Message du 8 janvier 1989

Bien chers frères,

Nous sommes très heureux de vous parler de nouveau. Réjouissez-vous ! Un Sauveur vous est né ! Alléluia !

Soyez, amis, comme les Mages en ce jour de l’Épiphanie. Lorsqu’ils ont vu l’étoile, ils ne se sont pas mis à sauter de joie, à danser et à l’adorer sans réflexion ni retenue. Ils ont fait preuve de sagesse : nourris de la Parole de Dieu, ils ont étudié, observé, et, dans la confiance, ils ont pris la route et l’ont suivie. Observation, réflexion et effort sont, en effet, trois critères nécessaires à toute démarche spirituelle authentique.

Les Mages n’ont rien exigé. Ils ont su saisir le signe donné par Dieu et suivre Son invitation. Ainsi avertis de la Naissance de l’Enfant, ils ont chargé leurs montures de présents et se sont mis en route, déjà fidèles et soumis à la Volonté de Celui qui allait devenir le Maître des Nations.

Quelle confiance ! Renonçant à toute autre activité, ils se sont lancés vers l’inconnu à la recherche de Dieu : enfin, ils allaient avoir l’insigne joie de découvrir cet Enfant tant annoncé à qui ils avaient déjà consacré leur vie tout entière.

Savez-vous également, chers frères, découvrir Dieu dans votre vie et suivre l’étoile qu’Il vous envoie – c’est-à-dire les signes dont Il vous gratifie pour que vous ne vous trompiez pas de chemin ? Savez-vous vous abandonner à cette étoile sans réticence, comme les Mages, et quitter vos mauvaises habitudes, vos réactions intempestives, vos égoïsmes, vos faiblesses, votre orgueil, pour ne plus vouloir que Dieu en tout et Dieu partout ? Savez-vous enfin lever les yeux vers le Ciel et chercher Là-Haut cette étoile au lieu de la chercher désespérément parmi les lumières du monde ?

Le tout n’est pas seulement de la découvrir, mais d’en faire bon usage. Ceux qui, la voyant, perdent leur temps à l’adorer, subjugués par son éclat, et à se réjouir, n’ont rien compris à ce qu’elle représente. Un signe n’est pas matière seulement à réjouissance. Dans l’Évangile, le Seigneur souhaite déjà que les signes qu’Il donne soient dévoilés aux prêtres. Le prêtre, en effet, doit savoir donner au signe sa juste valeur, avec respect et en dehors de toute exaltation. Il doit savoir conduire ses ouailles dans le sillage de sa lumière pour les faire progresser vers Dieu, car devant tout signe, le commun des mortels a tendance à s’arrêter à l’étape de la fascination et de la réjouissance. Eh bien, chers frères, là n’est pas la vraie voie ! Il faut aller vers Dieu, toujours vers Dieu, et ne pas confondre le signe avec la présence de Dieu ! Certains mouvements par trop exaltés sombrent souvent aujourd’hui dans cette erreur ; c’est pourquoi une direction spirituelle solide leur est indispensable.

Les Mages, chers frères, ont compris que l’étoile n’était qu’un signe pour les conduire beaucoup plus loin, vers l’Enfant de la Crèche qui, après leur périple, allait émerveiller leurs yeux d’une lumière beaucoup plus éclatante que celle de l’étoile : la Lumière de la Vérité. Vérité de la Pureté faite Homme, de l’Amour fait Homme en vue du Sacrifice rédempteur annoncé pour le salut de l’humanité.

Amis, frères bien-aimés, soyez, comme les Mages, emplis d’intelligence dans votre foi. Recherchez la Vérité, et rappelez-vous que ce n’est que par l’effort et avec la Grâce de Dieu que vous la découvrirez.

Lorsque vous aurez vraiment rencontré Dieu, vous ne pourrez que suivre l’exemple des Mages et Lui offrir tout ce que vous aurez pour Lui accumulé de richesses et de présents spirituels, mais aussi – et Il attend de vous cette démarche dans la Confession individuelle – vos faiblesses et vos imperfections afin que Son Amour les enveloppe de lumière, triomphe des Ténèbres, et les guérisse à jamais. Alors, vous ne pourrez que L’adorer.

Oui, frères, L’adorer. Les Mages ont-ils eu honte de tomber à genoux devant l’Enfant-Roi ? Cette position qui traduit l’humilité et le respect, nous ne pouvons que vous recommander de l’adopter le plus souvent possible pour la prière et surtout au moment privilégié de l’Eucharistie, où vous recevez le Seigneur tout entier en vous. Quelle incompréhension nous découvrons aujourd’hui dans le monde face au respect des choses sacrées ! L’homme ne sait malheureusement que bien peu et bien mal s’humilier. Ce n’est pas à lui de se placer à égalité avec Dieu dans un orgueil superbe ou une insouciance désolante. C’est à Dieu de lui dire : « Mon fils, relève-toi et viens te blottir tout contre Moi ».

Soyez donc extrêmement respectueux des choses sacrées et recherchez inlassablement la Vérité avec le cœur. Ainsi vous suivrez l’exemple des Mages et vous aurez un jour l’insigne privilège de contempler le Visage de notre Doux Sauveur. Que la Très Sainte Vierge, qui nous a donné Son Fils, vous conduise à Lui, et qu’avec saint Joseph, la Sainte Famille tout entière vous guide et vous protège.

+ Vos frères dans la Foi