Message du 11 octobre 1986





Bien chers frères,

Nous vous exhortons à rester dans la foi et à ne pas vous écarter de la Sainte Église et de Son Enseignement, qui n’est autre que Celui du Christ.

Relisez les Évangiles et vous vous rendrez compte que Jésus ne s’est jamais montré sectaire mais tolérant : s’Il a condamné le péché et instruit les hommes sur ses conséquences dans leur vie présente et future, Il n’a jamais été violent envers ceux qui ne Le suivaient pas. Car Dieu a créé l’homme libre, libre de vivre et libre de se perdre…

En revanche, le Seigneur a souffert et souffre encore de l’impiété des hommes, de leur égoïsme, de leur méchanceté, de leur sectarisme, de leur intolérance. Il souffre de voir des chrétiens au cœur pourtant sincère user de violence verbale, de textes falsifiés et même de menaces pour tenter de convertir leurs frères à leurs opinions. Jésus n’est pourtant pas venu apporter aux hommes l’épée de la guerre pour qu’ils s’entre-déchirent, mais l’épée intérieure de la volonté, forte, tranchante, qui rompt en chacun les liens du péché pour rapprocher de Dieu et établir la paix de l’état de Grâce. Ce n’est pas la condamnation des pécheurs, tous créatures du même Dieu, que Jésus a proférée, mais la condamnation du péché sous toutes ses formes ! Ce n’est pas un ensemble de pratiques dénuées de sens qu’Il est venu enseigner aux hommes, mais une religion qui passe par le cœur, une religion qui voit l’âme vibrer lorsqu’elle perçoit la proximité de Dieu, une religion qui voit l’être attristé d’avoir péché et trahi une telle Source Inépuisable d’Amour !

Jésus-Christ, frères, est venu pour lutter contre l’hypocrisie d’une simple foi de principes, pour la remplacer par une foi d’amour. Malheureusement, combien le sectarisme de certains hommes ressemble à celui des pharisiens qui déplaisait tant au Sauveur ! S’il est vrai que la foi peut tout dans le bien, il est tout aussi certain qu’elle ne peut transporter les armes de l’agressivité, de la violence, de la méchanceté, des jugements sectaires et médisants, et de la condamnation ! Frères, vous n’avez pas le droit de vous montrer intolérants envers qui que ce soit, et si vous désirez être efficaces, luttez donc contre le péché lui-même ! Organisez des campagnes contre la violence, la corruption et la prostitution des corps et des âmes, mais n’en condamnez jamais les pauvres victimes. Soyez toujours tout amour, toute compassion, toute tendresse envers qui vous tend sincèrement la main !

Mais attention ! Le véritable amour et la véritable tolérance n’ont rien de commun avec la permissivité que laissent s’établir dans les pays certains chefs d’État et dans les églises certains prêtres. « Errare humanum est, perseverare tantum diabolicum » ! (1) L’erreur, frères, vient du cœur de l’homme qui, sous l’emprise du Diable, préfère rester à l’écoute du péché au lieu de l’étouffer dans l’œuf. Sous prétexte que le péché comble ses sens et satisfait son orgueil, il n’hésite pas à se compromettre et à vivre avec lui au lieu de vivre avec Dieu. Mais le plus paradoxal dans cette attitude n’est-il pas que certains chrétiens pécheurs veuillent à tout prix voir légitimer leurs vilenies par l’Église afin de pouvoir bénéficier à la fois des plaisirs qu’elles leur procurent et du Salut pour l’Éternité ?

Comme ces frères connaissent mal notre Dieu ! Désireux de se libérer de la traditionnelle morale chrétienne qui leur paraît désuète et dépourvue d’amour parce que privée de « liberté », ils écoutent la voix de Satan et se laissent entraîner par ceux qui sont déjà dans le péché… Ah ! frères, quel malheur ! Quel grand malheur ! Combien ils sont téméraires ceux qui se permettent de faire des compromis avec le monde !

