Message du 24 juillet 1988

(Au messager et à ses amis)

Mes enfants,

L’être humain est comme un enfant sourd qui apercevrait de loin pendant la nuit les lueurs d’un bombardement et qui, séduit par un tel feu d’artifice, se précipiterait pour participer à la fête. Il n’entendrait pas le bruit terrible des explosions, les cris des gens apeurés, les hurlements des blessés mais, inconscient du danger, il marcherait allégrement vers la mort…

L’homme, mes chers enfants, n’est pas conscient du danger que représente le péché pour son corps, pour son esprit et surtout pour son âme, et, envoûté par les artifices de la tentation, il marche vers l’Enfer. L’Enfer, mes enfants ! Vos penseurs l’ont tourné en ridicule et à présent, l’homme en rit. Quand j’entends les enfants s’exclamer devant un jouet tant espéré : « C’est l’enfer ! », mon cœur est bien triste. S’ils savaient, ces pauvres malheureux, ce qu’est vraiment l’Enfer, ils s’enfuiraient en hurlant !

Lorsque l’homme meurt, s’il ne bénéficie pas de la Grâce de Dieu, il est tourmenté par le poids de ses péchés qui paraissent au grand jour. Car c’est la Grâce qui délivre, c’est la Grâce qui sauve, c’est la Grâce qui élève l’âme vers le Père du Ciel. Ne dites pas : « Dieu est Amour et tous les hommes bénéficient de Sa Grâce ! » Combien, en effet, la refusent ! Combien de sourds à Sa Parole se précipitent vers les lueurs rougeoyantes de l’Enfer ! Ils savent ce que l’Église enseigne mais ils ne veulent voir aucune barrière entraver leur convoitise et leurs mauvais désirs. Comme le bombardement semble n’être pour l’enfant sourd qu’un feu d’artifice, le péché semble ne faire aux hommes que du bien parce qu’il satisfait leurs sens, leur égoïsme, leur orgueil, leur amour-propre, leur vanité, mais, en fait, sans jamais les rassasier.

Vous voyez, mes enfants, c’est là que réside toute la différence avec le Bon Dieu et la Vérité. Dans le péché, il n’est jamais possible d’être rassasié : celui qui s’adonne aux vices croit toujours faussement qu’il parviendra un jour à assouvir ses désirs jusqu’au bout, et il s’enfonce ainsi de plus en plus profondément dans le péché. Au contraire, celui qui reste fidèle à Notre Seigneur trouve la paix et Sa Grâce le nourrit : son âme comblée, libre de tout souci personnel et de toute querelle intérieure, s’épanouit dans la confiance sous le soleil de Son Amour.

Alors, mettez tout en œuvre, mes chers enfants, pour rester en état de Grâce et résister aux tentations. Vous verrez ainsi vos efforts couronnés de succès et votre discernement décuplé. Ne cherchez pas sans cesse à « faire comme les autres » : c’est comme Notre Seigneur et la foule des saints qui L’ont suivi que vous devez faire !

Soyez saints, mes enfants. Détournez vos pensées du mal et levez les yeux vers le Ciel pour contempler votre héritage.

Si un homme sur terre faisait de vous son héritier, s’il commençait à vous céder de son vivant une partie de ses biens et que vous la dilapidiez sous ses yeux, croyez-vous qu’il vous léguerait le reste ? Même si cet homme possédait toutes les qualités, et en particulier la générosité, sa sagesse voudrait qu’il le confiât à quelqu’un d’autre ! Ne feriez-vous point, mes chers enfants, la même chose ? Alors pourquoi le Bon Dieu, qui est infiniment plus sage, accepterait-Il de donner le Ciel en héritage à des hommes qui, sur terre, passent leur temps à dilapider Ses biens et à tourner Sa Parole en ridicule ?

Le Diable est rusé, mes enfants ! C’est par tous les moyens qu’il cherchera à vous détourner de votre foi : la séduction de la chair, de la puissance, des pouvoirs de toutes sortes, des fausses doctrines, des raisonnements intellectuels alléchants, de l’occultisme régi par ses légions. Soyez donc solides dans votre foi pour porter dans le monde la Parole de Vérité.

Ces messages seront contestés par les personnes qui ne veulent pas rencontrer le Bon Dieu dès cette terre et qui n’aspirent pas à la perfection en tout. Spécialistes du compromis, ces gens sont souvent ceux qui s’insurgent contre les positions de Sa Sainteté le Pape, refusent certains points de l’Enseignement de l’Église, et en particulier la Confession parce qu’elle leur demande trop d’humiliation ou parce qu’ils ne croient plus en son pouvoir. Ces personnes sont totalement dépourvues de bon sens. Mais vous, mes enfants, soyez donc fils et amis du Bon Dieu dès cette terre et vous comprendrez déjà ce que sont les joies du Ciel.

Ah ! mes chers enfants, occupez-vous des âmes ! de la vôtre et de celle de vos proches. Le bien-être corporel n’est pas tout ! La pauvreté matérielle n’est pas tout ! Vous ne parlez que de cela aujourd’hui ! Soulager la misère humaine, ce n’est pas uniquement donner de l’argent aux pauvres : tout bon-chrétien doit savoir accomplir ce geste ! C’est aussi convertir les âmes ; oui, mes enfants, les âmes ! Avez-vous jamais pensé à la valeur d’éternité d’une seule conversion ? Combien de chrétiens, combien de prêtres, même, oublient ou refusent d’enseigner les hommes sur leur âme et sur l’Éternité. C’est pourquoi vous, mes enfants, devez parler ! Faites connaître ces messages aux prêtres, aux religieux et aux religieuses. Ceux qui aiment le Bon Dieu en vérité sauront reconnaître à travers ces paroles le Souffle de l’Esprit.

Ne soyez pas découragés par les exigences que requiert votre recherche de la sainteté. Il faut un commencement à tout. Appliquez-vous donc à faire des efforts. Convertissez-vous. Apprenez à trouver grâce aux yeux du Bon Dieu. Confessez vos péchés. Sachez discerner et choisissez le bien, toujours le bien. Aimez-vous les uns les autres et placez-vous sous la protection de la Très Sainte Vierge. Elle saura vous aider. Que le Seigneur vous protège. Je vous bénis.

+ Jean-Marie Vianney, prêtre