Message du 4 décembre 1988

Bien chers frères,

Combien votre dénomination de pécheurs vous est agréable ! En effet, le Seigneur étant venu pour sauver tous les hommes pourvus de cet « apanage », pourquoi fourniriez-vous des efforts pour y renoncer ?

Quelle est donc cette foi déformée qui sans cesse défend la facilité, l’immoralité, la concupiscence, l’oisiveté, l’orgueil, et toutes les tendances mauvaises de l’homme, sous prétexte qu’il est pécheur et faible ? Plus votre santé vous semble florissante et votre vie dépourvue de soucis matériels et plus vous sombrez dans la satisfaction des plaisirs immédiats, reléguant Dieu à la dernière place. Alors, vous trouvez des excuses à toutes vos imperfections, et, pour rien au monde, vous ne renonceriez à votre petite vie égoïste et mesquine. Si encore vous abandonniez la foi, vous seriez logiques avec vous-mêmes. Cependant, non seulement vous prétendez continuer d’aimer le Seigneur, mais, qui plus est, vous avez tendance à croire qu’Il cautionne également tout ce qui dans votre vie devrait vous inspirer la plus grande honte ! Déculpabilisés par des médias pourris et des théories modernistes non moins corrompues, vous faites, par exemple, de Dieu le garant de vos impuretés, clamant que si le Créateur vous a donné un sexe, vous avez le droit d’en user comme bon vous semble. Vous faites de Lui le témoin de vos curiosités, prétendant que vous devez, pour votre information personnelle, aller voir certains spectacles infâmes. Vous faites de Lui le complice de votre égarement quand vous militez ouvertement pour l’absolution collective, pour le mariage des prêtres, pour des messes libres d’une liturgie trop ennuyeuse à votre goût, pour une religion horizontale qui ne cherche point à faire connaître aux hommes ce que Dieu attend d’eux et à tout mettre en œuvre pour Le satisfaire, mais à faire connaître à Dieu ce que l’homme attend de Lui et à abandonner l’Église s’il n’en est pas ainsi.

Pauvres frères ! Le Démon vous a rendus bien malades ! Quel point commun cette foi peut-elle bien avoir avec celle de vos pères ? avec celle des Pères de l’Église ? avec celle des saints, aussi différents qu’ils fussent les uns des autres ? Aucun ! Vous voulez un Dieu sur mesure qui soit soumis à vos volontés, à vos caprices, à vos désirs. Un Dieu qui non seulement tolère mais aussi cautionne votre péché ! Car pour vous, plus rien n’est péché ! Le simple fait que vous ne supportiez pas de prononcer ce mot devrait vous prouver que des esprits de révolte sont entrés en vous, des esprits d’orgueil qui mettent tout en œuvre pour vous empêcher de servir Dieu comme Il souhaite d’être servi. Quelle est cette génération perverse et contestataire qui entraîne l’Église à la catastrophe ?

Aujourd’hui, nous sommes, chers amis, plus que jamais cette voix qui « crie dans le désert » (cf. Jn 1, 23) et que bien peu souhaitent d’entendre. Nous sommes la voix de la Sagesse, la voix de l’Esprit Saint qui nous a envoyés. Nous sommes vos frères du Ciel, venus de la Lumière de Dieu. Et nous sommes tristes, si tristes, en voyant la déchéance de votre pauvre monde ! Si vous saviez combien le Seigneur souffre de voir Son Enseignement si mal compris, si mal vécu !

Occupez-vous des âmes ! Nous vous en supplions, frères qui possédez encore quelque lueur de vérité, occupez-vous des âmes ! Formez-les, éduquez-les ! Occupez-vous de tous ces enfants que la société moderne transforme en animaux dès leur plus jeune âge en les mettant, quitte à les traumatiser pour leur vie entière – mais de cela, elle s’en moque ! – face à des images, à des scènes, à des questions, qui auraient fait rougir des adultes d’il y a seulement cinquante ans ! Pauvre France qui souhaites toujours être à la pointe du progrès, la Révolution a peut-être comblé le ventre de tes citoyens mais elle a tué leur âme !