Il est aussi des chrétiens qui, écœurés par la corruption des mœurs et déçus par le libéralisme outrancier de certains prêtres, attaquent ouvertement l’Église en la personne de Son Pape et se tournent vers des mouvements extrémistes politiques ou religieux – les deux cohabitant la plupart du temps – afin de lutter contre cet état de fait : pamphlets, articles diffamatoires et violence verbale emplissent les boîtes à lettres, les journaux, les lieux publics. Ainsi, la division éclate dans l’Église et ceux qui auraient pu se montrer les plus empressés à construire passent leur temps à démolir et à détruire. Ils n’ont pas compris que c’est l’unité qui fait la force du peuple de Dieu. Qu’ils regardent le Saint-Père qu’ils passent leur temps à critiquer et à accuser de tous les maux de la terre : ne fait-il pas de son mieux pour préserver la Parole de Dieu ? Son cœur ne saigne-t-il pas aussi devant le péché ? Mais il ne se révolte pas avec violence et ses propos sont toujours des paroles de Paix. Il n’a pas hésité à rappeler aux prêtres quel devait être leur sacerdoce en se rendant à Ars ! Il n’a pas hésité à affirmer l’aide précieuse que pouvait apporter aux hommes la Communion des Saints en honorant plusieurs d’entre eux ! Vénérer un saint n’est autre que s’ouvrir à son amour par-delà la tombe et faire appel à lui comme intercesseur fraternel auprès de Dieu – tout cela dans le Grand Système d’Amour voulu par notre Père.

En rejetant délibérément l’obéissance au Saint-Père et l’Enseignement de l’Église, de nombreux chrétiens désertent le Chemin du Ciel comme ces papillons qui, toujours accrochés à leurs chrysalides, refusent de voler par crainte de l’inconnu… Ils devront en répondre au Tribunal de Dieu.

Amis, ne soyez pas aussi intransigeants ! Ne jugez pas sans cesse vos pauvres frères aveuglés par le péché ! Comment pourriez-vous condamner des aveugles ? Voyez donc les pécheurs comme des aveugles et, au lieu de les regarder avec mépris, mettez tout en œuvre pour les tirer de leur obscurité. Puissent ces messages contribuer à cette action et rétablir le lien là où se trouve la cassure, la paix là où tonne la guerre, la fraternité là où domine la violence, la douceur là où sévit le sectarisme ! Dieu est Amour, chers frères ! Dieu est Amour et Il vous a créés à Son image : qu’avez-vous fait de cette image ? Auriez-vous peur d’être chrétiens ? de vivre saintement et chastement ? d’affirmer votre foi ? de suivre le Saint-Père ?

Le Pape désire préserver l’unité de ceux qui restent et regagner la fidélité de ceux qui sont partis. Qu’a-t-il donc fait pour que vous vous montriez aussi agressifs ? Pour les uns, il est le défenseur d’une « inhumaine » pureté, pour les autres, il se montre trop ouvert aux autres religions… Combien vous êtes prompts à interpréter et combien votre mauvais esprit aliène votre esprit d’amour ! Ne seriez-vous pas heureux de voir vos frères se convertir et bénéficier des mêmes privilèges que vous ? Il est en fait un seul Dieu pour tous, Père et Créateur de tous, et, quelque nom que vous Lui donniez, Il n’en est pas moins le même Dieu Unique !

Écoutez ceci : vous qui possédez la capacité de voir les couleurs, auriez-vous l’idée de juger vos frères daltoniens qui ne peuvent en distinguer certaines ou se voient atteints de cécité pour toutes ? Si vous soutenez à un daltonien qu’un objet est rouge et qu’il vous affirme qu’il est gris, qui a raison ? Frères, osez vous poser la question, car c’est ainsi que vous raisonnez ! Si vous affirmez qu’un objet est vert et qu’il vous dise encore qu’il est gris, qui aura raison ?… Ne jugez donc pas vos frères de religion différente et encore moins votre Pape s’il crée avec eux un dialogue, car il fait un premier pas vers la paix. Les grandes religions n’ont jamais recherché pour l’homme que le bien, et l’idéal auquel elles aspirent ne peut être condamné, même s’il est faussé. Évertuez-vous à combattre le Mal au lieu d’attaquer ceux qui voient différemment. Car vous ne devez pas considérer vos frères des autres religions comme des ennemis mais comme des daltoniens : n’affirmez pas qu’ils ne voient pas Dieu ! Ils Le distinguent aussi bien que vous, mais sous des couleurs différentes. Au fil des siècles, ils ont découvert – comme vous – l’existence d’un seul Dieu, étape très louable si nous la comparons au simple paganisme, mais qui ne possède pas encore la dimension de votre foi.

