Message du 28 février 1985

Bien chers frères,

Aspirez à la sainteté tout en conservant toujours en vous une grande humilité lorsque vous remporterez des victoires sur l’Adversaire. En effet, si votre Père ne vous accordait point Son appui et ne vous fournissait des armes efficaces pour ce combat permanent, vous ne pourriez gagner la moindre bataille ! Que les premières lueurs de la perfection vous fassent entrevoir combien, malgré la position que vous avez atteinte, vous êtes petits comparés au Père du Ciel. Afin de grandir à Ses yeux, vous devez vous dépouiller de votre propre personne et n’accueillir en vous que les fruits de Son Amour, les vertus enseignées aux hommes par Son Divin Fils.

Le principal combat dans la vie de l’homme est celui qui oppose son âme, éprise de perfection, aux appels incessants et à la souillure de la chair : telle est la première bataille à livrer contre vous-mêmes si vous désirez vous rapprocher de Dieu. Ne cherchez pas sans cesse des excuses à vos mauvaises pensées, à vos regards déplacés, à votre curiosité malsaine et maladive, à vos fréquentations honteuses, à vos actes impurs ! Votre Père du Ciel n’est pas dupe : Il sait que la chair est faible, mais Il sait également que si l’homme désire vraiment vaincre la chair, Il lui communique une force surnaturelle qui peut le délivrer de ses tentations. Si donc vous aspirez à la perfection, demandez à Dieu Son aide.

C’est dans un corps sans souillure que vous devez accueillir votre Sauveur en la Sainte Eucharistie et L’y laisser faire fructifier les talents qu’Il vous a confiés. Restez simples et aimants. À une époque où l’homme se « branche » sur le monde et les plaisirs matériels, « branchez », chers frères, votre âme sur le Ciel afin qu’il vous inspire. Si l’on vous accuse de vous isoler du monde et d’abreuver votre esprit de choses spirituelles, soyez consolés ! Vos accusateurs sont souvent ceux qui se grisent de télévision et de cinéma et portent sur leurs oreilles, à longueur de journée, une paire d’écouteurs diffusant des musiques braillardes, poisons pour leurs tympans mais aussi pour leur âme !

Lorsque vous aurez atteint dans votre corps un état de pureté durable pour plaire au Père, ne vous dispensez pas de la Sainte Confession même si certains prêtres vous incitent à espacer ces moments d’humiliation. La Confession fréquente et la direction spirituelle sont les moyens les plus sûrs pour progresser vers Dieu. Sinon, pourquoi Jésus-Christ, Son Fils, aurait-Il donné à Ses Apôtres le pouvoir de remettre les péchés en Son Nom (Cf. Jn 20, 22, 23) ? Prêtres, vous qui êtes accoutumés à recueillir les confessions des hommes, ne refusez pas de pleurer sur les Souffrances du Christ causées par le péché ni de vous extasier sur Sa Miséricorde lorsque vous donnez la sainte absolution. Sachez orienter l’âme pécheresse et la mettre en confiance entre les mains du Seigneur. Mais ne rabrouez pas les âmes qui n’ont que peu de fautes à confesser : il n’est pas seulement comme péché l’impureté du corps, même si cette faute figure parmi celles qui peuvent déplaire le plus au Seigneur ! Ne brusquez pas l’âme qui s’humilie, prenez le temps de l’écouter et interrogez-la. Tentez de trouver la faille par laquelle le Démon peut s’infiltrer, et si l’âme se réjouit de ses propres progrès, si elle rend grâce à Dieu de n’être point aussi pécheresse que les autres, enseignez-lui que c’est par les mérites du Seigneur qu’il en est ainsi et qu’elle ne doit ni ne peut en retirer aucun mérite ni aucune gloire.

