Un souffle qui passe...

Message d’Introduction (Tome 2)

 

          Qu’il ne faut pas mourir en état de péché…

 

Un pêcheur pêchait au bord d’un lac où la pêche était interdite. Chaque poisson qu’il prenait venait accentuer le poids de son délit. C’était la première fois qu’il commettait une telle infraction, mais, ne parvenant pas à prendre de poisson dans les lieux qu’il fréquentait habituellement, il avait préféré cette petite incartade à l’humiliation de rentrer bredouille.

Aux prises avec un énorme brochet, l’homme, qui s’agitait, glissa et tomba la tête la première dans les eaux profondes, qui l’engloutirent d’un seul coup. Elles étaient tellement froides que notre pêcheur passa dans l’Autre Monde sans même avoir le temps de crier au secours.

« Quelle punition terrible ! se dit-il lorsqu’il eut pris conscience de l’endroit dans lequel il se trouvait. Moi qui n’ai jamais fait de mal à personne, voilà que parce que je prends quelques poissons dans un lac qui devrait appartenir à tous, je glisse et perds la vie ! Je laisse une femme et des enfants malheureux, et tant de travail inachevé… Ce n’est pas juste ! »

Alors, une Voix venue d’En-haut se fit entendre :

« Qui dis-tu qui t’a puni, Martin ? C’est vrai que tu as toute ta vie été un homme bon et que tu as trouvé grâce à Mes yeux, mais il suffit d’un instant, comme tu le vois, pour perdre tout ce que tu as acquis auparavant. L’homme devrait comprendre que chaque fois qu’il pèche, c’est sa vie tout entière qu’il met en jeu. Tu n’as pas été puni, Martin : c’est toi qui as glissé, c’est toi qui t’es avancé dans cette boue et qui es tombé ; personne ne t’a poussé. Ah ! hommes de la terre, vous ne voulez pas éviter le péché, et lorsque vous vous trouvez pris au piège de vos propres erreurs, vous accusez le Ciel de vous avoir punis sévèrement. Soyez logiques avec vous-mêmes ! Dans le domaine spirituel, chaque infraction aux Commandements vous expose aux pouvoirs du Mal et peut vous faire perdre la vie du Ciel. Mieux vaut donc rester sages !

– Que puis-je faire, demanda alors Martin, pour regagner tout ce que j’ai perdu ?

– Regretter, Martin, regretter ce que tu as fait. En fait, pendant que tu glissais, tu as pris conscience de ce qui t’arrivait et tu as pensé : ‘Je n’aurais pas dû…’ Sois humble, Martin, et ne cherche pas d’excuses à ton péché. Sur terre, J’aime voir les hommes honnêtes envers Moi et honnêtes envers eux-mêmes. J’aime les voir se repentir et demander pardon aussi souvent qu’ils pèchent et qu’ils perdent la vie du Ciel. As-tu compris, Martin, comment un homme pouvait perdre stupidement un bien si précieux ? II suffit de quelques secondes d’inattention, de quelques minutes de désobéissance pour voir disparaître le bénéfice d’années et d’années de bonheur. Nul ne doit crier : ‘Ce n’est pas juste !’ La plus pure des jeunes filles se livrerait-elle quelques instants à la débauche qu’elle y perdrait sa vertu et ne pourrait la retrouver. Pourquoi acceptes-tu cela pour la chair mais ne l’acceptes-tu pas pour l’esprit ?

– C’est vrai que je regrette ! murmura Martin, tout honteux.

– Viens avec Moi, dit alors la Voix.

– J’aimerais tant dire à ma femme et à mes enfants de ne pas suivre mon exemple ! supplia Martin.

– N’aie aucune inquiétude, dit la Voix, ce sera fait… »

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