Message du 26 novembre 1983

Bien chers frères,

Un accident de la route et deux passagers sont tués ; le troisième n’a pas une égratignure. Deux nageurs traversent une rivière, l’un coule à pic, l’autre parvient seul sur l’autre rive. Un groupe de diététiciens suit depuis des années un régime rigoureux, l’un d’eux succombe d’un cancer du tube digestif. Une explosion soudaine et des dizaines d’hommes sont tués. Autant d’exemples, chers frères, émaillant l’actualité de ce siècle… Si nous reprenons l’Évangile de ce soir (Mt 24, 36-44), les paroles citées sont identiques : la mort vient faucher des êtres humains en plein travail, en pleine activité. Jésus ne choisit pas l’image du malade alité qui reçoit les Derniers Sacrements, mais celui de l’inattendu, du tragique, l’exemple de la mort qui surprend, qui arrache soudainement l’être à la vie terrestre. Cette activité de l’homme au champ ou de la femme au moulin symbolise la vie humaine en ce qu’elle possède de noble : c’est à la sueur de son front, à la force de ses bras que l’être humain gagne son pain quotidien et nourrit ainsi son corps du fruit de son travail. Mais, dit Jésus, même en pleine activité, lorsque le Père l’a décidé, Son enfant est rappelé vers Lui.

C’est ce que nous appellerons le retour du Seigneur dans la vie de chacun. C’est un retour individuel, une véritable rencontre, un accueil. Rencontre, en premier lieu, avec soi-même sans tricherie ni dissimulation : le film de la vie terrestre défile sur l’écran de la conscience, implacablement. Rien n’y est laissé au hasard : les faits éclatent au grand jour de la mémoire retrouvée. Ce qui était oublié par mégarde ou volontairement, les causes véritables de chaque pensée, de chaque geste, de chaque parole, tout devient d’une parfaite clarté car rien ne peut être laissé de côté devant le Seigneur.

Le plus souvent, l’homme est accueilli dans l’Autre Monde par un envoyé du Ciel – ange ou saint préféré – ou par des membres de sa famille ou des amis qui sont déjà « partis » et réchauffent son âme de leur amour toujours intact. Si le nouvel arrivant a beaucoup aimé le Seigneur et Sa Mère, Ils peuvent venir en personne lui tendre la main : quelle Grâce, chers frères, quelle Grâce ! En fait, l’accueil dans l’Autre Monde diffère beaucoup d’un être humain à l’autre*, aussi est-il bon d’être toujours prêt à affronter la mort.

Ce devrait être pour chacun non point une crainte mais un état d’âme permanent. Il est bon de goûter la paix intérieure le plus souvent possible, et, pour cela, il faut que les problèmes matériels ne viennent pas sans cesse encombrer l’esprit de l’humain. Que les choses matérielles, chers frères, n’encombrent pas votre esprit afin que vous puissiez souvent penser à Dieu. Penser à Dieu est déjà une prière, c’est déjà un état d’esprit à l’image de celui que Jésus souhaite pour les mourants. Car les mourants sont des passagers pour l’Autre Vie, et leur tenue doit être correcte lorsqu’ils abordent le Nouveau Monde. Comme il s’agit d’un Monde de Bien, de Charité et de Paix, d’un Monde de Lumière, le vêtement doit être clair à l’image de cette Lumière, c’est-à-dire pur et sain, et l’âme qu’il contient doit être transparente et belle, et respirer la paix. Ses préoccupations doivent être spirituelles et, pour cette raison, il est bon que dès cette terre, vous vous exerciez à faire travailler votre âme au Plan de Dieu afin que, dans le champ de votre vie, vous semiez toujours les plus belles fleurs, les plus riches semences, et que ce soit dans ce geste noble du semeur de Ciel que Votre Christ vous rencontre et vous conduise en Sa Demeure.

