Message du 29 octobre 1989

Bien chers frères,

Quand comprendrez-vous que vous devez vous montrer humbles face au Seigneur ? Ne vous laissez pas corrompre par cet esprit d’exaltation que l’on rencontre à présent si souvent et qui nuit au recueillement nécessaire à l’écoute de la Voix de l’Esprit Saint à l’intérieur de vous. Craignez le Seigneur comme l’on craint un père juste, et craignez Son courroux, vous qui vous entêtez dans votre orgueil, dans votre suffisance, dans votre hypocrisie !

N’écoutez pas le faux esprit qui se complaît dans les discussions stériles sur l’Évangile et sur la foi, les dissections de textes, les réflexions spirituelles oiseuses, mais tournez-vous vers Dieu en pratiquant l’introspection et l’oraison. Dépouillez-vous de toute mauvaise pensée, de tout souci matériel, de toute forme d’orgueil ; coupez les liens qui vous retiennent au mal et pénétrez en vous-mêmes en reconnaissant humblement que vous êtes pécheurs.

Si vous désirez savoir si vous êtes sur le bon chemin, sachez que plus vous vous trouverez de défauts, plus vous vous reconnaîtrez pécheurs, plus votre cœur souffrira de ces imperfections, et plus le Seigneur agira en vous. Celui qui ne connaît pas bien le Seigneur ne peut que se comparer à ses frères, c’est-à-dire à l’imperfection. Mais celui qui a entrevu la Lumière souhaite de tout son cœur de la rejoindre et, au fil de sa progression, se découvre petit à petit de nouvelles imperfections, comme une pièce fermée où la poussière n’est point visible fait horreur à la maîtresse de maison lorsque y pénètre la lumière. Car la lumière met à jour toutes les imperfections, jusqu’au moindre grain de poussière.

Éclairez donc votre âme, bien chers frères, avec la torche vivante de l’Amour de Dieu dans la Confession, et voyez comme vous êtes poussiéreux, sales, imparfaits, orgueilleux, égoïstes, susceptibles, peu charitables, méchants, violents, paresseux, impurs, jaloux, mesquins, petits !

Vous allez à la Messe chaque dimanche : pourquoi donc ? Parce que cela se fait ? par tradition ? pour y montrer vos nouvelles acquisitions vestimentaires ? pour y rencontrer des amis, des connaissances ? pour gagner le Ciel un jour ? Certes, vous marquez un point par rapport à ceux qui n’y vont pas, mais sondez donc votre cœur ! Depuis combien de temps n’êtes-vous pas allés à confesse ? Y avez-vous été sincères jusque dans les moindres détails ? Vous êtes-vous humiliés devant Dieu en confiant au prêtre les délires de votre imagination, les horreurs de vos actes, et le peu d’efforts que vous accomplissez pour vaincre vos faiblesses ?

Ah ! frères, n’êtes-vous donc que des pharisiens ? Le Seigneur n’est pas venu pour vous dessiner une religion sur mesure mais pour tous vous plonger dans le moule de Sa Perfection. Les discussions, les séminaires, les réunions, tout cela ne sert pas à grand-chose. Il faut parler de Dieu et vivre de Dieu dans son cœur ! Le Seigneur habite le cœur des petits et des humbles et ce sont eux qui Le comblent de joie.

Vous qui aimez à disserter sur Dieu et qui détruisez tout l’aspect affectif qu’engendre la relation unique de Communion à Son Corps et à Son Sang ; vous qui parlez sans savoir alors que vous prétendez tout connaître ; vous qui parlez d’autorité parce que vous possédez des diplômes qui vous donnent de l’importance aux yeux du monde ; vous qui êtes au contact des jeunes et désirez utiliser, pour enseigner la catéchèse, les mêmes procédés que ceux qui font déjà leur ruine dans les écoles ; vous qui êtes si sûrs de vous à cause de votre renommée, prenez garde car vous êtes en train de détruire l’esprit d’enfance, la foi du cœur, la religion aimée de Dieu !

