Message du 16 septembre 1990

Bien chers frères,

Le Seigneur voudrait vous voir lumineux et sans tache, aimants envers vos frères et respectueux envers Lui. Cependant, si vous recherchez souvent la perfection dans les choses matérielles à travers votre apparence, vos vêtements, votre confort, vos intérêts financiers, et mettez tout en œuvre pour parvenir à vos fins, combien vous portez peu d’intérêt à la perfection toute spirituelle que Dieu attend de vous : celle de votre âme assoiffée de vérité, d’amendement et d’amour.

« Ôte d’abord la poutre de ton œil, et alors tu verras clair pour ôter la paille de l’œil de ton frère » (Mt 7, 5), vous dit le Seigneur ; alors seulement deviendrez-vous crédibles. Comment, en effet, le voleur, le menteur, l’adultère pourraient-ils se permettre d’inciter leurs semblables à changer de vie s’ils ne commencent par se convertir eux-mêmes ?

Frères, la famille forme nécessairement pour le chrétien le premier cadre au sein duquel ce dernier doit mettre en pratique l’esprit évangélique et s’appliquer à faire régner l’harmonie dans le Christ Jésus. Elle est un excellent entraînement à la perfection dans la mesure où, formant un véritable microcosme de la société, elle est aussi le berceau de toutes sortes de difficultés et de contraintes.

C’est en permanence, amis, que vous devez vous tourner vers les autres, les comprendre, les aider, et ramener à Dieu ceux qui s’éloignent de Lui par leur orgueil, leur égoïsme, leur amour de l’argent et des biens matériels, leur sectarisme, leur esprit de contestation ou de corruption. Tous ces travers, chers frères, sont le reflet d’un « moi » gonflé d’orgueil, d’un amour-propre incommensurable qui peut aller jusqu’à la violence s’il se sent attaqué ou blessé. Alors, montrez beaucoup de douceur et de persévérance. Vous connaissez sans doute de ces gens qui désertent les églises et pensent pouvoir s’assumer sans Dieu, vivant de façon permanente dans le péché sans même s’en rendre compte : ne les laissez pas s’engluer dans la matière et perdre stupidement leur âme ! Car, nous vous l’avons dit de nombreuses fois, une âme alourdie par le péché, les passions et les possessions matérielles ne peut s’élever vers Dieu : elle subit la loi de la pesanteur spirituelle, qui est à l’image de la pesanteur matérielle.

« Si ton frère a commis un péché, vous dit encore le Seigneur, va lui parler seul à seul et montre-lui sa faute » (Mt 18, 15). Si vous estimez que cette faute peut couper votre frère de la Grâce divine, tentez, avec beaucoup d’amour et de psychologie, de lui faire entendre raison. « J’hésite beaucoup car il va me rabrouer ! » direz-vous. Ah ! frères, si cette même personne s’engageait à son insu dans des sables mouvants dont vous connaîtriez l’existence, ne mettriez-vous point tout en œuvre pour l’avertir le plus tôt possible du danger encouru avant qu’elle ne s’enlise et ne perde la vie ? Et, bien sûr, elle s’empresserait de vous écouter et vous remercierait chaleureusement. Pourtant, sa seule vie terrestre serait en jeu. Lorsqu’il s’agit de la vie spirituelle, qui devrait vous être ô combien plus précieuse, pourquoi vous montrez-vous donc si hésitants ? si réservés ? Ne soyez pas des lâches ! Vous qui connaissez le danger encouru aujourd’hui par les âmes, pourquoi vous taisez-vous ? Pourquoi avez-vous peur de mettre votre frère en garde ? Vous craignez de passer pour des fous, n’est-ce pas ? pour des illuminés ? Vous craignez de vous faire mal juger par votre entourage ?

Si vous voulez vous comporter en hommes responsables, vous devez prévenir votre frère du danger où qu’il se trouve, que ce soit dans la vie matérielle ou dans la vie spirituelle. Ainsi vous incitons-nous à agir en demandant le secours de l’Esprit Saint. Si vous montrez à votre frère pécheur que votre intervention n’est point dictée par des intérêts personnels mais par l’amour que vous lui portez, et que vous souhaitez lui communiquer, poussés par votre foi, l’Enseignement de Notre Seigneur, si votre frère est humble et prend conscience du fait que son âme est en danger et qu’elle s’égare dans les sables mouvants du péché, alors, il vous écoutera et se réformera. Redoublez de prières à son intention et attendez de voir agir le pouvoir de la Grâce.

