Message du 14 août 1990

(Au messager et à son frère spirituel)

Mes chers enfants,

Grande est ma joie de vous retrouver en cette veille de Fête. Puisse le Bon Dieu vous guider vers une plus grande perfection à travers les conseils que je suis chargé de vous prodiguer.

Dans un monde où les hommes ne veulent pas de la sainteté et se plaisent à acquérir puissance et richesse, restez fidèles à votre Père du Ciel, et témoignez de Son action en vous dans la simplicité. Laissez vos cœurs fondre en Sa Présence et n’hésitez pas à parler de votre foi.

La vérité doit être rétablie coûte que coûte, et ceux et celles qui semblent parler savamment de Notre Seigneur mais démolissent la foi de leurs ancêtres doivent être combattus et vaincus par les enfants de Pierre.

Ah ! qu’elle est belle la foi de l’enfant qui s’extasie devant les merveilles que le Bon Dieu a faites, et qui pleure en Le recevant dans son cœur ! La clé du Ciel est dans votre cœur, mes enfants. Gardez-le toujours pur, aimant et attentif aux autres, toujours lumineux, et demandez au Bon Dieu de vous aider à discerner en toutes circonstances le bien du mal, la vérité de l’erreur, la foi authentique de la sensiblerie et de la superstition, les dons de Sa Grâce des séductions du Diable.

Soyez sans pitié envers vous-mêmes dans votre lutte contre le péché et sachez prendre, avec le sourire, des mesures draconiennes pour vous préserver de vos faiblesses coutumières. Imposez-vous des sacrifices afin de vous éviter de tomber dans le péché. Éloignez de vous toute source de tentation, et, dans vos relations avec vos frères, conservez toujours le calme et le sourire qui ont marqué de leur sceau le visage des saints.

Sachez rester dignes et ne point vous associer, même par un sourire complice, à ces grossièretés qui sont souvent évoquées au cours des repas ou de certaines fêtes : votre langage doit rester le haut-parleur de votre âme et de votre cœur.

Soyez attentifs à vos réactions en toutes circonstances afin de pouvoir déceler le Démon dans le moindre signe d’emportement, de curiosité, de découragement, d’exaspération. Allez vers ceux qui veulent entendre parler du Ciel et ne vous privez point de remplir la mission que délaissent de si nombreux pasteurs désabusés ou à l’esprit faussé par les choses du monde…

Priez beaucoup la Sainte Vierge et accordez-Lui votre confiance. Déposez votre cœur sur le Sien afin qu’ils battent à l’unisson d’un même amour pour Dieu le Fils. Ceux qui ne veulent pas de l’amour de leur Mère au Cœur Immaculé sont comme des gâteaux sans levain : ils restent secs et il faut boire pour les digérer. Ceux qui au contraire vont humblement vers leur Mère pour qu’Elle les conduise au Bon Dieu et les forme à Ses Volontés sont comme des biscuits onctueux et doux qui ravissent le palais et qui fondent avec la salive.

Lorsque vous perdez votre chemin, ne vous arrêtez-vous point pour consulter quelque carte ? Eh bien, mes enfants, le chemin vers le Bon Dieu est si difficile, si plein d’embûches, qu’il vaut mieux consulter la carte la plus sûre : la Sainte Vierge est la Carte du Ciel. Elle vous indique la route, vous familiarise avec la topographie et vous prépare à la grande Rencontre.

Mes enfants, lorsque vous serez demain en Son Sanctuaire de La Salette, priez-La de nouveau ardemment de protéger vos familles et de vous garder sous Son manteau. Renouvelez alors votre consécration et abandonnez-vous à votre Mère chérie !

Vous vous interrogez au sujet des tentations. Mes enfants, celles-ci sont nécessaires à votre avancement spirituel, mais vous devez prendre conscience d’une chose : lorsqu’une tentation est vaincue par vous avec l’aide de Dieu, une nouvelle tentation d’une nature différente vient prendre sa place et tel péché qui ne vous était pas coutumier devient alors l’objet de vos préoccupations. N’en soyez pas inquiets. Le Diable s’acharne sur les âmes qui veulent plaire au Bon Dieu et il tente toujours de trouver une faille qui lui permette d’entrer. Dieu ne vous donne pas les tentations, mes enfants, II permet qu’elles vous assaillent afin qu’en permanence il vous soit laissé le choix entre Son Amour à Lui, immense et rassasiant, et le vôtre, égoïste et mondain ; afin qu’en permanence vous répondiez « oui » à la question « M’aimes-tu ? » (Jn 21, 16), et qu’en écartant la tentation, vous vous précipitiez, vainqueurs, entre Ses bras accueillants et comblés.

Voilà, mes chers enfants, ce qu’attend de vous le Bon Dieu. Les tentations sont des occasions qui vous permettent d’avancer sur la route de la sainteté, ce sont des examens dont vous devez sortir vainqueurs. En les rejetant, vous gagnez des points ; en y cédant, vous en perdez ! Les premières tentations à vaincre sont les attraits du monde et de la chair dans toute leur futilité. Lorsque vous en êtes libérés en vivant davantage entre les bras de Dieu, vous avez une impression de victoire. Mais ne soyez pas dupes car plus vous avancerez, plus les tentations deviendront subtiles et plus le Diable vous sera difficile à déceler. Car l’esprit du Mal a plus d’un tour dans son sac, et, sous l’apparence du bien, il dissimule alors ses poisons. Voyez donc les excès de fausse charité qui sont aujourd’hui accomplis dans le monde : on y donne sans discernement quantité de choses matérielles, et on néglige complètement l’éducation et la protection des âmes. Car les âmes ont soif de Dieu, soif du Ciel, et peu d’hommes savent étancher cette soif.

Mes chers enfants, soyez de ceux qui apportent aux autres ces gouttes d’eau fraîche d’éternité pour ragaillardir leurs âmes. Ne vous découragez pas, et, lorsque vous avez agi, ne vous posez point trop de questions. Laissez la Grâce accomplir sa part du travail et faire fleurir ce que vous avez arrosé. Sinon, le Diable introduira des doutes dans votre esprit et vous réduira au silence au cours d’une nouvelle discussion. Laissez l’Esprit Saint toujours agir en vous et s’exprimer par votre bouche. C’est Son rôle, mes enfants, c’est Son rôle ! Allez vers les autres, missionnaires du Ciel, et arrosez, arrosez la graine que Dieu a semée au jour de leur Baptême ! Réveillez leur foi, affermissez-la, et œuvrez sans relâche !

Que la Sainte Vierge, si belle en Sa royale parure, vous guide vers Son Fils ; et moi, Leur très humble serviteur, je vous bénis ainsi que vos familles et vos amis. Vos démarches portent leurs fruits, mes enfants. Très vite, vous en aurez des preuves flagrantes !

+ Jean-Marie Vianney, prêtre