Message du 27 septembre 1985

Bien chers frères,

Dieu ne demande pas aux chrétiens qui vivent dans le monde de s’épuiser à force de jeûnes, de mortifications et de sacrifices permanents : ce sont là des moyens pour parvenir, sans aucun doute, à une plus grande perfection, mais l’homme, sur les conseils de son confesseur, doit les adapter à sa propre morphologie et pratiquer avec discrétion seulement ceux qui n’entravent pas son devoir d’état.

Lorsque le Seigneur vous donne Sa Paix dans l’état de Grâce et l’harmonie avec votre entourage, certains disent : « Je ne les mérite pas, mieux vaut souffrir encore pour réparer pour moi et pour les autres ». La souffrance offerte au Seigneur est rédemptrice, c’est vrai, mais lorsque le Seigneur vous donne la joie de l’harmonie, acceptez-la et aimez-la : elle ne peut que Lui être agréable puisqu’elle est à l’image de Son Paradis…

Pour ce qui est des cérémonies religieuses, conservez toujours un grand respect et une âme recueillie. Si l’exaltation est à bannir, un excès de protocole l’est tout autant, car il peut nuire à la spontanéité de l’élan du cœur vers le Père.

Imaginez un enfant qui n’aurait point vu ses parents depuis plusieurs mois et rentrerait à la maison, tourmenté, en se disant : « Vais-je m’avancer du pied droit ou du pied gauche ? Vais-je leur dire bonjour d’abord ou bien les embrasser avant de les saluer ? Que convient-il de faire ? » Vous seriez sans doute surpris par cette attitude… Alors qu’attendez-vous pour ouvrir enfin votre cœur totalement au Seigneur ? La sincérité, en effet, ne s’encombre point de toutes ces considérations : c’est à la spontanéité de son élan, à la force de ses embrassements et à la chaleur de ses paroles que se mesure l’amour de l’enfant. C’est ainsi que votre cœur doit retrouver Dieu au cours de chaque cérémonie religieuse dans la discrétion du dialogue intérieur, la participation attentive au rituel, et l’élémentaire respect de la prière individuelle.

Toute cérémonie qui comporte un protocole excessif risque de détourner le fidèle du but même qu’elle doit se fixer. Car qui s’attache à respecter trop de règles finit par craindre de faire des erreurs, et son âme est dérangée dans l’intimité qu’elle est venue établir avec Dieu… Aspirez donc à rencontrer Dieu dans votre cœur et à dialoguer avec Lui comme avec un père, un frère, un ami. Car le Créateur est votre Père, Jésus est votre Frère, et le Saint-Esprit votre Ami ! Vous avez souvent tendance à oublier ce lien de parenté qui vous unit à La Trinité Sainte, et à Marie, la Mère de Jésus, qui est aussi votre Mère. Vous les voyez comme des êtres éthérés qui n’ont que faire des détails matériels de votre vie alors que « vos cheveux même sont tous comptés » (Lc 7, 7) dans le Ciel ! Le respect n’exclut pas l’intimité et la communion des cœurs, pas plus qu’il n’exclut la tendresse et les confidences, surtout lorsqu’il s’agit d’ouvrir son cœur à un Père qui voit tout, à un Frère et une Mère qui ont connu sur terre des joies comme des souffrances, et à un Ami à qui rien n’est impossible !.…

Ah ! frères, combien une foi de principe empreinte d’un excès de rigueur et de réserve nuit à la relation d’amour qui devrait vous unir à Dieu ! Ne conservez point un regard dur qui pourrait être interprété par votre entourage comme un regard méprisant. Ne prononcez pas de paroles acerbes et ne condamnez pas les autres, car, malgré votre bonne foi à défendre le Christ, vous pourriez être accusés de manquer de cette charité dont Paul affirme qu’elle est la première des vertus. Restez discrets au sujet de vos sacrifices, jeûnes et privations, sinon le monde se moquerait de vous et vous montrerait du doigt en disant : « Regardez comme il se fait remarquer !…» Votre comportement doit étonner votre entourage et le porter à vous imiter, car il doit véritablement le séduire. On doit vous envier votre joie et ce sourire qui ne quitte pas votre visage, même au milieu des tempêtes. On doit s’étonner de votre calme et de votre humeur égale.

Mais vous êtes encore loin de vivre cela, frères aimés : à la maison, au travail, vous vous mettez en colère et répondez agressivement à des propos qui ne sont pas toujours méchants, vous n’acceptez que difficilement les reproches, et même les conseils des autres vous agacent… Vous nuisez à votre santé physique et spirituelle en ne conservant pas cette paix que Dieu désire voir en chacun de vous. Sachez que le Seigneur peut vous donner de cette Paix qui est la Sienne si vous la Lui demandez.

