Sermon du 25 décembre 2011

SERMON DE NOËL
(Inspiré au messager pour une paroisse)

Mes frères,

Vous avez sans doute remarqué, dans la décoration de nos villes, que l’expression « Joyeuses Fêtes » remplace souvent le « Joyeux Noël » d’antan, et qu’aujourd’hui, l’on parle aussi des « vacances d’hiver » plutôt que des « vacances de Noël ». Que ne feraient pas, en effet, nos sociétés matérialistes athées pour tenter de faire oublier le vrai sens de « Noël », qui est et restera toujours une fête chrétienne : l’anniversaire de la naissance de Jésus !

Et cette joie, qui est partagée – joie de se retrouver en famille ou avec des amis, joie d’échanger des cadeaux – n’est autre que le prolongement de la joie suscitée par cette naissance de Jésus, qui a marqué le commencement de l’ère chrétienne. Une joie qui s’étend bien au-delà des limites de la Terre puisque, dans la nuit de Noël, écrit saint Luc, un ange apparaît aux bergers de Bethléem et leur dit :

« Voici que je vous annonce une grande joie […] : aujourd’hui vous est né un Sauveur, qui est le Christ Seigneur […]. Et soudain, poursuit l’évangéliste, se joignit à l’ange une troupe nombreuse de l’armée céleste, qui louait Dieu en disant : ‘Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la Terre aux hommes, qu’il aime. » (Lc 2, 10-14)

La première joie de Noël, mes frères, c’est donc la joie qu’a suscitée la venue de Dieu sur Terre en la personne de son Fils unique Jésus. C’est là un cadeau tout particulier qu’a offert à l’humanité entière notre Père du Ciel. Un cadeau particulier parce qu’il est universel. En général, un même cadeau ne s’offre qu’une seule fois, à une seule occasion et à une seule personne. Mais le don du Fils unique de Dieu, quoique historique, nous est offert à tous encore et toujours, non seulement à chaque Noël – où nous pouvons accueillir l’Enfant de la Crèche dans notre cœur – mais, également, aussi souvent que nous le souhaitons à travers le sacrement de l’Eucharistie, communion intime entre l’humain et le divin.

L’Apôtre Paul, dans sa Première Épître aux Corinthiens (cf. 1 Co 12, 12-30), nous donne, à cet égard, une image éclairante : nous sommes, dit-il, le Corps du Christ. Jésus en est la tête et nous, les membres. Et c’est notre lien avec la tête qui fait que nous sommes tous unis entre nous. C’est ainsi que par son Incarnation en la personne de son Fils Jésus, Dieu se fait Lumière de nos âmes, s’offrant à nous à chacune de nos communions, infusant en nous son Corps et son Sang en nourriture spirituelle pour nous faire grandir chaque jour davantage dans le bien et dans l’amour – ciment de son Corps Mystique, que nous appelons « l’Église ».

Mes frères, Dieu le Père a fait de son Fils Jésus un homme comme nous pour que ce même Jésus nous aide à devenir enfants de Dieu comme lui. Et il veut, par son Fils et avec l’assistance de l’Esprit Saint, nous aider à grandir en sainteté pour nous faire participer à sa divinité.

Souvenons-nous ! Ce Jésus, au terme de sa vie terrestre, qu’est-il advenu de lui ? Il est mort sur une croix et il est ressuscité. Il est ressuscité pour que nous soyons tous ressuscités, nous dit aussi saint Paul (cf. 1 Co 15, 20-22), et que nous puissions entrer dans le Royaume des Cieux, où nous continuerons à vivre et à aimer éternellement.

Cet Enfant de Noël, mes frères, est venu pour nous racheter : c’est le cadeau de Dieu à l’humanité, aux croyants comme aux incroyants, aux bons comme aux méchants, aux bien-portants comme aux malades, afin que tous puissent connaître son existence et que tous puissent se détourner du mal pour s’engager à sa suite. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il est l’Amour ! Parce qu’il est le Chemin, la Vérité et la Vie, et que nul ne va au Père sinon par lui (cf. Jn 14, 6) ! Parce que déjà, dans cette crèche, il est ce même Jésus qui va faire que les aveugles voient, que les boiteux marchent, que les lépreux sont purifiés, que les sourds entendent, que les morts ressuscitent, et que la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres (cf. Mt 11, 5). Et tel est aujourd’hui encore le programme qu’il nous propose de suivre sans y enlever un iota, pour nous aider à sanctifier notre grand pèlerinage terrestre.

Ainsi, détournons les yeux des fausses lumières de la fête, qui rendent aveugles, et contemplons plutôt l’Enfant de Noël en demandant à Marie, sa Mère et notre Mère à tous, de nous prêter ce regard attendri qu’elle porte sur le divin Enfant. Que lisons-nous dans les yeux de Jésus ? Qu’attend-il de nous au seuil de la nouvelle année, à la lumière de la Vérité ?

Sans nul doute, que nous poursuivions notre chemin dans la voie de l’amour et de la charité, et que nous nous efforcions de garder ses Commandements. Que nous allions de l’avant pour mieux aider nos frères les plus souffrants, qui se tiennent parfois à notre porte sans même que nous les voyions. Que nous nous confessions régulièrement auprès d’un prêtre afin de recevoir le pardon de Dieu pour nos fautes. Que nous ouvrions davantage nos oreilles à sa Parole, mais aussi, que nous ne restions pas sourds à la petite voix intérieure de notre conscience, toujours présente pour peser la valeur de nos actes, de nos paroles et de nos pensées à l’aune de l’Amour et de la Vérité.

Enfin, lorsque notre heure sera venue, que nous sachions larguer les amarres et nous abandonner à Dieu pour l’ultime voyage sans amertume et sans regrets. Car tel est bien, mes frères, le but de notre vie terrestre : nous préparer à notre Éternité ! Jésus est né pour vaincre la mort, c’est aussi le message de Noël, et même le plus réjouissant : un jour, grâce à Dieu qui s’est fait Homme, nous ressusciterons nous aussi, nous le contemplerons tel qu’il est, nous vivrons dans la perfection de son amour, il sera tout en tous (cf. 1 Co 15, 28) et notre joie sera parfaite (cf. Jn 15, 11). Joyeux Noël, mes frères !

Amen.