Un souffle qui passe...

Message du 15 août 1987

(Au messager et à ses amis)

Mes chers enfants,

Je suis heureux de pouvoir vous dire de nouveau que le Bon Dieu m’envoie auprès de vous pour vous guider dans votre vie spirituelle. Plusieurs mois se sont écoulés, que vous avez vécus dans la foi pure et votre vie spirituelle n’en a point été affectée. C’est très bien, mes enfants, et Dieu ouvre de nouveau les oreilles de Son messager à l’écoute de Ses anges et de Ses saints.

Chers enfants, soyez des brebis accueillantes de la Parole de Dieu, infiniment désireuses de l’approfondir en esprit, mais aussi dans votre vie quotidienne où sans cesse votre désir de perfection se heurte à votre égoïsme. En cette Fête mariale, la plus grande de toutes, contemplez notre Mère rayonnante de joie, resplendissante de bonté, éblouissante de générosité, notre Mère qui s’est donnée toute au Bon Dieu pour Lui offrir un Fils, et qui a été tout entière enlevée dans l’Amour en ce si beau jour qu’est Son Assomption.

Aujourd’hui, mes enfants, Notre Seigneur vous invite à vous tourner vers la Sainte Vierge, notre Mère. Lorsque, désabusés dans votre foi, meurtris par vos échecs, vous regardez Notre Seigneur en vous disant : « Son exemple est trop dur, Sa perfection trop difficile à atteindre pour nous autres humains », laissez donc votre regard se porter vers Sa douce Maman. Ah ! mes enfants, combien vous découvrirez en Elle de merveilles ! Comment, étant tout imprégnée de Dieu, ne serait-Elle pas montée vers Lui au moment où Ses paupières allaient se fermer à la vie de la terre ? Comment Lui, qui L’avait choisie pour être la Mère Unique de Son Fils Unique, aurait-Il pu L’abandonner aux affres de la mort ? Croyez, mes enfants, que la Vierge Marie a bien été enlevée au Ciel corps et âme par les anges. Et alors, quelle joie en ce jour qu’aujourd’hui nous fêtons dans les Cieux et sur la terre !

Trouvez-vous Notre Seigneur trop inaccessible ? Regardez notre bonne Mère : Elle ne fit pas comme Lui l’étonnement des foules, Elle ne fit pas de miracles spectaculaires, Elle ne prêcha pas publiquement la Bonne Parole, Elle ne subit pas visiblement les tortures de la Passion. Elle resta toute Sa vie terrestre une femme pure, aimante, priante et sainte ; une femme simple et accueillante chez qui le cœur ne refusa jamais ce qui pouvait plaire au Bon Dieu ; une femme qui, tout en restant discrète, sut aller vers les autres, vers les pauvres, les faibles, les opprimés, et leur apporter, par Sa présence et Son rayonnement, un peu de l’Amour de Son Fils. C’est par une union parfaite avec Dieu qui jamais ne se regarde et jamais ne s’estime, que la Sainte Vierge n’accomplit toujours que la Parole. Son rôle ne fut ni celui du prédicateur, ni celui du prophète. Ce fut celui du serviteur, comme Son Fils, mais pas de la même manière.

Que l’homme qui ne comprend pas la vie du Fils examine la vie de la Mère. Elle est à Ses côtés, toujours présente dans un immuable silence, le silence de la Présence de Dieu. Elle est là, qui Le porte dans Son Cœur Immaculé, comme Elle L’a porté dans Son Sein Immaculé. Rien n’est accompli sans cet Amour Incommensurable de Dieu qui L’emplit, sans cette confiance infinie qui La conduit jusqu’au pied de la Croix. Il est vrai qu’Elle pleure et gémit dans l’épreuve, comme tous les parents meurtris par la perte d’un enfant, mais, bien vite, Elle se redresse et retrouve la paix, car Elle sait que telle était la Volonté du Maître, l’accomplissement de la Parole de Dieu !