Si vous vous montrez acharnés dans vos dévotions, sachez également vous montrer charitables envers tous vos frères, car ces deux vertus ne vont malheureusement pas toujours de pair… Conservez un cœur serein et gardez toujours votre calme : l’agressivité est l’une des plus graves maladies de votre siècle. Elle résulte de l’énervement provoqué par le travail intense, l’agitation, le bruit, la mauvaise alimentation, la précipitation, le manque de sommeil, l’air de vos villes et de vos maisons, etc.

Apprenez donc, amis, à vivre plus sainement et moins précipitamment. Sachez accorder à votre corps et à votre esprit le repos dont ils ont besoin. Laissez glisser sur vous les remarques qui ne sont pas méritées ; quant à celles qui le sont, daignez les accepter : elles vous seront certainement salutaires… Aimez et respectez votre prochain même lorsqu’il vous blesse, même lorsqu’il vous agresse ou heurte vos sentiments ou votre susceptibilité. Ah ! frères, quelle écharde que cette susceptibilité ! Quelle porte grande ouverte au Démon ! Apprenez à vous faire tout petits et à vous effacer au lieu de toujours chercher à vous mettre en avant pour tout.

Ne vous apitoyez pas sans cesse sur votre sort car il y a beaucoup plus malheureux que vous ! Pensez à tous les opprimés du monde, aux prisonniers, aux victimes de catastrophes, aux pauvres, aux malades, aux personnes handicapées, et priez pour eux. Priez pour tous ceux qui sont chargés de tâches importantes afin qu’ils gardent leur intégrité ou que le Seigneur purifie leur cœur : les membres du clergé, les chefs d’État, les enseignants, les responsables de la presse, de la radio, du cinéma, de la télévision et de tous ces moyens audiovisuels qui touchent inévitablement les foules et peuvent, s’ils sont utilisés au service du Mal, les conduire au Feu Éternel !

La déchristianisation de la terre est, en effet, commencée depuis de nombreuses années et l’Ennemi s’est à présent emparé de milliers et de milliers d’âmes qui le servent fidèlement, sans même parfois s’en rendre compte, à travers la télévision : c’est la boîte à scandales, le spectacle sans aucune censure à la portée de tous les regards, et, en particulier, ceux des enfants. C’est la pourriture, la violence, le mensonge, le sexe venus jusqu’à l’intérieur des foyers et des familles pour les influencer, les corrompre, les séparer… Et vous osez appeler cela « un progrès » ! Utilisée sainement, la télévision eût pu faire des merveilles, mais le Démon, qui aime à agir sur les masses, a eu tôt fait d’en influencer les responsables ! Cinéastes, reporters, metteurs en scène, directeurs de chaînes, craignez pour votre âme et convertissez-vous, car il est dit : « Si quelqu’un doit scandaliser l’un de ces petits qui croient en Moi, il serait préférable pour lui de se voir suspendre autour du cou une de ces meules que tournent les ânes et d’être englouti en pleine mer. Malheur au monde à cause des scandales, mais malheur à l’homme par qui le scandale arrive ! » (Mt 18, 6-7).

Mais Dieu est présent, qui veille, et par Marie, la Douce et Tendre Mère de Jésus, Il ramènera à Lui Ses enfants dispersés. Par l’amour spontané de cette Mère Fidèle et Sage, de cette Épouse Parfaite, Il forme une armée de vaillants chevaliers, droite, solide, forte, qui sait résister aux assauts sanglants de la Bête. C’est en effet par Marie et grâce à Son Cœur Immaculé que le monde sera ramené à la raison.

Hommes qui ne comprenez pas la vénération qu’il plaît à Jésus que tout chrétien porte à Marie, écoutez ceci : si, sur la terre, un homme renie sa mère alors qu’elle a toujours été tendre et parfaite, vous êtes les premiers à crier au scandale. Alors comment pouvez-vous croire que Jésus, qui est Tout Amour, ait pu laisser Son Admirable Mère dans un coin du Paradis sans L’élever avec Lui à la Royauté dans Son Ciel ? Hommes de peu d’amour, n’avez-vous point compris ce que c’est qu’une Mère ? Une Mère, c’est votre sang, votre cœur, votre aimée, votre vie. Alors, ne doutez pas de l’Amour de Jésus pour Marie, et comprenez qu’en La donnant pour Mère à Jean au pied de la Croix (cf. Jn 19, 26-27), c’est à vous tous qu’Il L’a donnée pour que vous L’aimiez, La vénériez et La priiez durant toute votre vie.

Oh ! frères, aimez Marie, Elle qui vous a pris pour fils ! En quoi cet amour pourrait-il venir vicier celui que vous portez si exclusivement à Jésus ? Grand, en effet, est l’amour pour Jésus seul, mais plus riche encore est l’amour pour Jésus par Marie puisqu’en aimant Marie, c’est aussi Jésus que vous aimez !… Alors, frères, n’hésitez plus : aimez-La, suivez-La, écoutez-La, priez-La. Elle vous conduira sans détour à Son Fils.

+ Vos frères dans la Vérité