« S’il n’écoute pas, poursuit le Seigneur, prends encore avec toi une ou deux personnes… » (Mt 18, 16). Si une seconde intervention s’avère nécessaire, cela prouve combien le frère pécheur est encore investi par l’esprit mauvais, qui refuse de le quitter. Le but est alors de lui montrer que votre sentiment sur son péché est partagé par d’autres et que la communauté tout entière souffre de son imperfection. S’il accepte de renoncer à son péché, il se libérera du mal par un acte de volonté qui le conduira à la Confession et à la pénitence, et il libérera en même temps toute la communauté de cette écharde qui la blesse, car toute âme qui pèche porte atteinte à l’humanité entière, comme toute âme qui s’élève élève le monde.

Frères, vous qui trouvez insoutenables les images de tortures humaines et de guerre que vous voyez si souvent sur votre petit écran, vous qui souffrez de voir des visages défigurés par la faim ou par la maladie, si vous pouviez voir les âmes des hommes calcinées par le péché, combien plus terribles seraient vos souffrances ! Telle est, en fait, la vision douloureuse du Purgatoire : celles d’âmes à nu, « (livrées) aux tortionnaires » (Mt 18, 34), défigurées par la souffrance de leurs fautes, mais pourtant fortes de l’espoir d’une guérison certaine. L’Enfer, quant à lui, est bien plus redoutable encore puisque les âmes n’y ont pas même cet espoir. Les massacres et les tortures de vos guerres ne sont rien en comparaison de ce que peut souffrir l’âme du pécheur récalcitrant au lendemain de sa vie terrestre…

Comprenez donc, amis, quel est votre devoir et quel est votre but ! Le Démon agit à travers ce siècle pour gonfler les hommes d’orgueil et d’égoïsme, pour les persuader qu’ils possèdent tous des droits – surtout des droits au péché – et pour banaliser le péché afin que chacun s’y vautre sans culpabilité aucune. L’Église est toujours présente pour vous dire : « Attention ! Prenez garde ! Convertissez-vous ! » mais le troupeau s’égare et se perd… Certains pasteurs, victimes de la confusion générale, s’égarent même à leur tour, entraînant à leur suite encore bien des brebis. C’est pourquoi nous sommes mandatés par l’Esprit Saint pour vous rappeler les paroles de Notre-Seigneur Jésus-Christ et pour vous dire : tentez l’impossible pour ramener vos frères pécheurs à la Bergerie !

Parlez au nom de l’Église et expliquez que tout péché de l’un de ses enfants est une écharde qui blesse la communauté entière et doit être retirée au plus tôt. Soyez bons, soyez doux, et surtout soyez humbles, car c’est l’humilité qui vous donnera de comprendre les misères humaines et cet Enseignement de Jésus si merveilleux que seuls les petits peuvent comprendre dans sa véritable dimension. Mettez tout en œuvre, frères, pour sauver les âmes du péché et de l’emprise du Démon : tel est votre devoir de chrétiens ! Les beaux discours, les grands sermons philosophiques, les tables rondes sur les grands problèmes du monde, les sondages, tout cela ne vaudra jamais la réforme intérieure de chacun et l’apostolat de conversion, l’attention et l’écoute portée aux autres pour les aider à sortir du péché et à sauver leur âme ! Parlez de l’âme, chers frères, parlez de l’âme ! Le monde ne parle jamais que du corps… Parlez à temps et à contretemps et prêchez la réconciliation : réconciliation entre frères et pardon mutuel, et réconciliation avec Dieu à travers la Confession sincère et la volonté ferme de ne plus sombrer de nouveau dans les mêmes travers.

Dans l’Évangile du Serviteur Impitoyable, (Mt 18, 23-35), le Seigneur vous enseigne à être compréhensifs et compatissants. Mais voyez aussi dans cet épisode l’explicitation du Pater. Dieu est bon et miséricordieux, Il écoute toujours Ses enfants qui humblement L’implorent et Il leur remet leurs dettes. Cependant, Dieu est juste, et, si Ses enfants ne montrent pas à l’égard de leurs frères la même magnanimité, Il laissera leur âme en proie aux tortures du repentir jusqu’à ce qu’elle ait payé sa dette ! « Remettez-nous nos dettes comme nous-mêmes avons remis à nos débiteurs » (Mt VI, 12) : telle est la Loi de Dieu, une Loi de Justice et d’Amour. Une fois encore, nous attirons votre attention sur le fait que Dieu se montre clément envers les pécheurs repentants, mais qu’envers les autres, il agit en Maître de Justice : « C’est ainsi que Mon Père du Ciel vous traitera, dit Jésus, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère de tout son cœur. » (Mt 18, 35). Soyez donc des cœurs, des cœurs vivants, battant à l’unisson du Cœur d’Amour et de Miséricorde. Alors, vous ne relèverez plus que de l’Amour de Dieu et non de Sa seule Justice, et vous aurez triomphé du talion par le Christ Jésus, votre Sauveur. Amen !

+ Vos frères dans la Foi