Message du 23 mai 1985

Bien chers frères,

Restez toujours sur vos gardes face au Mal, et, en fidèles soldats du Christ et de Marie, suivez l’exemple de vos Chefs. Car le Mal est partout et il se cache bien souvent là où vous ne l’attendez point. Le Démon est si fort qu’il arrive toujours à produire sur votre route des concours de circonstances dont le but n’est autre que de vous faire chuter. N’oubliez pas qu’afin d’éprouver votre fidélité, le Seigneur permet que votre âme en état de Grâce subisse les assauts de la tentation. Si elle sait s’en détourner aussitôt, elle vaincra, mais si elle se laisse séduire, elle succombera et souffrira de sa faiblesse.

Ce que nous allons vous dire à présent est très grave. Certains êtres sont saisis par le Démon comme l’eau est saisie par le froid : à l’exemple du lac qui se transforme en un immense bloc de glace paralysant et tuant toute forme de vie aquatique, l’âme que saisit le Diable meurt peu à peu à la Vie Divine, car tous les talents qu’y avait semés le Seigneur s’y trouvent étouffés. À un moment, cette âme est tellement possédée par le mal qu’elle se complaît dans son état. Si par des sacrifices et des prières les êtres qui l’aiment encore n’œuvrent pas pour son salut, cette âme orgueilleuse risque d’être perdue, au grand regret de Dieu !

Frères, vous accordez trop d’importance aux relations humaines dépourvues de lien spirituel. Sachez ne point confondre amour et complicité, altruisme ou charité et égoïsme partagé, acte sincère et acte hypocrite, désintéressement et allure désintéressée. Si vous lisiez dans les âmes, vous seriez surpris par tout le mal qui s’y dépose et par la bonne conscience de nombreux chrétiens qui n’accusent en confession que des péchés secondaires et passent sous silence les péchés graves qu’ils s’estiment en droit de pratiquer…

Oh ! frères, soyez doux, humbles, simples et purs pour recevoir Notre Seigneur ! C’est ainsi qu’Il vous aime. Voyez aux Pays-Bas comme le Mal se déchaîne ouvertement et combien le Saint-Père, qui représente l’Église, est attaqué même par des chrétiens ! Hommes et femmes de peu de foi qui n’avez rien compris à votre Dieu ni à ce qu’Il attend de vous, l’heure est venue de prendre conscience de vos crimes ! Malheur à ceux qui veulent attenter à la valeur des Commandements et au Chef de l’Église de Dieu ! En refusant les Commandements et en clamant ouvertement leur désaccord, en tentant de les détruire, ils prouvent, par leur comportement, la gêne qu’ils ressentent en présence du bien. Cela vient du fait que leur âme est aveuglée et influencée par le Démon ou par ses acolytes. Comment le Pape pourrait-il accepter de légaliser le péché ? Ce serait l’écroulement de l’Église ! Êtres faibles, savez-vous encore ce qu’est l’obéissance ? N’attendez point du Chef de l’Église qu’il devienne le complice de vos anathèmes ! Quand donc comprendrez-vous que Dieu est Toute Pureté et qu’Il ne peut s’acoquiner avec la souillure de certains de vos actes ! Si vous cherchez refuge auprès des démons et vous moquez de la damnation, sachez tout de même que votre Père du Ciel vous aime comme Ses autres enfants et que vous Lui causez une immense peine en rejetant le Nom de Son Fils.

