Message du 11 mai 2022





Bien chers frères,

Nous aimerions vous aider, par ce message, à acquérir une plus grande confiance en Dieu le Père, Première Personne de la Trinité Sainte, et à lui rester fidèles à l’exemple de son Fils, notre Seigneur Jésus-Christ, par une authentique vie de sainteté.

Dès son enfance, en effet, Jésus s’occupait des choses de son Père (cf. Lc 2, 49), comme en témoigne l’épisode du Temple de Jérusalem, où, dès l’âge de douze ans, assis au milieu des docteurs de la loi, il parlait avec intelligence et sagesse à la grande stupéfaction de tous (cf. Lc 2, 47).

Abreuvez-vous des Écritures Saintes, amis, – et particulièrement des livres poétiques et sapientiaux (1) – comme le faisait Jésus, car ces lectures sont celles-là même qu’il savourait ! Lisez aussi le Nouveau Testament et, en complément, si votre sensibilité spirituelle vous y invite, l’œuvre de Maria Valtorta (2), qui, si fidèlement, a retranscrit les visions et les enseignements qu’elle a reçus, pendant une partie de sa vie, de Notre-Seigneur lui-même. Découvrez-y cette intimité qu’avait Jésus avec le Père du Ciel, Dieu et Créateur de toute chose, et vous-mêmes, imitez-le ! Faites de vos corps des temples de l’Esprit Saint (cf. 1 Co 6, 19), nourrissez-vous de la sainte Eucharistie et laissez vos cœurs brûler de charité afin que le Père puisse se réjouir de vous avoir pour fils. Et dites au Père tout au long de votre vie terrestre, à l’instar de Jésus avant son sacrifice sur la Croix : « Père […], que ce ne soit pas ma volonté qui se fasse, mais la tienne » (Lc 22, 42).

Parce que cet acte d’abandon a conduit notre Seigneur Jésus-Christ jusqu’à la Croix en passant par les terribles souffrances de sa Passion, nombre d’entre vous rechignent à demander au Père du Ciel que ce soit sa propre volonté qui soit faite et non la leur. Rassurez-vous, chers frères, car vous n’êtes pas Jésus, et votre vie terrestre n’a pas pour but, comme la sienne, de se terminer sur une croix, ainsi que l’annonçaient les Écritures (cf. 1 Co 15, 3). Ce sacrifice consenti par le Fils, entre les mains duquel le Père a remis le salut de l’humanité (cf. Jn 4, 35) et du cosmos tout entier, n’a rien de commun avec l’acte d’abandon que vous pouvez décider de poser quotidiennement vis-à-vis du Père céleste : « Que votre volonté soit faite sur la Terre comme au Ciel. » (Mt 6, 10)

C’est pourquoi vous pouvez dire, sans réticence aucune, cette prière d’abandon de notre bienheureux frère Charles de Foucauld (3), qui, très bientôt, sera déclaré saint par l’Église de la Terre pour la plus grande joie de ses fidèles et de toute la cour céleste :

« Mon Père, je me remets entre vos mains.
Mon Père, je me confie à vous.
Mon Père, je m’abandonne à vous.
Mon Père, faites de moi ce qu’il vous plaira.
Quoi que vous fassiez de moi, je vous remercie. Merci de tout.
Je suis prêt à tout, j’accepte tout, je vous remercie de tout,
pourvu que votre volonté se fasse en moi, mon Dieu ;
pourvu que votre volonté se fasse en toutes vos créatures,
en tous vos enfants, en tous ceux que votre cœur aime.
Je ne désire rien d’autre, mon Dieu… »

Malgré nos explications, certains diront encore que cette prière risque de les exposer à un destin funeste puisque son auteur est mort assassiné. Cette croyance superstitieuse et ridicule n’est pas digne des chrétiens que vous êtes ! Car si notre frère Charles a quitté cette Terre en martyr de la foi dans le Christ Jésus, c’est là le suprême témoignage rendu à la vérité de la doctrine chrétienne (3), celui qui ouvre tout grand les portes des Demeures Célestes. Alors, frères, quoi de plus honorable et de plus glorieux qu’une telle mort ? Ne laissez donc pas votre faiblesse humaine l’emporter sur votre désir d’accéder sans détours aux Demeures Célestes et freiner ou même saper votre désir de sainteté. Mettez votre confiance dans le Seigneur et sachez que l’heure et le lieu de votre rencontre avec l’Éternel sont inscrits dans son cœur de toute éternité pour être les meilleurs qui soient car il vous aime d’un amour infini.

