Message du 28 avril 1984

Frères bien-aimés,

Comme nous aimons vous voir vous poser des questions ! Cela prouve votre intérêt pour le Monde Spirituel, et vos aspirations s’élèvent jusqu’à nous et nous remplissent de joie. Il est des temps forts dans votre vie de prière où le Seigneur vous comble de Ses Grâces et vous rend la vie plus aisée et le recueillement plus facile. N’oubliez pas, pour plaire à Notre-Dame, le chapelet quotidien, et, dès le premier jour du mois de Marie, le rosaire si vous le pouvez. Depuis quelque temps, la prière connaît un renouveau dans le monde et le Seigneur s’en réjouit.

Vous qui vous interrogez au sujet des œuvres, du bien, et de leur rapport avec la foi chrétienne, écoutez ceci. Les hommes agissent d’abord sous l’impulsion de leur force vitale, celle qui anime leur corps. À l’image de la force qui anime les animaux, les plantes, la terre, et les autres planètes, à l’image de la force qui anime le cosmos, l’homme bénéficie de cette même vie donnée par Dieu. Soumis aux cycles naturels, il suit cette évolution inhérente à toute créature animée, et se modifie au fil du temps : son corps se modifie, son intelligence, ses capacités de réflexion, son pouvoir de création. Lorsqu’il parvient à sa maturité, il se modifie encore, contre son gré, pour sombrer dans la décrépitude de l’âge… Mais une partie de lui peut ne subir aucune modification lorsqu’elle a atteint le meilleur d’elle-même : c’est son âme, intimité de l’être, fleur du corps au Monde Spirituel, qui s’épanouit auprès de Dieu dans les moments privilégiés de prière et d’oraison. Cultivez cette fleur, bien chers frères, car, à l’image de Dieu, elle peut rester immuable dans la paix, l’amour et le bien. Ne l’étouffez pas et ne la troublez pas par des pratiques étranges, superstitieuses ou dangereuses. C’est elle qui doit être l’intermédiaire entre Dieu et vous, c’est elle qui doit vous dicter votre comportement et non vous qui devez la conduire à certains « états de conscience ». Donnez à votre âme sa liberté et elle vous incitera au silence, à l’oraison, aux promenades solitaires, à la contemplation, à l’élévation vers Dieu dans la joie, et, pour quelques-uns, à l’extase mystique. Une graine de mysticisme sommeille en chacun de vous : arrosez la terre qui la renferme en écoutant la voix intérieure qui parle à votre cœur.

Vous n’avez aucun mérite à vivre puisque la vie vous a été donnée. Ni à agir puisque vous avez été conçus pour agir. Tout acte accompli dans le monde pour attirer l’attention sur soi, pour se faire plaisir à soi-même, pour parader, pour susciter la pitié, est un acte de l’homme charnel, associé aux sentiments de l’homme charnel qui sont à la base des péchés capitaux. L’acte de l’homme spirituel est spontané : il est l’acte de charité qui ne se vante pas. Il est la main tendue, l’aide, le pardon, le soulagement, la douceur, la tendresse, l’amour. Il est celui qui ne fait pas de différence entre l’ami et l’ennemi lorsqu’il s’agit des hommes, mais qui sait rejeter l’Ennemi spirituel, Satan, où qu’il se trouve.

Frères, n’affrontez pas directement le Mal lorsqu’il est en l’homme. Demandez aux anges de venir au secours des êtres possédés ou tourmentés par les esprits malins. Adressez-vous à saint Michel Archange et placez les êtres égarés sous sa protection. Nous déplorons que les prêtres exorcistes se fassent, dans votre monde moderne, de plus en plus rares. Car vous vivez une époque où vous seriez surpris, si vous assistiez à cette pratique, de voir combien le Démon peut se débattre à l’intérieur d’un être humain. La Confession fréquente et la Communion peuvent vous protéger de l’influence du Malin qui, à chaque instant, tente de pénétrer en vous en violant les portes de votre âme.

Le bien est une vertu universelle. L’homme ne sait pas toujours discerner ce qui lui vaut du bien. Parfois il faut plusieurs générations pour qu’il se rende compte, par la pratique, qu’une chose lui est nuisible ou, au contraire, favorable. L’homme bon recherche le bien et l’harmonie mais a-t-il du mérite à cela ? L’athée peut pratiquer le bien mieux encore qu’un chrétien fervent qui devra parfois se forcer !… Pour lui, cela peut être une morale naturelle. Alors, à quoi cela sert-il d’être chrétien ?