Frères, comprenez que vos yeux à vous sont plus ouverts à la lumière : ils l’ont été grâce au Christ et par le Christ. Alors, quel privilège vous possédez ! Mais attention ! Ne perdez pas ce privilège en vous montrant sectaires et inquisiteurs, parce que l’Amour de Jésus-Christ n’imprégnerait plus votre âme et vous sombreriez dans l’obscurité, une obscurité plus grave encore que la cécité de vos frères daltoniens. Car eux n’ont jamais connu la Lumière à sa juste dimension, mais vous, vous L’auriez connue pour ensuite La renier ! Amis, si vous n’avez plus l’amour, si vous n’avez plus la charité, vous aurez beau posséder tous les dons de la terre et du ciel, vous ne serez plus, dit Paul, qu’« airain qui sonne ou cymbale qui retentit » (1 Co 13, 1).

Votre Pape a compris cela. Il ne cherche pas à établir des compromis avec les autres religions, soyez-en assurés ! Il connaît mieux que personne la grandeur du christianisme et il sait que si ses frères des autres religions ne distinguent pas encore la Divinité du Christ, c’est qu’ils ne peuvent la voir parce que leurs yeux n’y ont pas été éduqués… Soyez donc en paix, amis, et, pour l’amour du Ciel, soutenez le Pape !

Ne croyez pas non plus que ce soit en condamnant systématiquement les prêtres infidèles et en leur jetant la pierre qu’il parviendra à les ramener à l’Église – cela aussi il le sait ! C’est en leur donnant l’exemple : l’exemple d’un grand amour qui pardonne même à son bourreau, l’exemple d’une grande ouverture sur le monde, sur les petits, sur la jeunesse, sur la misère, l’exemple d’une grande foi, d’une intense union d’amour avec le Seigneur et Sa Très Sainte Mère, l’exemple d’une joie sereine pour guider le peuple chrétien, l’exemple d’une grande humilité envers Dieu et envers tous, l’exemple d’une fidélité totale à l’Enseignement du Sauveur et l’exemple enfin d’un immense respect pour l’Eucharistie. Car, il l’a affirmé, il est le Pape, mais il est avant tout prêtre de Dieu. Combien il souffre lui aussi de l’irrespect envers Notre Seigneur dans l’Eucharistie ! Combien il souffre de voir mépriser la Confession, surtout par les chrétiens qui n’en voient plus l’intérêt : la visite du Pape à un prêtre qui passait le plus clair de son temps dans son confessionnal n’a rien d’innocent à cet égard. En effet, c’est par l’exemple que le Saint-Père désire convertir les foules et reconquérir le cœur des chrétiens…

Ne soyez pas des pharisiens ! Ne vous montrez pas sectaires ! Restez, frères aimés, des fidèles de l’Église, amoureux de Jésus-Christ, sous le manteau protecteur de Sa Mère, Marie, et dans la communion des saints qui vous aiment. Que le Pape, par sa discrétion et sa grande bonté, soit pour vous le pasteur de la Paix, comme l’a été Notre Seigneur, et que votre cœur soit revivifié par la portée spirituelle de cette visite papale à la Fille Aînée de l’Église.

+ Vos frères dans la Foi

(1) « Il est de la nature de l’homme de se tromper, seule la persévérance dans l’erreur est le fait du Diable. »