Message du 22 juillet 1988

(Au messager et à ses amis)

Mon cher fils,

Si depuis plusieurs mois tu subis de cruelles attaques du Diable sous différentes formes, c’est parce que le Seigneur permet que tu sois éprouvé afin d’affermir ton caractère et ta volonté à Le servir en tout. Le but n’est ni de te voir succomber par excès de faiblesse, ni de te voir réduit au désespoir. Mon enfant, pourquoi ce désespoir ? J’ai moi aussi connu souventes fois cette tentation de mépris envers moi-même, cette impression de n’être qu’immondice devant Dieu et de ne jamais parvenir à Le servir correctement. Il est vrai que même une vie entière ne peut suffire à Le servir parfaitement ; et pourtant, la moindre petite fleur qui surgit du tas de fumier est tellement agréable à Ses yeux ! Comprends cela, mon très cher fils.

Quel est l’homme qui n’a pas de croix ? Plus les hommes ont le désir de se rapprocher de Dieu, plus leur sensibilité grandit et plus la vie les prédispose à recevoir des blessures. Les souffrances des hommes, qu’elles soient extérieures ou au fond de leur cœur, sont autant de barreaux qui leur permettent de progresser sur l’échelle de la sainteté s’ils veulent s’en donner la peine. Aucune croix ne doit jamais être regardée comme un agent de destruction. Il faut garder courage !

Celui qui perd un bras dans un accident et qui ne peut plus conduire aurait pu perdre ses deux bras dans un accident plus grave ! Qu’il loue donc le Seigneur de lui avoir laissé l’usage d’au moins un bras et qu’il utilise celui-ci avec plus de zèle encore pour la gloire de Dieu ! La révolte contre Dieu à la suite d’un malheur provient de l’orgueil et de l’amour-propre : « Dieu aurait pu nous éviter cela ! » disent les uns ; « Que vont dire les gens ? » s’interrogent les autres ; et ainsi de suite. Ah ! mon fils, vois comment peu à peu un homme peut sombrer dans le désespoir : il ne pense plus qu’à lui-même, à ce dont il a été privé, à l’opinion des gens, à son image extérieure. Que de pensées futiles et de temps perdu ! À quoi cela sert-il de se lamenter ? Les choses sont ce qu’elles sont et chacun doit s’en accommoder. Prends donc pour modèle l’homme qui éduque son second bras et lui confie les mêmes tâches qu’au premier : ainsi, il continue à servir Dieu de son mieux.

Regarde Notre Seigneur à Gethsémani : Il a connu cette tentation du désespoir mais Il savait que Son Sacrifice était nécessaire à la Rédemption de l’humanité tout entière. Les échardes que nous portons sur la terre, les moments de découragement, l’impression d’abandon que nous ressentons parfois, les imperfections que nous remarquons en nous-mêmes et chez les autres, tout est souffrance. Mais tourne ton regard vers le Bon Dieu et tu verras comme Son Amour est grand ! Il aime tes confessions sincères et ton humble repentir. Il aime les efforts que tu fais pour t’humilier et exercer sur ton âme meurtrie une poigne assez ferme afin d’en expulser les salissures, en même temps qu’Il emplit cette âme du baume sanctifiant de Sa Grâce. Un simple effort personnel, mon cher enfant, et ton âme est nourrie, abreuvée, rassasiée par la Grâce du Sacrement. N’hésite pas à aller te confesser souvent : la Confession donne de la force, tu ne dois pas l’oublier.

Le mépris de soi est une tentation grave lorsqu’il est mal vécu : se mépriser soi-même, ce n’est pas maudire son corps parce qu’il porte au péché, son esprit parce qu’il est soumis aux tentations ou son âme parce qu’elle n’est pas assez pure ! L’homme est une créature du Bon Dieu, une créature que le Bon Dieu a placée au-dessus de toutes les autres créatures de la terre et qu’Il a faite à Sa propre image. Sache donc, mon cher fils, reconnaître l’image du Bon Dieu en toi et apprécier toutes les qualités dont Il t’a doté. Si tu accueilles Notre Seigneur dans ta demeure, tu ne te mépriseras point de la sorte car tu seras subjugué par la Grâce de Sa Présence. Tu ne feras rien sans en référer à Sa Divine Volonté et tu n’accepteras rien sans en référer à Son Divin Jugement. Il vaut beaucoup mieux, en effet, croire que c’est par la Grâce que l’homme accomplit le bien. Si nous attribuons le bien que nous faisons à notre pauvre personne, nous devenons orgueilleux et la Grâce nous abandonne. C’est pourquoi il vaut mieux que nous nous disions que nous ne sommes rien sans le Bon Dieu. C’est ainsi, mon fils, qu’il convient de se mépriser soi-même. Mais nos pauvres corps sont si faibles sur terre ! Alors, demande au Bon Dieu de te préserver de tout mal et confie la garde de ton corps à la Très Sainte Vierge. Elle sait de quoi tu as besoin. Elle pansera tes blessures. Ne te fais aucun souci !

Tu te penches trop sur toi-même. Le désespoir que tu connais depuis des mois est une épreuve : le Diable serait trop heureux que tu rejettes tes devoirs spirituels et que tu sombres dans le doute sur toi-même et sur le don que Dieu t’a confié ! N’aie pas peur, mon cher fils. Oublie ces mauvais moments et ne regarde que la Lumière. Il est bon que tes amis connaissent tes faiblesses, mais il est indispensable que tu te montres combatif et victorieux avec l’aide de tes frères du Ciel ! Sois pour tes amis un exemple : cela signifie beaucoup de choses. Apporte-leur le Ciel et la Communion des Saints : cela signifie plus encore. Conserve ta joie de vivre et sois heureux. Ne t’attache pas aux futilités de ce monde, ne te laisse pas accabler par le Démon. Invoque-moi dans les moments difficiles : je serai là !

L’avenir se dessine de lui-même. Ne soyez pas trop pressés, toi, mon fils, et tes amis. Les rencontres prévues continuent de s’organiser, les Plans de Dieu de s’exécuter. Ces messages vont être de plus en plus connus et vous allez bénéficier du soutien de personnes inattendues dont l’appui vous sera nécessaire pour combattre l’Adversaire.

Je vous remercie, mes chers enfants, pour les pensées que vous m’adressez. Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour donner satisfaction à vos requêtes. Soyez attentifs aux signes mais restez très prudents, car le Diable a décelé en vous des proies alléchantes et les attaques de toutes sortes ne manqueront pas de s’abattre sur vous. Si vous restez unis dans l’amitié et la pure affection, vous sortirez vainqueurs de ces épreuves. Que la Paix soit avec vous tous.

Je vous bénis, mon très cher enfant, toi, tes amis et vos familles.

+ Jean-Marie Vianney, prêtre