Message du 17 décembre 1983

Bien chers frères,

Si les problèmes humains sont si complexes, et si des ambiguïtés, des malentendus se glissent dans les rapports qui unissent les êtres, c’est parce que la franchise fait défaut, c’est parce que vous cherchez sans cesse à masquer vos sentiments, vos impressions, afin de ne pas manquer à l’étiquette… Savez-vous pourtant qu’une vérité – même blessante – dite avec amour et dans l’amour pour l’autre, avec douceur mais aussi avec justesse, parvient souvent à clarifier les situations les plus sombres et à résoudre les problèmes les plus complexes ? Soyez francs, soyez sincères !

Si votre compagnon vous blesse, dites-le-lui, écrivez-le-lui avec des mots qui sauront faire vibrer son cœur. Car le cœur de l’homme a été créé pour la sincérité et elle seule. N’habituez pas votre cœur aux plus futiles fantaisies et tâchez de déterminer, dans votre vie, ce qui a le plus d’importance. Tentez de trouver ce que vous seriez prêts à sacrifier et ce que vous voudriez conserver à tout prix. Si vous êtes prêts à sacrifier des possessions matérielles, des projets d’avenir, d’avancement, au profit de sentiments humains sincères, vous avez, chers frères, déjà un pied dans le Ciel. Mais il ne faut pas que Dieu soit absent de tout cela car c’est Lui et Lui seul qui confère à votre attachement un caractère sacré. Un jour, dans la Maison du Père, vous reverrez d’une manière très concrète ces souvenirs qui ont marqué votre cœur et votre esprit à jamais. De même, si vous aspirez à la vertu sans y parvenir, si vous vous efforcez de conquérir les hauts sommets de la sainteté spirituelle, si vous désirez ardemment rencontrer Dieu, alors, sur votre route, vous Le rencontrerez et Il saura vous combler en Sa Demeure.

Bien chers amis, nous n’avons jamais autant insisté que ce soir sur la démarche sincère que doit spontanément faire le chrétien pour aller vers les autres. Cela commence par sa propre famille – mais pas obligatoirement, dans la mesure où tous les êtres du même sang ne sont pas pour autant accordés sur le plan spirituel. Certains peuvent découvrir Dieu un beau jour et modifier leur comportement, alors que les autres n’auront pas vibré au son de la même lyre et poursuivront leur train-train quotidien au milieu des banalités et des tâches de la vie sans même songer à offrir leurs efforts au Père, qu’ils ont choisi d’ignorer.

C’est ainsi que la parole de l’Évangile concernant les jeunes qui se détachent de leur famille (Lc 12, 51-53) prend toute sa dimension de vérité. Si, malgré leurs efforts pour faire connaître Dieu au sein de leur famille, certains êtres n’y parviennent pas, alors ils se détachent d’elle pour rencontrer des frères plus compréhensifs, plus sensitifs, plus perméables à la Lumière Céleste. Ensuite, au sein d’un groupe ou d’une communauté, ces êtres s’épanouissent dans une dimension spirituelle. Ces notions sont très importantes : le groupe ou la communauté représentent la force, la puissance, l’entraide, la compréhension mutuelle, l’amitié. Dans la joie d’une vie partagée – à la même table et dans la prière, dans les aspirations et les croyances, mais aussi dans les peines et les désarrois – leurs membres mûrissent sous le soleil de Dieu.

Frères, appréciez l’harmonie des idées que vous partagez avec vos vrais amis. Vous donneriez tout pour les défendre et ils feraient de même. Si vous restez en accord avec le Ciel, vous n’aurez pas à choisir les vôtres : ils vous seront envoyés, mais vous devez rester forts dans votre foi.

La vie apporte des épreuves permises par le Seigneur et au fond même de ces épreuves, alors que votre faiblesse vous a entraînés dans l’abîme et que vous contemplez en rougissant votre indignité, au fond même de ces épreuves, disons-nous, alors que vous vous faites humbles et demandez pardon au Seigneur, vous devenez les plus forts des hommes parce que c’est dans la faiblesse que vous devenez forts (Cf. 2 Co 12, 7-10). N’est-ce pas en effet dans ces moments que même le plus impie des êtres humains tourne parfois les yeux vers le regard compatissant du Dieu-Pardon ? Être qui, alors que tout lui sourit, ne penserait jamais à son Père du Ciel qui pourtant le chérit… Y avez-vous songé ? C’est dans la tristesse, dans la maladie, dans le péché que bien souvent l’homme se tourne vers le Ciel. C’est dans la prison que l’homme enchaîné, la tête dans les mains, regrette ses délits, et c’est du fond de cette même prison qu’il lève les yeux vers la petite ouverture, tout en haut de sa cellule, et tente, à travers les barreaux qui font obstacle à sa liberté, de s’évader vers les étoiles…

