Sermon du 25 décembre 2013

SERMON DE NOËL
(Inspiré au messager pour une paroisse)

Mes frères,

Ce soir, c’est Noël, et, sur toute la terre, dans tous les pays du monde, le peuple chrétien se rassemble pour célébrer cette grande fête. Réjouissons-nous ! S’il nous était donné de remonter le temps et de pouvoir assister à la naissance de Jésus, nous serions émerveillés à la fois par sa simplicité et par sa grandeur.

En effet, le Fils de Dieu n’est pas arrivé sur les nuées du Ciel à bord d’un vaisseau spatial ! S’il s’était révélé à nous sous la forme d’un extraterrestre, nous en aurions été effrayés. Mais le Père du Ciel, dans sa grande bonté, a voulu faire de son Fils un être semblable à nous pour nous montrer combien l’homme originel restait encore sa créature de prédilection : « Il vit que cela était très bon » (Gn 1, 31),  nous dit le livre de la Genèse.

Jésus était le Nouvel Adam, créé à l’image et à la ressemblance de Dieu dans sa nature humaine, mais sans la cicatrice du Péché, dont les autres hommes avaient été marqués depuis la Chute. Jésus était ce petit Enfant qui vagissait dans la Crèche sous les yeux émerveillés de son papa et de sa maman, comme les enfants ordinaires.

Cependant, mes frères – saint Jean l’affirme avec autorité – « tout esprit qui confesse Jésus venu dans la chair est de Dieu » (1 Jn 4, 2), car Jésus est à la fois vrai Dieu et vrai Homme. Et, au cours de l’histoire, tous ceux qui n’ont pas su maintenir son identité dans cet équilibre, ont donné naissance à deux sortes d’hérésies : celle du Jésus « trop humain » et celle du Jésus « trop divin ».

Jésus : « vrai Dieu » ? Sa venue avait été annoncée par les prophètes dans les Écritures Saintes. Et elle a été acclamée à son heure non seulement par le chant des bergers terrestres mais aussi par le chœur des anges célestes, claironnant le gloria.  C’est Jésus « vrai Dieu » qui a été capable d’envoyer une étoile pour guider jusqu’à Bethléem les Mages partis à sa recherche (cf. Mt 2, 9-10). C’est encore lui, plus tard, qui a été capable de changer l’eau en vin à Cana (cf. Jn 2, 1-11), d’apaiser la tempête sur le lac (cf. Mc 4, 35-41), de faire voir les aveugles et marcher les boiteux, de purifier les lépreux, faire entendre les sourds et réveiller les morts (cf. Mt 11, 5) !

L’Enfant Jésus, mes frères, n’est pas venu sur cette terre pour y régner en monarque intransigeant et y éradiquer le péché à coups de semonces ou de châtiments. Il est venu pour y enseigner l’amour et la miséricorde, à la fois par sa Parole et par son exemple, et pour y apporter sa paix.

Souvent, nous entendons dire que si Dieu existait, il n’y aurait pas, autour de nous, toute cette haine, toute cette violence et toutes ces guerres. Pourtant, si les hommes suivaient la voie que Notre Seigneur nous a montrée et qu’il continue de nous enseigner par son Église, tous s’efforceraient de pardonner et de se réconcilier, de se respecter et de s’aimer, et la paix régnerait sur toute la terre.

Jésus, mes frères, en la personne de ce petit enfant de Noël, est venu nous apporter tout ce qui nous est nécessaire pour accomplir ce programme d’amour et de paix dans nos vies.

D’abord, à travers son Évangile, il nous apprend à aimer le Père du Ciel et à le prier : c’est lui qui nous a enseigné la belle prière du Notre Père à cette intention. Il nous apprend à nous aimer et à nous respecter nous-mêmes. Il nous apprend à aimer notre prochain quelles que soient nos différences. Il nous apprend à être simples, bons, doux, généreux, justes et miséricordieux. Il nous apprend à être des agents de sa paix.

Ensuite, pour que nous puissions y parvenir, il nous a laissé la prière et les sacrements, que nous dispense son Église – des baumes qui nous purifient et nous fortifient sans cesse, pour que nous menions à bien notre mission terrestre d’édification du Royaume de Dieu.

Et quel est le moteur de tout ceci, mes frères ?

Eh bien, c’est l’amour ! Ce Jésus de la Crèche que nous contemplons aujourd’hui en cette nuit de Noël, c’est le même Jésus qui rachètera nos péchés sur le bois de la Croix. C’est le même Jésus qui souffrira le martyre pour obtenir de Dieu le Père le pardon de nos fautes. Et nous devons croire qu’il nous l’a obtenu, ce pardon, puisqu’il est allé jusqu’au bout de son Calvaire, et qu’il est ressuscité afin que nous aussi, comme le dit saint Paul, puissions l’être à notre tour ! (cf. 2 Co 15, 20-23)

C’est pourquoi ce pardon, il faut le demander, mes frères, à vos prêtres, et ils vous le donneront dans le sacrement de la Réconciliation. Ils vous le donneront autant de fois que vous le solliciterez. Cela fortifie notre âme.

Que de grâces nous avons par ce petit Enfant, qui ne veut qu’une seule chose : nous accueillir un jour au Ciel ! Qu’est-ce que quatre-vingts, quatre-vingt-dix ou même cent ans comparés à l’Éternité ? Car c’est bien cela qui se joue dans la vie de chacun et de chacune d’entre nous : notre éternité !

Là encore, mes frères, le Jésus de la Crèche a pensé à nous : lorsqu’il sera sur la Croix, prêt à mourir, avec sa Maman, la Vierge Marie, de nouveau à ses côtés comme elle l’était à Bethléem, il lui dira en lui désignant l’apôtre Jean : « Femme, voici ton Fils », et il dira à Jean, le disciple bien-aimé : « Voici ta mère ». Et, à partir de cet instant, Jean accueillera Marie chez lui (cf. Jn 19, 26-27). Alors, devenons, mes frères, nous aussi, des disciples bien-aimés de Jésus, et accueillons chez nous notre Mère du Ciel. Plaçons-nous sous sa protection puisqu’elle est la Femme qui écrase le Serpent sous ses pieds, et demandons-lui de nous éduquer et de nous élever vers son Fils. Offrons-lui chaque jour un bouquet de « Je vous salue Marie… » si nous voulons qu’à l’heure où nos paupières se fermeront définitivement à la vie terrestre, elle soit présente pour nous les ouvrir définitivement à la vie céleste.

Voilà, mes frères, en résumé, le mystère de Noël. Au-delà des lumières de nos villes, au-delà des sapins décorés, au-delà des cadeaux, au-delà des réjouissances familiales, gardons simplement présent à l’esprit qu’en cette nuit de Noël, un Sauveur nous est né pour notre Éternité. Joyeux Noël, mes frères !

Amen.