Message du 31 mars 1985

Bien chers frères,

Ne soyez pas des tièdes ! Il vous est absolument nécessaire, dans le monde où vous vivez, de vous laisser totalement guider par l’Esprit Saint et d’ouvrir votre âme à la Vie Divine.

Sans cesse, vous cherchez des excuses à vos péchés : vous accusez la faiblesse de la chair, votre hérédité, votre tempérament, l’influence de votre environnement et bien d’autres choses encore. Comme vous avez mal compris l’Enseignement du Seigneur !

Si vous devez vous montrer doux et charitables, tolérants et compréhensifs vis-à-vis de vos frères et leur pardonner toujours leurs imperfections, vous devez également devenir les porte-parole du Seigneur auprès d’eux et les encourager à la perfection, les reprendre lorsqu’ils chutent et les aider à progresser vers la Lumière.

Vous vous heurterez à la barrière de caractères difficiles, au paganisme et à l’hypocrisie. N’en soyez pas choqués, et poursuivez inlassablement votre mission de pêcheurs d’âmes. Les hommes doivent se réveiller de la léthargie pécheresse qui a envahi le monde. Seules une connaissance de vous-mêmes lucide et impartiale et une réforme de votre être intérieur parviendront à vous débarrasser des liens qui vous rattachent au péché et à établir en vous durablement l’état de Grâce.

De même que les prêtres se doivent d’être fidèles à Jésus-Christ et de respecter les premiers Ses Commandements, les fidèles se doivent, malgré les multiples tentations et occasions de pécher, de suivre le troupeau des disciples avec amour et volonté.

Car le problème, frères aimés, se situe au niveau de la volonté. Les hommes entendent parler du Père et de Jésus-Christ, de la Sainte Vierge et des anges, de Satan et des démons, mais tout cela ne les intéresse plus guère… Chacun désire porter le titre de chrétien – et encore ! – et respecte plus ou moins les fêtes d’obligation, mais les actes de piété ne sont pas souvent accompagnés d’une conviction inébranlable. S’il en était ainsi, le Seigneur aurait une place beaucoup plus importante dans la vie des chrétiens ! Il serait un Ami de tous les instants, un Guide, un Frère Aîné qu’on désirerait suivre fidèlement.

La volonté des hommes se résume en effet à la volonté de vivre dans le monde et de profiter pleinement de chaque chose en conservant une bonne santé physique et mentale. La Croix de Jésus, le renoncement, la vie intérieure, la spiritualité sont aujourd’hui, pour la plupart des hommes, des notions ridicules et dépassées. Certains chrétiens aimeraient s’entendre dire que quoi qu’ils puissent faire, ils seront pardonnés et rencontreront le Seigneur face à face dans l’Autre Vie. Ils voudraient aussi que l’Église soit plus libérale, notamment en matière de sexualité, afin que la vie spirituelle trouve « un juste équilibre » avec une vie charnelle débarrassée de toute notion de péché. Ils voudraient ramener les prêtres au niveau du commun des mortels en leur autorisant le mariage, les plaisirs de la chair et l’exercice d’une profession comme tout le monde. Leur raisonnement est simple : si le prêtre pèche, comment eux qui ne sont pas prêtres pourraient-ils ne pas pécher ? Si le fils ou la fille du prêtre marié sont mal élevés, si l’épouse du prêtre commet l’adultère, comment, dans leurs familles, ces imperfections pourraient-elles ne pas exister ?

L’homme raisonne mal ! Il cherche sans cesse à défendre ses intérêts matériels et oublie ses intérêts spirituels. Vous donc qui avez la volonté de suivre le Seigneur, aidez les hommes à comprendre que la religion chrétienne n’est pas un vulgaire marché avec le Ciel, sinon elle serait dépourvue de toute logique et de tout amour. Or, Jésus-Christ est Amour : Il donne aux hommes Son Amour. Il se livre pour eux chaque fois qu’Il pénètre dans leur cœur à travers l’Eucharistie. Aimez-Le, frères, de tout votre amour.

L’homme ne doit pas partir du principe qu’il est faible et qu’il ne pourra jamais être assez fort pour lutter contre le péché. De même qu’il ne doit pas suivre la tendance moderne qui désacralise tout, rejette les Sacrements, les ornements du prêtre, les bienfaits de l’eau bénite et de la Croix, des médailles et des reliques ! « Puisque je n’ai rien pour me protéger contre le péché, dit l’homme après avoir rejeté toute protection spirituelle, comment pourrais-je ne pas pécher ? ». Ainsi voyons-nous des croyants se dépouiller de leurs médailles – prétextant qu’ils ne se sentent plus dignes de les porter – et cela afin de pécher sans aucune retenue !… Comme ces attitudes sont graves, frères aimés ! Comment ces hommes peuvent-ils prétendre aimer leur Dieu, eux qui commettent tous les actes possibles pour s’éloigner de Lui ?

Ne soyez pas des hypocrites ! Les protections spirituelles que vous sollicitez en portant une médaille ou une relique sur vous, en vous signant ou en récitant une prière alors que vous êtes en tentation, n’ont d’autre but que de vous rappeler, au moment qui précède le péché, l’existence de Dieu, qui est Toute Pureté, de Jésus-Christ et de Sa Très Sainte Mère. C’est à ce moment-là que Jésus peut vous sauver ! La pensée du Ciel est là pour vous prévenir du péché, pour vous empêcher de tomber dans la boue et de vous y rouler avec délectation pendant quelque temps pour devoir vous repentir ensuite. La médaille ou la relique n’ont d’autre pouvoir que celui de vous apporter une pensée du Ciel qui peut vous sauver du péché avant de le commettre. Ôter sa médaille avant de pécher pour la remettre ensuite donne au péché la dimension du refus de Dieu, celle du péché mortel, qui tue l’âme et la noircit en la faisant sombrer dans l’Enfer. Imaginez un soldat qui ôterait sa cuirasse avant de se rendre au combat : le résultat est identique !

Frères, aspirez à la sainteté et soyez honnêtes avec vous-mêmes ! Rapprochez-vous du Seigneur à chaque instant et, si vous chutez, ressaisissez-vous immédiatement. Dites au Seigneur un acte de contrition sincère et n’attendez pas pour aller accuser votre péché auprès d’un prêtre ! Combien l’état de Grâce vous apportera de la force dans vos résolutions ! Appelez à vous l’Esprit Saint : qu’Il vous inspire vos pensées et vos actions et vous soutienne dans les épreuves et le dur combat de la vie sur terre.

Ne rejetez pas le Monde des saints et de vos défunts, qui vous aident et vous consolent, vous aiment et vous protègent en intercédant pour vous auprès de Dieu. Priez pour vos morts qui sont vivants : ils vous le rendront au centuple au fur et à mesure qu’ils seront élevés vers le Père du Ciel. Car l’amour des uns rejaillit sur les autres, les sacrifices des hommes rejaillissent sur l’humanité tout entière par la Co-Rédemption qui est la participation directe au Calvaire du Christ. Sur terre où rien ne se perd et où vos cheveux sont comptés, vivez sainement et n’oubliez jamais que tout ce que vous faites au plus petit d’entre les hommes, c’est à Jésus Lui-même que vous le faites (Cf. Mt 25, 40) !

+ Vos frères dans la Foi