Vous qui avez tout pour être comblés et ne voulez que d’une foi qui cautionne vos vices, prenez donc exemple sur les personnes handicapées et voyez comme elles se comportent ! Vous êtes vous-mêmes handicapés par votre péché, mais réagissez-vous comme elles ? Elles sont des modèles de courage qui luttent sans relâche pour atténuer le plus possible la cause de leur gêne et démontrer qu’elles sont capables de faire aussi bien – sinon mieux – que les personnes bien constituées. Et elles saisissent toutes les occasions pour progresser, avancer, et vivre normalement en oubliant leur condition. Elles répugnent la plupart du temps à se plaindre, car ce serait là une façon de se rappeler leur faiblesse, et elles souhaitent se voir intégrées totalement à la société de leurs frères au même titre que les autres. Cependant qu’elles n’ont pas de mains, elles peignent des merveilles de précision avec leurs pieds ! Si elles n’ont pas non plus de pieds, elles utilisent leur bouche, et cela avec un éternel sourire et l’espoir que leurs œuvres sauront être appréciées et aimées car elles y ont mis tout leur cœur et tout leur amour !

Et vous, frères, que faites-vous pour lutter contre cette infirmité qu’est votre péché ? Quel courage montrez-vous dans la lutte contre le Mal ? Que faites-vous pour rejoindre le Seigneur et Lui être agréables ? En vérité, vous ne savez Lui offrir que ce qui vous plaît à vous-mêmes !

Commencez donc par orner votre vie des fleurs qui Lui sont les plus chères : l’amour, la pureté, le respect, la prière et l’oraison, le repentir, la pénitence, la Communion.

Avant d’aller évangéliser les autres à coups d’arguments sociologiques, psychologiques, médicaux qui n’ont que peu de rapport avec la foi et l’éducation des âmes, placez-vous face à la Croix des Souffrances. Tant que vous serez révoltés et refuserez la dimension de sacrifice de la religion chrétienne, tant que vous n’accepterez pas de témoigner à Dieu un respect incommensurable et de vous efforcer d’obéir sans sourciller à Ses Commandements, vous ne serez pas prêts et la parole que vous pourrez porter ne sera qu’horizontale. Mais si, au contraire, vous souhaitez vraiment découvrir Dieu, levez donc les yeux vers le Ciel !

Oubliez votre péché comme les personnes handicapées oublient leur condition. Mettez tout en œuvre pour le cacher, le cadenasser, l’éliminer ! Faites des efforts ! Évitez les tentations et faites diversion lorsque les esprits mauvais vous harcèlent. Si vous n’y parvenez d’une façon, trouvez-en une nouvelle, mais luttez, luttez sans vous décourager. Cependant, vous n’avez pas la volonté tenace des personnes handicapées. La sainteté, en vérité, vous effraie et vous n’en voulez pas : vous voulez à la fois profiter de la vie en jouissant insatiablement de vos sens et aspirer à la Vie Éternelle. Les phrases de l’Évangile ne manquent pourtant pas de clarté :

« Beaucoup sont appelés, mais peu sont élus. » (Mt 22, 14).
« Oui, iI est plus facile à un chameau de passer par un trou d’aiguille qu’à un riche d’entrer dans le Royaume de Dieu ! » (Lc 18, 25).

Les solutions que vous proposez, chrétiens « modernistes », ne combleraient-elles pas tous les chrétiens contestataires si elles étaient acceptées par le Saint-Père ? Et cela ne serait-il pas l’expression de la facilité ? Or, il n’est pas si facile, dit le Seigneur Lui-même, de parvenir au Royaume des Cieux : donc vos solutions ne sont pas compatibles avec la Vérité ! Méditez ces paroles, voulez-vous ?…

L’effort et la volonté, assistés de la Grâce Divine puisée dans la prière et l’oraison, nourritures de l’âme, sont les faveurs que vous devez tous demander au Seigneur et à Sa Très Sainte Mère pour parvenir au but. Si vous restez respectueux du Père du Ciel et considérez Son Fils avant tout comme l’Exemple des exemples et le Sauveur des hommes, si en tout vous recherchez toujours la perfection et la pureté, alors, votre charité sera vraie et vous comblerez de joie Notre Seigneur et vos amis du Ciel.

Que le Seigneur vous permette d’accomplir un tel programme et qu’Il vous bénisse.

+ Vos frères dans la Foi