Message du 3 juin 1985

Bien chers frères,

Rien n’est trop beau ni trop simple à la fois pour le Seigneur ! Regardez le château qui se dresse fièrement sur son rocher, ceint de solides murailles, décoré avec goût et orné de richesses : il est le point de mire de toute la vallée et fait la fierté de la ville.

Observez la chaumière cachée au fond des bois : elle est humble, proprette et accueillante. Elle n’attire pas l’attention, ne sollicite pas les visites. Lequel de ces deux bâtiments, chers amis, est, selon vous, habité par le Seigneur ?

Certains penseront qu’un Dieu qui a choisi de s’incarner dans la pauvreté ne peut habiter parmi les richesses et rejetteront l’hypothèse de la forteresse. D’autres ne pourront imaginer un Dieu Tout-Puissant vivant dans une modeste chaumière. Et pourtant…

Lorsque la bataille fait rage, n’est-ce point la forteresse qui défend le village ? N’est-ce point sa richesse qui permet l’achat des armes nécessaires à la victoire ? Soyez donc des forteresses, chers amis, et que dans le monde moderne, vos frères soient attirés par le rayonnement de vos richesses intérieures. Répondez à leurs questions et étonnez-les par votre sagesse et votre générosité. Que l’Esprit Saint en ce temps de Pentecôte soit votre Guide.

Mais soyez aussi des chaumières où, perdu dans la forêt par une nuit de tempête, le visiteur vient s’abriter, attiré par la modeste lumière jaillissant de la vitre mouillée. Soyez des demeures à tout moment et pour tous ! Parfois, vous devrez être aperçus de loin ; parfois, ce sera dans l’intimité et la simplicité que vous pourrez aider vos frères.

Ne vous critiquez point entre vous. Que ceux qui font étalage de leur foi ne soient pas jugés : lorsque brillera le soleil, leur vêtement brillera sur le monde et intriguera les foules païennes, car il n’est rien de trop beau pour le Seigneur. Mais lorsque viendront les ténèbres, ceux qui auront œuvré dans le silence et la discrétion allumeront leurs lampes et accueilleront les pèlerins dans la détresse, car il n’est rien de trop humble pour le Seigneur. Ne jugez donc pas non plus ceux qui œuvrent à leur façon dans le dépouillement pour la Gloire de Dieu.

Que ferait le bâton de l’allumette sans le soufre et que ferait le soufre sans le bâton ? N’est-ce point le soufre qui apporte la lumière et n’est-ce point grâce au bâton que la lumière persiste ? Œuvrez donc à vous rapprocher, frères bien-aimés, sans réticences ni critiques, vous qui partagez la même foi en Notre-Seigneur Jésus-Christ Ressuscité. Ne méprisez personne, ne rejetez personne et œuvrez dans l’amour. Ne laissez pas le Démon pénétrer dans votre cœur et humidifier de son venin l’allumette, car ni le soufre ni le bâton ne seraient plus utiles et la Lumière de Notre Seigneur ne pourrait jaillir.

+ Vos frères du Ciel, qui vous aiment