Message du 12 octobre 1986 (I)

Mon fils,

Sois béni et accepte de te faire mon messager auprès du Saint-Père pour lui dire ma fraternelle affection dans le Christ Jésus. Sa visite à Ars me touche profondément et c’est avec un seul et même cœur que le Pape et moi-même avons prié le Seigneur de protéger la France et la terre tout entière de la guerre, et de délivrer les hommes du mal sous toutes ses formes. Cette prière continuera de s’élever vers Dieu et il me plairait que tous les chrétiens s’unissent à nous afin de lui donner plus de force encore.

Dis au Saint-Père, lorsque tu le pourras, que je le remercie profondément pour sa démarche et que je reste auprès de lui dans la Communion des Saints. J’encourage tous les prêtres à lui rester fidèles en tout et à rester unis à lui et entre eux sinon, à cause d’eux, l’Église continuera de perdre sa crédibilité auprès des hommes. Je voudrais que tous les prêtres consacrent davantage de temps à la prière, à l’oraison et à la Confession individuelle des fidèles. Je souhaite qu’ils parlent à leurs ouailles des bienfaits de l’état de Grâce, de la Sainte Confession et de la Sainte Communion dont les hommes comprennent mal la signification. J’aimerais que les prêtres restent purs pour tenir entre leurs mains le Corps du Sauveur et qu’ils expliquent à leurs ouailles que la pureté de cœur et de corps est requise pour aller recevoir le Seigneur dans la Sainte Communion.

La Sainte Messe est l’Offrande « Intemporelle » du Seigneur pour tous les pécheurs, et, tant qu’il y aura le Péché, elle restera nécessaire pour la Rémission et l’accès au Bonheur Éternel. Que les chrétiens restent humbles, qu’ils restent doux, qu’ils ne communient pas indignement ! Si vous pouviez voir Jésus continuer de souffrir pour vous, mes enfants, vous trouveriez le spectacle insoutenable ! Si vous pouviez voir pleurer la Sainte Vierge, Elle qui est si bonne et si aimable, vous pleureriez aussi tant ces larmes sont tristes sur le doux visage d’une Maman.

Mon fils, que d’impiété, que d’irrespect pour Notre Seigneur ! Le Démon a envahi la terre de ses légions d’anges mauvais qui s’infiltrent partout dans le cœur des hommes et dans celui des chrétiens pour les rendre plus tièdes, pour anesthésier leur conscience, pour aveugler leurs yeux et aigrir leur amour, pour fausser les valeurs essentielles et asservir leur corps ! Dis au monde ce message, mon fils. Dis aux hommes de se libérer du Mal et de se rapprocher de Dieu car il est la Source de toutes les bontés et de toutes les Grâces.

L’Église de la terre doit rester fidèle à Son Chef sans discuter ! La perfection et la sainteté auxquelles tout chrétien digne de ce nom doit aspirer ne peuvent être atteintes que dans l’obéissance et la volonté de mieux faire chaque jour et à chaque minute. Quiconque ne respecte pas cela n’a pas compris les trésors du christianisme. Ne soyez pas des hypocrites et ne cherchez pas à réformer l’Église de Dieu, vous qui désirez à la fois pécher et accéder aux Faveurs Divines. Dis cela au monde, mon cher fils ! Dis au Pape que je reste uni à ses prières pour un monde meilleur et une foi plus authentique, pour un respect de Dieu plus grand encore dans l’Eucharistie et pendant la Sainte Messe. Je donne mon cœur à tous mes prêtres dont la Sainte Église m’a fait le protecteur. Qu’ils sachent que je ne pourrai intervenir efficacement pour eux auprès de Dieu que s’ils restent fidèles et unis.

Ceux qui négligent les âmes en ne donnant plus à la Confession et à la Sainte Communion la place première dans leur sacerdoce, ceux qui nourrissent les malheureux pour les sauver de la misère humaine sans penser aussi à nourrir leur âme pour la sauver de l’Enfer, ceux qui œuvrent beaucoup pour la terre et guère pour le Royaume, ont sans doute du cœur mais ils ont bien peu d’esprit ! Est-il utile, en effet, de rassasier un malade en feignant d’ignorer son état de santé ? Si la potion bienfaisante n’est absorbée, l’homme tôt ou tard mourra malgré la nourriture que vous lui offrez. En revanche, si vous vous préoccupez aussi de sa maladie et qu’il guérisse, combien alors il appréciera les aliments, et combien vous aurez plaisir à le voir reprendre des forces ! La nourriture est donc nécessaire, mais accompagné de la potion, sinon l’homme meurt ! Si donc vous désirez pratiquer la charité, nourrissez-le tout en parlant du Christ, de Sa Vie, de Sa Mort et de Sa Résurrection, de la Vie Éternelle et de la Communion de Ses aimés ! Ainsi, la Vie pourra être acquise par tous. Enseignez la fidélité à la Sainte Église et la pratique de la prière, la fréquentation des Sacrements, l’humilité dans la Confession et la pureté dans la Sainte Communion.

Combien de prêtres oublient leur véritable ministère et se plaisent à offrir nombre de bols de soupe à leurs ouailles pour les voir relever la tête ! Mais s’ils pouvaient voir leur âme s’étioler comme une fleur coupée, par manque de nourriture spirituelle, alors ils comprendraient à quel niveau se situe leur devoir !

Mon fils, dis aux prêtres qu’ils fassent davantage oraison afin qu’ils ne suivent pas la voix de leurs désirs personnels mais Celle de Dieu qui leur enseignera ce qu’ils doivent faire pour le salut de l’humanité entière !

Que le Seigneur te bénisse toi et tous les tiens. Reste fidèle, je suis ton protecteur. Ta confiance et ton obéissance me touchent. N’oublie pas que tu es un aimé et que tu ne dois pas décevoir le Seigneur. Aime beaucoup la Sainte Vierge : Elle te le rendra au centuple ! Je te bénis au nom du Seigneur.

+ Jean-Marie Vianney, prêtre