuvent s’encastrer que d’une seule façon, et toute autre tentative d’assemblage n’est qu’un leurre ! Ainsi, vouloir mêler des traditions religieuses à partir de vagues ressemblances, de points communs ou d’une prétendue complémentarité, c’est vouloir concilier ou réconcilier l’inconciliable, et cela n’a pas de sens ! Vouloir ouvrir la Bergerie du Seigneur Jésus-Christ aux loups, c’est se montrer non pas humble, charitable, prodigue, mais laxiste et malavisé ! Comprends bien, mon fils, qu’il ne s’agit pas là de haïr les personnes appartenant à d’autres traditions religieuses, mais de les aimer et de prier pour elles, de prier pour leur conversion.

C’est le Père-Créateur qui a constitué le modèle du puzzle. Il s’agit d’un modèle d’unité à l’image de l’Éden. Or, le Péché Originel ayant désagrégé l’ensemble de son œuvre, le Père-Créateur a envoyé son Fils, l’Unique-Engendré, sur la Terre des vivants, pour enseigner à chacune des pièces du puzzle comment retrouver, en s’efforçant de vivre saintement, la place qui lui échoit – la seule règle à respecter étant celle de la conformité au modèle.

Le seul enseignement à suivre, en effet, c’est celui du Seigneur Jésus-Christ, envoyé par le Père pour appeler les pécheurs au repentir et pour les sauver (cf. Lc 5, 32 ; 1 Tm 1, 15) – ce même Seigneur qui a dit : « Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie. Nul ne vient au Père sinon par moi » (Jn 14, 6). Toute autre affirmation, d’où qu’elle vienne, est issue du faux esprit, celui-là même qui s’est attaqué à l’unique Vérité dès le lendemain de la Résurrection du Seigneur Jésus, pour insinuer le doute sur ses deux natures – divine et humaine – et s’opposer à l’Église naissante. Car le Seigneur Jésus ne fut pas qu’un simple prophète : il est la deuxième Personne de la Trinité Sainte et son enseignement est le seul qui conduise à l’unique Vérité puisque le Seigneur Jésus est lui-même cette Vérité. Même Jean le Précurseur, le plus grand des enfants de femmes (cf. Lc 7, 28), n’était pas digne de dénouer sa courroie de sandale (cf. Jn 1, 27) !

Dès le départ, donc, ce fut un combat : un combat spirituel entre les forces du bien et les forces du mal, qui n’ont cessé de s’opposer aux disciples du Seigneur Jésus et à son Église – et cela, jusqu’au cœur de cette même Église, barque de Pierre, qui a connu, au fil des siècles, de nombreuses tempêtes, mais qui les a toutes surmontées par la force de l’Esprit Saint.

Que tous ceux qui liront ce message prient pour que vive l’Église, une, sainte, catholique et apostolique, dont le Seigneur Jésus lui-même a affirmé que les portes de l’Enfer ne prévaudront jamais contre elle (cf. Mt 16, 18). Qu’ils prient aussi pour que les enfants de cette même Église aient la sagesse d’aimer leurs frères issus des autres traditions religieuses – même si ces derniers affirment être leurs ennemis -, de leur donner l’exemple d’une vie chrétienne authentique faite d’humilité, d’amour et de charité, de prier pour leur conversion, et d’accepter de prier avec eux le Dieu-Créateur pour des causes communes comme le respect de la vie et de la famille, le respect de la Création, la lutte contre la corruption, la paix dans le monde, etc., même si ce Dieu n’a pas tous les attributs de notre Dieu Un et Trine.

Les chrétiens qui s’opposeront à l’encyclique du pape qui sortira bientôt (2) sont dans la mouvance de ceux qui se sont déjà opposés à la rencontre organisée à Assise par le pape Jean-Paul II en 1986, d’une douzaine de chefs religieux, en faveur de la paix. Je les convie simplement à relire la parabole du Bon Samaritain (cf. Lc 10, 25-37) afin qu’ils comprennent sans équivoque qui, pour le Seigneur Jésus, est leur prochain. Que chacun évite plutôt de se laisser égarer par ceux qui suivent le faux esprit et professent des mensonges, ou qui emploient la ruse pour entraîner les autres dans l’erreur. Je l’ai déjà dit : en vivant dans la vérité de l’amour, chacun est appelé à grandir jusqu’au Seigneur Jésus (cf. Ep 4, 15), chaque pièce du puzzle est appelée à se mettre à sa place et à s’encastrer conformément au modèle. C’est ainsi qu’assumant son rôle, chaque partie du Corps Mystique du Christ permettra à ce Corps de se construire véritablement dans l’amour (cf. Ep 4, 16), et peut-être d’agrandir le puzzle de nouveaux éléments parfaitement encastrés, sous le regard satisfait de la Trinité Sainte.

En matière de corruption, le combat actuellement engagé dans le monde transparaît aujourd’hui à travers les mesures sanitaires imposées aux populations par les dirigeants de nombreux pays. Les plus éminents virologues et épidémiologistes du monde ont beau expliquer aux gouvernants et aux habitants que le gros du danger est terminé et que les mesures drastiques de protection contre le fameux virus n’ont actuellement plus lieu d’être, ils ne sont pas écoutés – et pour cause ! car les uns sont corrompus et les autres terrorisés. Jusqu’au simple bon sens qui n’a plus aucun effet sur des cerveaux lavés depuis des mois par les discours catastrophistes de médias inféodés aux politiques, par les affiches, par les rappels incessants des consignes : tous, hommes, femmes, enfants, personnes jeunes ou âgées doivent prendre leurs distances les uns vis-à-vis des autres. La spontanéité et la tendresse sont mises au pilori, l’agressivité commence à se faire jour envers ceux qui refusent de bêler avec le troupeau…

Tous les pays concernés, qui auraient dû tirer des leçons du passé, sont pourtant en train de revivre, comme anesthésiés, les prémices des événements les plus sombres de l’histoire. Il y a peu de temps encore, chacun se gaussait des scènes terrifiantes décrites dans les romans dits d’anticipation ou de science-fiction de certains auteurs bien connus. Mais il n’est plus question aujourd’hui d’anticipation ni de science-fiction : il s’agit bien, malheureusement, de la simple réalité ! Effrayer, soumettre, contraindre à des mesures prétendument bonnes alors qu’à terme, elles se révèleront profondément nuisibles, est une tactique satanique.

En ce jour qui commémore la Nativité de Celle en qui Dieu a fait sa demeure pour visiter l’humanité – Mère du Rédempteur, qui est aussi la nôtre (cf. Jn 19, 25-27), et Nouvelle Ève, qui écrase sous ses pieds l’antique Serpent -, j’encourage tous les chrétiens à prier, par son intercession, la Trinité Sainte pour ceux qui se sont laissé corrompre par de fausses croyances, pour les membres des autres traditions religieuses et pour vos chefs d’État et de gouvernement (cf. 1 Tm 2, 1-4), afin que tous soient éclairés.

Que la paix du Seigneur Jésus-Christ soit sur toi, mon fils, sur ton frère spirituel et tous ceux qui soutiennent cette œuvre.

+ Paul, apôtre de Jésus-Christ

 

(1) La discipline : fouet fait de cordelettes ou de petites chaînes utilisé pour se flageller, se mortifier.
(2) Encyclique Fratelli Tutti du Pape François, du 3 octobre 2020.

 

Nihil obstat : Abbé Marc-Antoine Fontelle
Imprimatur : + Mgr Gilbert Aubry