Et le Fils, en ce jour, vous demande de contempler Sa Mère dans la lumière de Sa Gloire. Là, plus de mort, plus de ténèbres, plus de chagrin, plus de souffrance. Il se délecte de votre amour pour Elle, Il se plaît à vous voir La prier, La vénérer ; et chaque regard que vous portez vers Sa douce Maman pour qu’Elle vous conduise à Lui, n’est autre qu’un regard porté vers le Fils en personne.

Ah ! mes enfants, mes chers enfants, Elle est tellement belle ! Aucun mot humain ne saurait décrire Son visage illuminé de la lumière même du Ciel. Aucune parole ne saurait décrire la couleur de Son manteau fait du rayonnement même du soleil et des étoiles. Et alors que, dans le Ciel, en ce jour merveilleux, les anges et tous les saints Lui disent leur amour et leur fidélité éternels, nombreux sont, sur la terre, les hommes qui négligent cette Fête et n’ont pas même une seule pensée pour leur Mère du Ciel ! Quelle tristesse et quelle souffrance restent les nôtres, celles de Notre Seigneur et celles de notre Mère ! Des sentiments qui, pourtant, ne viennent aucunement ternir notre céleste état de paix, mais qui sont comparables à une attente empressée : celle de la conversion du monde, celle de la conversion de chaque cœur, de la purification de chaque âme.

Ah ! mes enfants, combien le monde a besoin de se tourner vers Dieu ! Le Diable n’a pas encore dit son dernier mot : il est là qui épie chacun de vos actes, chacune de vos paroles, chacune de vos pensées, et il se délecte à détruire votre vie spirituelle, votre foi, votre fidélité, votre amour. Ouvrez votre cœur au Bon Dieu et à Son Fils. Que les Écritures vous guident : lisez-les ! relisez-les donc ! Comment pourriez-vous être des fils sans connaître votre Modèle ?

Je vous aime et vous protège : ne vous détournez pas du Bon Dieu ! Tant de fois vous en avez l’occasion ! Allez à l’essentiel : aimez les autres, soyez dévoués et accueillants, soyez tolérants dans la sagesse, soyez forts dans la foi et inébranlables dans la confiance ; gardez les yeux fixés sur Notre Seigneur, Dieu de Miséricorde, et sur la Sainte Vierge Marie, Sa bonne Maman.

Si vous pouviez La voir pendant la Sainte Messe, présente encore auprès de Son Fils comme Elle le fut au pied de la Croix ! Si vous pouviez La contempler auprès de Dieu, si humble sur Son trône de Gloire, ah ! mes chers enfants, combien vous L’aimeriez mieux encore ! Accueillez Jésus dans votre cœur, et si vous ne parvenez à L’y inviter, sollicitez l’intervention de Sa douce Maman. Sa présence invisible à vos yeux n’est point fictive ! Son amour n’est point imaginaire ! Priez-La donc et vous verrez ! Ne vous laissez pas instruire par le monde si vous voulez rencontrer Dieu ! Suivez Notre Seigneur et suivez la Sainte Vierge. L’exemple est le meilleur des maîtres. La complexité détourne les âmes simples de Dieu, elle les pervertit et les attache au monde. Si vous voulez rencontrer Dieu, restez simples et purs comme des enfants et aimez sans mesquinerie, sans jalousie, sans égoïsme. Tel est le chemin.

La Sainte Vierge vous remercie, mes chers enfants, pour vos prières. Elle est sensible à votre spontanéité et à votre amour. Elle me prie de vous dire qu’Elle vous aime comme vous L’aimez et qu’Elle continuera de guider vos pas sur ceux de Son Divin Fils. Mes enfants chéris, je vous ai déjà dit tout cela, mais combien il m’est nécessaire de vous le rappeler encore, afin que votre foi ne dépérisse pas et reste toujours solide. Allez dans la paix et continuez de prier fidèlement : une aube nouvelle s’ouvre devant vous. Gardez confiance et courage. Des malheureux viendront frapper à votre porte pour chercher de l’espérance et du réconfort : distribuez-en abondamment pour la Gloire de Dieu.

Que Notre Seigneur vous bénisse, au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit.

+ Jean-Marie Vianney, prêtre