Message du 18 décembre 2018

Mon fils,

C’est la quantité et la qualité de l’amour présent dans le cœur de chacun de mes enfants que le Père et moi jaugeons, au-delà de tous les principes et toutes les convenances établis par vos sociétés hypocrites. Car ces principes et ces convenances ne sont que feux de paille à la lumière de la Vérité, et que de simples apparences : il faut se montrer comme ceci ou comme cela pour être accepté par la « bonne société », avoir tel ou tel profil, se vêtir de telle ou telle façon, s’exprimer de telle ou telle manière, avoir une bonne éducation, avoir fait telles ou telles études, avoir un patrimoine, épouser quelqu’un de son rang…

Mon fils, lorsque je vois toutes ces brebis qui se flattent d’être des justes et prétendent m’aimer tout en ayant une propension à juger les autres, cela me peine profondément. Rappelle-toi le Pharisien et le Publicain (Lc 18, 9-14), et sache que derrière les apparences et le respect de l’étiquette se cachent bien souvent un orgueil démesuré et un jugement impitoyable à l’égard de ceux qui n’entrent pas « dans le moule » et que l’on va exclure sans merci, comme la Pécheresse qui, si je n’étais intervenu, n’eût pu échapper à une cruelle lapidation (cf. Jn 8, 1-11).

Pour qui vous prenez-vous, mes fils et mes filles qui vous dites de haute lignée et bien pensants, pour juger ainsi vos frères et pour les rejeter sous prétexte qu’ils n’entrent pas dans vos critères sociétaux ? Mes enfants, je vous le dis : à la lumière tranchante de la Vérité, vous-mêmes serez jugés du jugement dont vous aurez jugé les autres, et serez mesurés de la mesure avec laquelle vous les aurez mesurés (cf. Mt 7, 2), et si vous ne vous convertissez pas vous-mêmes, sachez que vous risquez d’avoir bien des surprises.

Si vous pouviez lire dans le cœur de ceux que vous condamnez si impitoyablement, vous seriez étonnés d’y découvrir un amour peut-être beaucoup plus fort et plus authentique que le vôtre. C’est pourquoi je vous encourage à l’introspection. Si c’est à la lumière de mon Évangile que vous jugez ainsi vos frères, je vous demande de reconsidérer vos positions. Mais n’est-ce pas plutôt à cause de quelque écharde qui vous dérange, au tréfonds de vous-même, et qui vous met mal à l’aise ? A cause de quelque problème que vous n’avez pas eu la hardiesse de résoudre, ou qui vous effraie et qui revient, de temps à autre, tarauder votre esprit ou vos sens ? Dans ce cas, mes enfants, ne projetez pas vos propres doutes ou vos propres craintes sur vos frères, mais accueillez ces derniers et faites-leur confiance.

Muselez aussi votre langue, mes fils et mes filles, afin qu’elle évite de juger, de calomnier, de diffamer. Car, bien souvent, vous n’avez aucune preuve de ce que vous avancez, et pourtant, le Diable vous en donne comme l’intime conviction. Et je dois vous dire, mes enfants, que même si vous aviez la preuve de quoi que ce soit de répréhensible concernant l’un de vos frères, cela ne justifierait en rien les débordements de votre langue au sujet de cette personne.

J’ai été moi-même jugé par Simon, le Pharisien, qui m’avait invité à sa table, lorsque j’ai laissé une femme m’arroser les pieds de ses larmes et les couvrir de baisers (cf. Lc 7, 16-50). « Si cet homme était prophète, s’est dit Simon, il saurait qui est cette femme qui le touche, et ce qu’elle est : une pécheresse ! » Et ce Pharisien eût volontiers condamné sa conduite pour lui rendre service. Mais moi, qui suis votre Dieu, j’ai expliqué à Simon, par une parabole, comment l’on faisait grâce. Et j’ai ajouté, en m’adressant à cette femme, que ses nombreux péchés lui étaient remis parce qu’elle avait montré beaucoup d’amour.

À votre tour, mes enfants, apprenez à faire grâce et à montrer beaucoup d’amour envers vos frères en les accueillant sans les juger et avec beaucoup de charité. Donnez-vous le temps de découvrir leurs qualités et d’apprendre à les connaître, et vous découvrirez alors combien vous vous étiez fourvoyés.

Un pécheur repentant n’est plus le même homme, plus la même femme, et c’est par votre accueil et votre charité que vous-mêmes vous convertirez et vous sanctifierez, et que vous parviendrez, avec l’assistance de ma grâce, à convertir vos frères. Car la liberté des enfants de Dieu ne peut s’exercer que dans l’amour, dans la charité, et en dehors de tout jugement de personnes.

Combien de vies d’enfants sont volées par leurs parents parce qu’ils veulent faire de leur progéniture des copies conformes de leur propre personne sur le plan social ou professionnel ! Pour qu’il soit heureux dans sa vie, sachez, parents, que votre enfant doit faire le métier qui lui plaît, sous mon regard et celui de mon Père, même s’il se situe à mille lieues du métier que vous eussiez souhaité pour lui.

Et combien de mariages sont, dès le principe, invalides parce qu’ils ont été décidés et arrangés par les parents ou les familles pour des raisons de rang ou de fortune, ou fondés sur le mensonge et la dissimulation ! Telle n’est pas la liberté des enfants de Dieu. Et lorsque l’un des conjoints contraint de se marier pour respecter le code familial rencontre un jour le grand amour après plusieurs années de vie commune et quitte le domicile conjugal, cela peut provoquer bien des déchirements, bien des déboires et bien des commérages. Mieux vaut donc, mes enfants, prévenir que guérir.

Parents, n’élevez pas vos enfants pour vous-mêmes ou pour faire d’eux des clones et les manipuler comme des marionnettes, mais, au contraire, élevez-les pour les faire grandir et les rendre autonomes et responsables sous mon regard et celui de mon Père. Et n’exigez rien d’eux une fois qu’ils vous auront quittés pour vivre leur vie de couple ou de célibataire, ou pour s’engager dans la vie religieuse ou ecclésiastique. Si vous leur avez donné suffisamment d’amour, ils sauront vous en donner en retour, même sur vos vieux jours. Ne vous montrez jamais tyranniques et évitez coûte que coûte de leur faire subir l’esclavage continu du chantage affectif car vous risqueriez alors de leur pourrir la vie, de détruire leur couple ou de les perdre à jamais.

Je te bénis, mon fils, ainsi que ton frère spirituel, ton évêque, ton directeur spirituel, vos familles, vos amis, et les pasteurs et prêtres qui soutiennent cette œuvre.

Jésus