Accueillez les âmes humbles et sincères avec compréhension et bonté et réjouissez-vous si elles aspirent à la sainteté. Si vous-mêmes sentez parfois qu’elles sont plus avancées que vous ne l’êtes, soyez-en heureux et rendez grâce au Seigneur de les avoir placées sur votre route ou sous votre direction. Sachez reconnaître en elles la Lumière du Seigneur, la simplicité de la Parole, la puissance de la foi et, dans une grande humilité, enrichissez-vous à leur contact. Mais ne perdez pas de vue, chers ministres du Seigneur, que, par votre sacerdoce, Dieu vous a confié des pouvoirs surnaturels qu’une âme, fût-elle élevée jusqu’au pied du Trône, ne possède point si elle n’a reçu l’Ordination Très Sainte. Car vous êtes les récipients qui recueillent l’Eau Pure, vous êtes les foyers où brûle la Flamme, vous êtes les racines qui conduisent la Sève, et sans vous, la Sainte Église ne posséderait plus la Présence Réelle du Sauveur !

Au lieu donc d’exercer votre ministère comme un métier ordinaire et d’amputer l’Église des bienfaits spirituels dont Dieu l’a comblée, au lieu de « démocratiser » et de « socialiser » la foi et le culte en les dépouillant de leur caractère sacré et de leur vérité unique, vous qui parfois osez nourrir du Corps même du Christ des personnes dont vous savez que leur situation ne les y autorise pas – parce que vous ne voulez pas les voir se détourner de la foi et déserter la Messe dominicale -, retrouvez votre rang et votre dignité de prêtres de Dieu ! Ayez la charité pour aider ceux qui sollicitent votre direction mais ne vous laissez pas convaincre de traîner dans la boue le Corps du Christ !

Les consciences sont aujourd’hui trop élastiques, et le Démon possède sur elles une telle emprise qu’il les persuade que, malgré leur impureté et leur souillure, elles peuvent, après une contrition passagère marmonnée du bout des lèvres, se nourrir de l’Eucharistie ! Le plus grave n’est-il pas, alors, que des prêtres de bonne foi soient eux aussi persuadés, dans leur soif de charité, qu’il s’agit là d’un moindre mal ? Nul ne peut aller au bien par le mal et le péché. Sachez donc que cette nourriture, qui est un sublime remède pour les âmes pures, n’est autre qu’un poison pour les autres. Est-ce à dire que l’âme doive se priver du Corps du Christ si elle n’est pas en état de Grâce ? Bien sûr ! Et cela n’est pas un conseil mais l’ordre du Très-Haut. Recevoir le Corps du Christ n’est pas une question de conscience laissée au choix de chacun ! Une âme en état de péché ne doit pas se nourrir du Corps du Sauveur si elle ne s’est délivrée de son péché par la Confession et n’a rompu les liens qui la retiennent à ce péché. Si elle ne le peut provisoirement et en retire une souffrance, qu’elle s’en réjouisse et qu’elle se délivre de son mal dès qu’elle le pourra. La santé de l’âme n’est-elle pas, en effet, mille fois plus précieuse que la santé du corps ? Le Sauveur n’a-t-Il point livré Son Corps à l’Agonie et à la Mort pour que triomphât la Vérité ?

Ressaisissez-vous, frères qui restez dans l’impureté et l’absence de Confession ! Vous vous offusquez de la sévérité de la Sainte Église, mais comment pourriez-vous avoir confiance dans une religion où chacun ferait sa propre loi selon sa propre conscience ? Le Ciel est à l’opposé de l’anarchie spirituelle, et si cette dernière vous convient, ce n’est pas le Royaume qu’il vous faut ambitionner ! Si votre âme, au contraire, possède la Grâce et la paix, continuez souvent à vous humilier : vous prendrez alors davantage conscience de vos manquements du passé et des souffrances que le Christ a dû subir pour les effacer, et vos imperfections vous causeront une plus vive souffrance. Vous souffrirez aussi de tous vos manquements présents et de votre oisiveté, car, à vos yeux, chaque jour ne vous suffira plus à satisfaire complètement le Seigneur, tant vous aurez conscience de Ses exigences à votre égard !

Vous Lui offrirez tous vos actes, tous les instants de votre vie et, humblement, vous tenterez de pratiquer autour de vous la charité avec le sourire et de garder sur vos lèvres le chant d’Ave incessants offerts à Marie pour le salut du monde.

Faites en vous la paix et conservez-la durablement. Vos frères du Ciel s’unissent aux anges et aux Puissances d’En-haut pour vous inciter à suivre le Chemin qui conduit à Jésus et à Son Père par Marie.

+ Vos frères dans la Vérité