Frères, si dans votre monde moderne il est si délicat d’aider les autres à résoudre leurs problèmes et de les conseiller, ne refusez pas d’apporter votre aide et votre compréhension à ceux qui sollicitent votre appui. Priez, et l’Esprit Saint vous aidera à les conseiller à la lumière de la vraie foi. Restez fermes sur les positions de l’Église et les Commandements de Dieu, et n’hésitez pas à conseiller la Confession sincère et la prière : Dieu ne parle-t-Il pas directement aux hommes par la voix de leur conscience ?

Aux petits groupes de chrétiens en recherche, nous redisons inlassablement : persévérez ! Aidez, instruisez, apportez l’Évangile et la vérité de la Communion des Saints – sublime partage spirituel qui s’effectue entre l’Église de la terre et l’Église du Ciel. Des êtres dans la peine vous seront envoyés mais ils ne seront pas tous prêts à recevoir cette vérité. N’oubliez pas qu’il est très dur pour une personne qui n’a jamais entendu parler de Communion des Saints – si ce n’est en termes abstrus et plus ou moins ésotériques – d’adhérer spontanément à l’existence même de la Vie après la mort ou à des messages spirituels. Sachez donc ne pas choquer…

L’Esprit Saint est le Grand Incompris de votre siècle. S’Il parle au fond des couvents et des monastères, s’Il éclaire le cœur d’un Pape, s’Il se communique aux cœurs purs et conseille les enfants, Il n’est plus guère écouté aujourd’hui au milieu des postes de radio et de télévision hurlants, des moyens de transports grouillant de monde, des bureaux inhumains, d’une jeunesse insatisfaite qui voudrait se dépasser mais n’a aucun contrôle d’elle-même. L’Esprit Saint est aujourd’hui la Voix qui crie dans le Désert.

Cher messager, vous qui, au milieu du brouhaha de la vie moderne, captez Sa longueur d’onde, ne vous découragez pas car vous verrez ces paroles que vous prenez tant de soin à noter si fidèlement faire leur chemin ! Notez scrupuleusement tout ce qui vous est inspiré. N’ayez aucune réticence à noter en bas de page l’origine des messages reçus telle que vous la percevez et à plus forte raison lorsqu’il s’agit de l’inspiration d’un saint connu de vous, d’un Apôtre, de la Très Sainte Vierge ou de Jésus Lui-Même. N’ayez aucune crainte ! Le bien n’a qu’une seule et même origine : le Christ Jésus, Messager du Père Céleste, Seul Intermédiaire entre le Père-Amour et les hommes. Ne comprenez pas cette phrase comme un rejet de la personne de Marie, Mère de toutes les Grâces. Au contraire : Elle est Celle qui dépose vos doléances aux pieds de Son Divin Fils. Ne La rejetez pas, chrétiens ! Si vous le faites, vous n’avez rien compris à l’Amour ni au Ciel ! Comment un fils pourrait-il se priver de l’amour d’une mère ? Et pour Dieu, quelle Mère ! Quelle acceptation admirable au jour de l’Annonciation ! Quelle harmonie avec le Ciel lorsqu’Elle porta l’Enfant-Roi au creux de Ses entrailles ! Quelle confiance inégalée en Son Dieu et Maître ! Quelle humilité et quel effacement chez Celle qui devait devenir la plus grande d’entre toutes les femmes dès le Seuil du Royaume !

Demandez-Lui Son aide, sollicitez Ses Grâces : Elle vous les distribue déjà abondamment et poursuivra Son œuvre, car Elle est touchée par votre amour pour Elle. Bien sûr, vous ne pouvez La voir avec vos yeux de chair, mais Elle est présente lorsque vous La priez et La suppliez. Implorez notre Mère à tous pour les pauvres, pour les jeunes, pour la paix.

Avec vous dans l’Esprit Saint.

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