Les églises se vident parce que nombre de prêtres ne font plus l’admiration de leurs ouailles. Ne recherchant plus la sainteté dans leur vie de tous les jours à travers la pauvreté, la chasteté, l’obéissance à l’Église romaine, le recueillement, la disponibilité pour une diffusion inlassable de la Parole de Dieu sous l’inspiration de l’Esprit Saint, ils revendiquent aujourd’hui le droit d’être en tout des hommes comme les autres, et, en premier lieu, le droit à l’anonymat vestimentaire, comme s’ils avaient honte d’être des hommes de Dieu. Ils défendront leur point de vue en vous affirmant qu’une tenue laïque impressionne moins et porte davantage les gens à la confidence, mais sur ce point, nous qui voyons dans les âmes de la société tout entière pouvons vous affirmer, chers frères, exactement le contraire !

Ces prêtres revendiquent également le droit de « travailler » moins et de prendre des congés, comme si leur sacerdoce se réduisait à un métier ! Ils n’aiment pas entendre parler de révélations ni de mystique de crainte de se laisser entraîner loin de leur bien sécurisante matière. Ils veulent « vivre leur vie », aller au spectacle, au café, pratiquer le sport, sortir, organiser des manifestations qui n’ont bien souvent aucun rapport avec la foi. Enfin, trop souhaitent aussi prendre femme – quand ce n’est point déjà fait… – considérant que c’est chose nécessaire à qui doit conseiller des couples pour leur vie conjugale. Quel sacrilège ! Quelle incompréhension ! Est-il nécessaire au médecin d’éprouver les symptômes de ses patients pour pouvoir les guérir ? Nous vous l’affirmons haut et clair : ceux qui se rangent parmi ces hommes égarés ne possèdent plus ni l’Esprit Saint ni la véritable foi et détruisent l’Église !

Combien vous devriez prendre modèle, chers frères, sur le Publicain de la Parabole, lui qui n’ose pas lever les yeux au Ciel tant il a conscience de son indignité ! Car aujourd’hui, pour vous, plus rien n’est péché. Ouvrez les yeux, chers frères, et sachez redevenir de tout petits enfants qui fuient la corruption du monde et savent s’émerveiller lorsqu’il est question de Dieu, des miracles de Jésus, de la Virginité de Sa Mère, de l’Eucharistie, de la Confession, de la Communion des Saints, et de tant de notions dont on veut vous faire croire qu’elles sont aujourd’hui dépassées… Comme le Seigneur est malheureux de voir le faux esprit engloutir le monde !

Ah ! toute cette jeunesse qui se précipite vers l’abîme sans aucune morale, sans aucune pudeur, en chantant les louanges de la « libération » et de « l’amour » – mais de quel amour !… Si seulement les prêtres savaient se montrer saints, ne pas avoir honte de leur sacerdoce, et prêcher l’Évangile sans compromis ; s’ils savaient faire connaître le Seigneur non seulement par une saine théologie, mais aussi par le cœur et surtout, surtout, par une disponibilité absolue ; s’ils ne rechignaient pas devant la prière et l’adoration ; s’ils se laissaient inspirer par l’Esprit Saint pour enseigner la vraie morale et dénoncer franchement – comme l’ont fait tant de saints ! – les erreurs du monde et les pièges dans lesquels le Démon attend de voir tomber les hommes, alors, chers frères, cette même jeunesse serait tellement impressionnée par la sainteté des hommes de Dieu qu’elle saurait reconnaître en eux Jésus, le Christ Ressuscité ! Car les jeunes ont soif d’idéal, ils ont soif d’un modèle à qui s’identifier. Qu’on leur présente donc Jésus sous Son véritable jour au lieu de Le dénaturer et de Le dépouiller de Sa Divinité !

Lorsque les prêtres prendront conscience de leur véritable rôle, alors l’humanité entière en sera transformée. Qu’il en soit ainsi, chers frères. Priez inlassablement à cette intention.

Que le Seigneur Tout-Puissant vous bénisse.

+ Vos frères dans la Foi