Laissez-vous donc convaincre par les paroles du psalmiste que le Père du Ciel s’intéresse à chacun d’entre vous et ne peut en aucun cas vous vouloir du mal :

« Tu me scrutes, Seigneur, et tu sais !
Tu sais quand je m’assois, quand je me lève ;
de très loin tu pénètres mes pensées.
Que je marche ou me repose, tu le vois,
tous mes chemins te sont familiers.
Avant qu’un mot ne parvienne à mes lèvres,
déjà, Seigneur, tu le sais […].

J’étais encore inachevé, tu me voyais ;
sur ton livre, tous mes jours étaient inscrits,
recensés avant qu’un seul ne soit ! »
(Ps 139 [Vulg. 138], 1-4. 16)

Laissez-vous convaincre qu’il accorde ses grâces même aux pécheurs – ceux qui, malgré leur faiblesse, s’efforcent de lui rester fidèles :

« Le Seigneur est tendresse et pitié,
lent à la colère et plein d’amour […] ;
il n’agit pas envers nous selon nos fautes,
ne nous rend pas selon nos offenses […]

Mais l’amour du Seigneur, sur ceux qui le craignent,
est de toujours à toujours,
et sa justice pour les enfants de leurs enfants,
pour ceux qui gardent son alliance
et se souviennent d’accomplir ses volontés. »
(Ps 103 [Vulg. 102], 8-10. 17-18)

Mais le Seigneur vomit la corruption ; il n’aime pas l’esprit de rébellion et de division, celui-là même qui a poussé Lucifer, l’Ange de Lumière, à se retourner contre lui. C’est pourquoi, si vous engendrez le malheur au mépris de ses lois (cf. Ps 94 [Vulg. 93], 20), il laissera vos méfaits se retourner contre vous (cf. Ps 94 [Vulg. 93], 23) et vous subirez les conséquences de votre perversité. En revanche, si, au contraire, vous craignez le Seigneur – c’est-à-dire si vous le respectez, l’adorez et suivez ses Commandements comme il se doit -, il vous enverra, par le truchement de son Église, l’Esprit aux sept dons pour répandre l’amour dans vos cœurs (cf. Rm 5, 5) et être  votre guide et votre consolateur (cf. Jn 14, 16).

Remettez, frères, le soin de votre personne entre les mains du Père de toute miséricorde car l’ultime but de tout chrétien est de le rejoindre, quoi qu’il en coûte, dans les Demeures Célestes de l’Éternelle Vie :

« Scrute-moi, mon Dieu, tu sauras ma pensée ;
éprouve-moi, tu connaîtras mon cœur.
Vois si je prends le chemin des idoles,
et conduis-moi sur le chemin d’éternité. »

(Ps 139 [Vulg. 138], 23-24)

Enfin, laissez son Fils, notre Seigneur Jésus-Christ, sa très sainte Mère, votre ange gardien et vos frères du Ciel éduquer votre âme, la chérir et la protéger dans la communion des saints. Ainsi, vous pourrez dire avec la plus grande foi, la plus grande sincérité et le plus grand bonheur à la suite de notre bienheureux frère Charles :

« … Je remets mon âme entre vos mains.
Je vous la donne, mon Dieu, avec tout l’amour de mon cœur
parce que je vous aime,
et que ce m’est un besoin d’amour de me donner,
de me remettre en vos mains sans mesure.
Je me remets entre vos mains avec une infinie confiance,
car vous êtes mon Père. »

Que Notre-Seigneur vous bénisse et vous garde, chers frères aimés.

+ Vos frères dans la Foi

(1) Les livres poétiques et sapientiaux (du latin sapientia, sagesse) regroupent sept livres bibliques : Job, Les Psaumes, Les Proverbes, l’Écclésiaste (ou : Qohélet), Le Cantiques des Cantiques, Sagesse de Salomon, L’Ecclésiastique (ou : Sirac).
(2) Maria Valtorta, L’Évangile tel qu’il m’a été révélé, nouvelle traduction 2017, Tomes 1 à 10, Électre, 2018.
(3) Dans cette prière d’abandon extraite de ses Méditations sur l’Évangile au sujet des principales vertus, écrites en 1896, le bienheureux Charles de Foucauld cherchait à rejoindre la prière de Jésus sur la Croix. Il sera canonisé par le pape François le dimanche 15 mai 2022.
(4) Catéchisme de l’Église catholique, § 2473.

 

Approbation du Père Marc-Antoine Fontelle, docteur en théologie, en droit canonique et en droit.