Car, s’il est vrai que l’Avènement du Fils de l’Homme viendra un jour pour tous les hommes, une rencontre se produit à la fin de chaque vie terrestre individuelle : à l’image de l’Eucharistie, où Jésus-Christ s’offre en un Sacrifice Intemporel pour chacun des hommes afin de laver le péché de tous et de donner la Vie à tous, Jésus, Vainqueur de la Mort, est également d’une manière intemporelle, Vainqueur de chaque mort individuelle. Car c’est Par Lui, Avec Lui en En Lui que nous vivons éternellement.

C’est donc une victoire, un avènement, chaque fois que le Ciel accueille un nouvel arrivant. Ne soyez pas tristes, frères, de voir partir ceux que vous aimez : la mort n’est pas un engloutissement, la mort n’est pas une fin, la mort n’est pas un châtiment puisque le Christ est venu pour sauver les hommes de la mort ! En fait, Il sauve ceux qui désirent Le suivre. Cependant, certains, nourris de haine et de péché, préfèrent se perdre plutôt que d’entrevoir une once de Lumière !

La vie suit son cours, amis : on mange, on boit, on grandit, on se marie, on devient vieux, on meurt. Tel est le schéma habituel… Mais il n’en est pas toujours ainsi : des bébés, des enfants, des adolescents vous quittent prématurément. Certains étaient déjà prêts à partir, se comportant comme s’ils avaient su ce qui les attendait : à travers leurs conversations, leurs gestes, ils se sont montrés prêts et vous vous êtes étonnés, révoltés parfois. Vous les avez vus tendre les bras vers Jésus alors que vous mettiez tout en œuvre pour les rappeler à vous, pour les arracher au départ. Un jour enfin, leur visage s’est illuminé d’une paisible lumière : ils n’étaient déjà plus auprès de vous…

Malgré la grandeur de votre amour de parents, d’amis, malgré les soins affectueux que vous auriez continué de leur prodiguer jusqu’à la fin de votre propre vie s’il l’avait fallu, malgré vos pleurs, malgré votre infinie tristesse, ils se sont laissés emporter vers l’Ailleurs. Ils avaient entrevu la Vérité et rien ne pouvait plus les retenir. Soyez en paix, parents qui avez si cruellement souffert, et qui priez et offrez ces souffrances pour le salut de vos enfants ! Soyez en paix ! Le Seigneur sait que vous donneriez jusqu’à votre propre vie pour les revoir vivants : par la force de Son Amour Triomphant, croyez que vous les reverrez plus vivants que jamais dans le Royaume !

La préparation à ce moment privilégié, à cette Grande Rencontre avec le Ciel, est permanente : la maison doit être convenablement balayée et barricadée afin que le Malin ne puisse plus s’y introduire pour vous entraîner dans les Lieux d’Epouvantement. Restez vigilants car vous ne connaissez ni le jour ni l’heure où le Seigneur viendra et où cette Rencontre aura lieu. Les exemples que nous vous avons cités plus haut visaient à vous montrer que nul ne s’attend jamais à quitter le monde terrestre à moins d’être grièvement blessé ou atteint d’une maladie incurable. Et pourtant, le Seigneur accueille chaque jour de nouveaux arrivants, jeunes ou moins jeunes. Leur surprise est grande, et, souvent, leur déception sur eux-mêmes est à la mesure de leur vie… Apprenez donc à vivre saintement et, déjà, vous posséderez – sans égoïsme aucun – un avant-goût de Paradis…

Ne pensez pas, chers frères, goûter un bonheur égoïste dans l’Autre Monde car le sentiment de charité y est tel que seule l’Éternité sera suffisante pour accomplir le Plan d’Amour de Dieu. Pour l’instant, cet amour s’exprime d’une manière permanente entre les âmes bienheureuses, et il s’accompagne d’une aide incessante aux êtres de la terre soit par des intercessions auprès de notre Maître, soit par une protection toute spéciale que nous leur offrons. Il vous sera donc aisé de comprendre combien grand est le Plan de Dieu, puisqu’il unit, par le Christ, nos deux mondes et permet des échanges aussi subtils. Qu’il en soit toujours ainsi.

+ Vos frères dans la Victoire

* L’Église ne s’est pas prononcée officiellement sur ce point.