La réponse est très simple : lorsque vous pénétrez dans un bâtiment de plusieurs étages et que vous désirez contempler la ville, il est logique que vous commenciez par chercher l’escalier ou l’ascenseur qui vous conduira au sommet. Si, par paresse, vous vous contentez de jeter un coup d’œil depuis la fenêtre du rez-de-chaussée ou du premier étage en vous prétendant déjà satisfaits du spectacle, vous n’êtes pas très exigeants. Si votre vie spirituelle est aussi fade, votre découverte de Dieu sera plutôt limitée… Alors, de grâce, ne jetez pas la pierre à ceux qui sont montés plus haut que vous et ne vous plaignez pas de ne pas comprendre les merveilles qu’ils s’évertuent parfois à vous faire découvrir. En fait, la sainteté ne vous intéresse pas et vous avez tort : le disciple du Christ est, en effet, celui qui désire monter toujours plus haut dans la perfection, construisant avec ses œuvres un escalier jusqu’au sommet de l’immeuble. Si, par orgueil, par étroitesse d’esprit ou par conviction intellectuelle, vous désirez rester en bas, cela ne vous empêche pas d’y pratiquer les vertus chrétiennes fondamentales, recherchant en elles un certain bien-être personnel. C’est déjà un pas, mais croyez-vous qu’il soit suffisant ? Désirez-vous vraiment rencontrer Dieu ? Le Royaume se conquiert, frères !…

Les demeures du Père sont variées, disait Jésus, et s’Il a rejoint l’Ultime Demeure pour retrouver le Père en un Même et Unique Esprit, Il désire que vous soyez tous auprès de Lui dans l’Éternité. Comment donc ceux qui ne Le connaissent pas et ne Le recherchent pas autrement que s’Il se nommait « bien-être » pourraient-ils parvenir auprès de Lui dans les Cieux ?

Frères, le Ciel est vaste et les Demeures de Bien ne sont pas encore les Demeures Ultimes ! La chenille et le papillon, tout en étant de la même espèce, sont différents : une chenille, en accomplissant à merveille son travail de chenille sur terre, peut mourir chenille et ne jamais devenir papillon. Mais le papillon, chers frères, songez au papillon !… Quelle légèreté, quelle différence ! N’est-il pas déjà plus près du Ciel ? Le croyant ne cultive pas seulement le bien, il cultive son âme ! Ce n’est pas seulement le bien qui le propulsera vers le Ciel, c’est aussi son désir de Dieu, sa soif de se désaltérer à la Source de Vie, à l’Eau Pure du Royaume. Cette soif est donnée par la foi et seulement par elle.

Ne jugez pas les adeptes des autres religions. Jésus, le Christ-Amour a dit : « Nul ne va au Père si ce n’est par Moi » (Jn 14, 6). Ce « Moi » n’est autre que l’Amour, un amour enrichi de dimension spirituelle, un amour à l’éclat d’Éternité. Souvent, les adeptes des autres religions ne connaissent pas Jésus. Leurs prophètes, s’ils leur enseignent la croyance en un Dieu Créateur, s’ils leur enseignent l’amour et le bien, n’ont été que les prophètes d’un temps, d’une époque, d’une civilisation ; des prophètes pour un temps, une époque, une civilisation. Le Christ est, Lui, Universel. Son Enseignement est celui de l’Esprit Saint et l’Offrande de Son Corps et de Son Sang en Nourriture Spirituelle aux hommes donne à ceux qui Le suivent avec foi et confiance une force toute particulière.

Le christianisme n’est ni une religion du matérialisme ni une religion de l’illusion, et l’Au-delà avec le Christ et Sa Douce Maman dans les Demeures Célestes reste incomparable aux autres demeures du Monde Spirituel.

La foi, si elle est véritable, pousse aux œuvres et conduit au Ciel.

Les œuvres sans la foi conduisent à un bonheur stagnant auquel il ne manque que l’étincelle d’humilité pour s’animer et s’élever plus haut, encore plus haut, vers les bras du Père du Ciel.

Nous ne pouvons, en ce jour, que vous conseiller de prier davantage en demandant au Christ miséricorde et pardon pour ceux qui ne L’ont pas encore rencontré afin qu’Il leur fasse un signe.

+ Vos frères dans la Joie Pascale