Message du 19 novembre 1983

Bien chers frères,

Nous vous demandons d’orienter positivement vos prières ce soir, pendant la Messe, vers le Liban et ses victimes. La violence n’est pas l’alliée de Dieu et les êtres qui la subissent sont souvent d’innocentes victimes. Il est grave, pour un pays, de prendre une décision de violence. De tels actes entraînent immanquablement la recrudescence de la violence car les véritables auteurs de ces crimes sont toujours en liberté. Dieu saura juger de tout cela équitablement, frères. Mais préparez-vous à entendre encore de bien tristes nouvelles… Le Démon aime la discorde, et il parvient à la semer à profusion dans l’esprit des hommes.

C’est donc par vos prières, par votre rapprochement avec tous ces soldats tombés soudainement, par l’amour que vous leur apportez à travers le voile de ce grand passage que vous appelez la mort, que vous continuerez de les aider efficacement. Combien elle s’élargit cette fraternité de parents de la terre qui voient partir leurs enfants, et cette armée d’enfants du Ciel qui combattent pour la Vérité ! Lorsqu’ils sont parvenus aux Royaumes Célestes où règnent l’amour, l’entraide et le désintéressement, ils sont prêts à agir, à envahir la terre de leurs tendres pensées, et à accueillir à leur tour les nouveaux arrivants.

C’est l’Amour qui conduit l’homme à devenir un être de lumière. Ses actes de la terre s’accumulent sur la balance, ses paroles, ses pensées librement consenties, ses fantasmes avidement savourés, ses désobéissances, mais aussi son amour, son désintéressement et ses aspirations au bien. Pour le chrétien, l’Évangile est la Clé de la Porte du Ciel. Quant à celui qui n’a pas été évangélisé, il sera jugé non point sur sa foi mais sur ses actes et sa sincérité dans l’amour…

L’être pécheur qui transmet les conséquences de son péché à un descendant porte une lourde responsabilité, qui se verra répercutée sur plusieurs générations jusqu’à la purification de ce péché. Les recherches en génétique ne tarderont pas à en faire publiquement état.

Comment donc l’Évangile peut-il vous permettre d’éviter cela ? Tout simplement en offrant à l’être le moyen de se purifier en suivant le Modèle envoyé par le Père. Si vous parveniez, avec l’aide de la Grâce, à détruire pendant plusieurs générations ce mal, vous en seriez délivrés ! Ne soyez pas superstitieux et ne voyez pas toujours dans la maladie une conséquence directe de vos propres actes mauvais. Car la maladie peut être aussi la conséquence du comportement mauvais d’un ancêtre, même si cela vous semble injuste. Et croyez que depuis l’Autre Monde cet ancêtre souffre d’apercevoir la conséquence de son péché !

Afin de comprendre cette justice de Dieu, écoutez ceci : si le garagiste répare mal votre voiture et que cela nuise sérieusement à l’un des vôtres dans un accident, qui sera accusé ? Vous ? Le garagiste, sans aucun doute !… Et c’est votre parent ou ami qui aura subi les conséquences de la maladresse du garagiste. Il en est de même pour vous, qui pouvez aussi subir les conséquences d’un corps et d’un psychisme défectueux à cause de certains ancêtres insouciants. Imaginez à présent que le parent ou l’ami qui a subi l’accident vous tienne pour responsable parce qu’il s’agit de votre véhicule, que direz-vous ? Vous protesterez, rejetant tous les torts sur le garagiste – et vous aurez raison ! Vous serez offusqués que la personne à qui vous avez charitablement prêté votre véhicule vous accuse aussi injustement. Alors ne soyez pas surpris que le Seigneur soit peiné de vous entendre L’accuser ainsi de tous les maux de la terre, ou même dire : « Ah ! S’il y avait un Bon Dieu, il ne nous ferait pas cela ! ». Frères aimés, le Bon Dieu n’y est pour rien ! C’est le péché qui est responsable…

De même, lorsque vous perdez un être cher, ne reprochez pas à Dieu de vous l’avoir repris sans avoir analysé les causes de cet événement. Bien sûr, Dieu permet la mort, mais cela ne nous semble pas si redoutable : c’est à la lumière de votre monde que l’événement revêt de l’importance, parce que la présence du disparu vous manque et que vous vous interrogez à son sujet. Mais à la Lumière de l’Après, à La Lumière de l’Éternité où l’être se retrouve dans sa dimension de plénitude, croyez-vous que la question soit débattue de la même manière ?…