Vous qui ne voulez pas être de ceux qui ont crucifié Jésus, ne continuez pas de le crucifier aujourd’hui encore ! Réfléchissez, hommes et femmes qui vous prétendez « libérés » et qui désirez « libérer » l’Église du Christ ! Voyez vos motivations, vos espérances secrètes. Vous voulez voir l’Église légaliser votre immoralité mais vous n’y parviendrez jamais ! Vous, par exemple, qui souhaitez voir l’homosexualité « normalisée » dans vos sociétés, ne croyez pas que les actes homosexuels seront jamais approuvés par le Saint-Père pour autant (v. 1 Co 6, 18-20). Si vous vous sentez prisonniers de cette tendance et qu’elle vous semble irréversible, évitez plutôt, avec la grâce de Dieu et l’aide des sacrements, de céder aux assauts de tentations aliénantes. Quel drame, en effet, que de pratiquer la fornication tout en continuant à recevoir allègrement le Corps du Christ sans ressentir le moindre sentiment d’indignité ni avoir recours au sacrement de Pénitence ! En vous acharnant à défendre ce qui restera toujours moralement indéfendable, vous êtes de ces « hommes à l’esprit faussé et dont la foi ne vaut rien » (2 Tm 3, 8) ! Mais vous qui souffrez et désirez vous rapprocher sincèrement du Seigneur, sachez qu’il n’est jamais trop tard pour le faire : renoncez à vos actes infâmes puisque c’est cela que le Seigneur réprouve (v. Lv 18, 22 ; 1 Tm 1, 8-11) et aimez-vous en frères, sans concupiscence ni passion*. Restez sains d’esprit et de corps, évitez les lieux malsains et les situations scabreuses qui conduisent à la tentation et au péché, et le Seigneur Miséricordieux viendra vous délivrer si vous implorez son aide et son pardon !

Frères, il est surprenant de voir combien le mal est devenu banalité dans votre société, et comment, petit à petit, il s’y est infiltré et s’y infiltre encore sans trop heurter. Des images et des comportements qui provoquaient le scandale il y a une vingtaine d’années vous laissent aujourd’hui indifférents tant ils vous sont devenus familiers !… Il est temps que les chrétiens réagissent et qu’ils empêchent le ver de ronger les piliers de l’Église ! Car s’il sévit à l’extérieur, il ronge aussi allègrement l’intérieur, discrètement, subtilement pour faire chuter la Tête. Soyez méfiants, frères, soyez prudents ! Le Démon peut se dissimuler partout. Sachez le repérer et parer ses assauts.

De grâce, n’oubliez pas de prier pour le Saint-Père ! Comprenez sa peine : il pardonne aux coupables mais grande est sa détresse. « Mon cœur est plein d’une tristesse de mort ; restez ici et demeurez éveillés » (Mc 14, 34), dit-il avec Jésus aux véritables chrétiens.

Ne rendez pas la violence pour la violence, ni la haine pour la haine, ni la moquerie pour les attaques fielleuses, ni le mépris pour l’arrogance, ni la vantardise pour la vantardise, ni le mensonge pour le mensonge, ni l’escroquerie pour l’escroquerie. Restez forts dans votre foi, dans votre lutte et votre réflexion. Ne vous laissez pas attendrir par le Diable. Restez humbles et priez. Faites le bien autour de vous et ne dissimulez pas vos sentiments. La Loi de Dieu est Une et la fidélité au Pape doit rester votre étendard. Ne soyez pas des traîtres ou des tièdes. Que le Seigneur, Sa Douce Maman et les anges et les saints du Ciel vous aident et vous protègent. La Paix reste avec vous tous.

          + Vos frères dans la Sagesse

 

* La question de l’homosexualité renvoie, chez les chrétiens, à beaucoup de souffrances, de blessures et de drames familiaux. Il est important de maintenir la distinction entre le désir, qui envisage et tend vers une fin, et la pulsion qui est impulsion instinctive à passer à l’acte. Le désir d’être aimé n’a rien de condamnable, bien au contraire. L’amour d’amitié, comme celui du lien conjugal, prend sa source en Dieu, notre Père à tous. Dans la mesure où il est animé par la charité, il peut devenir le lieu où la grâce surabonde. Saint Aelred de Rievaulx (1110-1167), dans son ouvrage L’amitié spirituelle (collection « Vie monastique », Abbaye de Bellefontaine, 1997), montre comment l’amour d’amitié est l’ouverture à l’autre d’un cœur entièrement tourné vers Dieu et permet à l’homme de s’épanouir au-delà de toute convoitise charnelle.