Alors, ayez confiance, chers frères, et ne reprochez pas à Dieu d’avoir repris vos parents, vos enfants, vos amis. Ils sont aussi près de vous, qui continuent, dans une plus grande compréhension et un plus grand amour pour vous, de vous aider à comprendre les mystères de l’Autre Monde. Lorsque Jésus expira, un frisson parcourut la terre et certains défunts, illuminés par la Gloire du Messie Vainqueur, apparurent aux hommes de la ville qui prirent peur (Mt 27, 52). Croyez qu’au moment de la mort, le corps de chair ressuscite en corps spirituel dans le Monde de l’Esprit où l’âme se purifie de ses imperfections avant que d’être accueillie dans le Ciel, revêtue de gloire…

Vous pouvez prier pour les êtres qui sont en Purgatoire en formulant des pensées précises : par exemple, « les victimes de tel combat, de tel attentat, les défunts de telle famille ». Ces intentions seront respectées. Mais il serait bon que vous ajoutiez : « …et tous ceux qui n’ont pas de prières ». L’Église de la terre étant intimement liée à l’Église du Ciel, il est absolument nécessaire qu’à l’exemple de Jésus-Christ, le rachat des péchés commis sur la terre se fasse par la terre, avec l’intercession de la terre, et que les prières s’élèvent vers Dieu depuis la terre. Car vous pourriez dire : « Pourquoi Dieu ne sauve-t-Il pas directement toutes ces âmes ? » C’est par votre amour qu’elles peuvent être sauvées ! Car Dieu vous a donné la charité, qui est la vertu essentielle du chrétien, la seule qui, en permettant de sauver autrui, permette de se sauver soi-même. Quiconque aime Dieu, reste fidèle à Ses Commandements et pratique la charité est déjà en harmonie avec le Ciel.

Si donc, dès cette terre, et en union avec l’Église, vous participez à une telle Harmonie en allant vers les autres, en donnant votre vie aux autres à travers des actes charitables et des prières – même depuis le fond d’un cloître -, à travers des paroles de missionnaires de la foi ou de messagers de Vie, fidèles à l’Enseignement du Christ, alors, votre récompense sera grande dans le Ciel ! Ne comprenez pas « récompense » au sens premier du terme mais plutôt au sens de « fruit ». Car cette récompense n’est pas un apport extérieur de Dieu. Elle est la Grâce d’une naissance intérieure et d’un mûrissement à la Vie Divine : en osmose avec le Bien vous pénétrerez dans le Royaume de Dieu où vous trouverez une affinité totale parce qu’il sera la réalisation de toutes vos aspirations. Vous êtes comme des boutons de roses qui aspirent à s’épanouir sous les rayons ardents du Soleil de Dieu : ce ne sont pas leurs pétales rabougris tombés à terre qui refleurissent dans le Royaume, ce sont les roses dans leur plus bel épanouissement !

Si vous aimez votre prochain, vous rencontrez Dieu chaque jour et Il vous donne Son Rayonnement. Dieu est Amour : il est l’Amour d’un Père Aimant. Aimez-Le en esprit et en vérité et n’« adorez » pas des images, qui ne sont que des supports de méditation ou d’oraison. Aspirez à des sentiments véritables, dépourvus de sensiblerie. Soyez forts dans votre foi. Mais ne faites pas de vos aspirations un but égoïste qui vous détournerait de vos devoirs terrestres : vaquez à votre travail, à vos occupations de père ou de mère de famille et d’époux ou d’épouse.

Si vous êtes liés à un être de la terre, n’oubliez pas que votre recherche spirituelle doit se faire en commun, et que votre amour doit être illuminé par la Grâce. L’Esprit Saint vous viendra en aide si vous implorez le Seigneur. Recherchez toujours l’unité, l’union parfaite. Vous trouverez des terrains d’entente. Sachez vous montrer doux et réfléchis, et, dans certaines circonstances, sachez faire des concessions. N’oubliez pas que de la vie à deux doit surgir la Vie en Un ! Qu’il en soit ainsi.

+ Vos frères dans la Foi