Message du 5 janvier 2019

Mes chers enfants,

Voici venu le temps où vous échangez vos vœux pour une « bonne et sainte nouvelle année ». Mais avez-vous bien réfléchi à ce qu’est la sainteté, et êtes-vous prêts à vous engager dans cette voie de perfection ?

Lorsqu’il est question de ceux que mon Église a déclarés « saints », vous avez tendance à les imaginer parfaits parce que leurs biographes n’ont fait, la plupart du temps, que l’éloge de leurs vertus, et vous pensez que jamais vous ne leur arriverez à la cheville. En fait, si mon Église les a déclarés « saints », c’est parce qu’ils ont su mettre en pratique, dans leur vie, la parole du Père qui exhorte tous ses enfants à la sainteté (cf. Gn 17, 1 ; Lv 11, 44. 19, 2. 20, 26 ; Dt 18, 13 ; Jb 1, 1-3 ; Ps 37, 37) – parole que je vous ai moi-même rappelée en vous disant : « Soyez donc parfaits comme votre Père céleste est parfait ! » (Mt 5, 48). Mais afin que vous ne soyez pas découragés, je vais vous expliquer ce que le Père et moi attendons de vous.

Si, au bord d’une piscine, un papa dit à sa progéniture qui va prendre son premier cours de natation : « Je te confie à ton maître-nageur. Sois un bon nageur, mon enfant ! », il sait que cet objectif ne sera pas atteint tout de suite car tout apprentissage demande du temps et de l’investissement. Le maître-nageur est là pour expliquer, faire des démonstrations, aider, évaluer, encourager, consoler, accompagner l’enfant jusqu’à ce qu’il soit autonome. Parfois, de mauvaises habitudes seront prises, qu’il s’agira de corriger, mais, à force d’entraînement, l’enfant finira par acquérir les compétences nécessaires. Et il pourra même aller jusqu’à faire de la compétition – cela n’étant pas forcément la vocation de tous les bons nageurs.

Ainsi, lorsque je vous dis « Soyez parfaits ! », je ne vous demande pas de l’être sur-le-champ. Votre cheminement sera, en effet, freiné par les infirmités et les blessures de votre nature humaine et l’inclination au Mal, due au Péché Originel. Cependant, sachez que dès votre Baptême, vous avez été unis à moi, purifiés, régénérés et pardonnés de toute souillure grâce à mon sacrifice sur la Croix. Dès votre Baptême, vous êtes devenus enfants de Dieu et vous avez été confiés au meilleur des maîtres-nageurs : l’Esprit-Paraclet, qui a aussi pour nom « Esprit Saint ». Lui seul peut vous conduire à la sainteté sous le regard bienveillant de ma bonne Maman. Si vous écoutez sa voix résonner en vous, vous vous sentirez toujours poussés vers ce qui est bien, vers ce qui est beau et vers ce qui est juste. Il vous encouragera à prier et à fréquenter les sacrements, il vous communiquera ses dons et éveillera en vous la vertu de charité, le sens du partage et même du sacrifice.  Et sachez aussi que s’il vous arrive de faillir et de tomber dans le péché, il vous donnera l’humilité d’aller solliciter mon pardon pour retrouver la grâce en recevant le sacrement de Pénitence auprès d’un prêtre de mon Église catholique.

Le meilleur des maîtres-nageurs, mes enfants sera toujours là pour vous aider, vous encourager, vous corriger, vous consoler, vous accompagner et vous inviter à aller plus loin encore. Mais qui que vous soyez, où que vous naissiez et quelles que soient les blessures que vous portez, la Sagesse veut d’abord que vous commenciez par accepter votre condition sans vous révolter, c’est-à-dire que vous « portiez » vous aussi « votre croix ». Alors, vos souffrances s’en trouveront allégées, ma grâce pourra pénétrer plus aisément dans votre âme, et vous pourrez accueillir, dans la confiance et l’abandon, la voix de votre Maître-nageur pour vous laisser guider pas à pas dans la voie d’une authentique perfection.

L’essentiel, mes enfants, est de toujours regarder vers le haut et de savoir que, même lorsque vous perdez pied, votre Maître-nageur est toujours là, avec vous, pour vous empêcher de couler. Souvenez-vous de Pierre lorsqu’il a voulu me rejoindre sur les eaux (cf. Mt 14, 22-33) : j’ai été là pour le relever parce qu’il s’était laissé déstabiliser par le doute et par la peur. Alors, vous, ne craignez pas !

Comme le père demande à son enfant d’« être un bon nageur » dans le sens d’« apprendre à le devenir », je vous exhorte à « être parfaits » dans le sens d’« apprendre à le devenir » en vous efforçant de cheminer toujours vers le bien. Mais, je vous le dis de nouveau, mes enfants, ne craignez pas, car je suis toujours là pour vous secourir.

Ainsi, ne vous faites pas de fausses idées sur la perfection, car, si d’aventure vous en avez, soit vous vous découragerez, soit vous sombrerez dans l’utopie. Ne jaugez pas la perfection de vos semblables à l’aune de leurs dévotions, des mortifications qu’ils disent s’imposer, ni même – comme je l’ai déjà évoqué – d’une charité ostentatoire qui suscite l’admiration des foules. Car, en vérité, je vous dis que celui qui a une haute opinion de lui-même, qui se met en avant, ou qui juge son prochain en se croyant supérieur à lui s’éloigne de la voie de la perfection et de la sainteté.

Malheureusement, ils sont trop nombreux parmi mes enfants – et même parmi mes prêtres et mes pasteurs – ceux qui s’autorisent cet état d’esprit et croient détenir la Vérité, alors que la vérité qu’ils détiennent n’est autre que leur propre façon de voir les choses. Souvenez-vous une fois encore du Pharisien et du Publicain (cf. Lc 18, 9-14). Combien je préfère cet humble publicain qui baisse les yeux et se sent si imparfait et si fragile à celui qui croit avoir déjà décroché son passeport pour le Ciel ! Car l’humilité, mes enfants, est la condition préalable à la sainteté.

Relisez aussi la parabole du Semeur (Mt 13, 1-53), et labourez convenablement votre champ afin que le bon grain qu’y sème le Fils de l’homme tombe dans une bonne terre. Mais rappelez-vous que, dans ce même champ, l’Ennemi sème aussi sournoisement de l’ivraie, et que vous devez toujours rester très vigilants.

La vie spirituelle, en effet, demande un constant discernement. Elle ne peut s’identifier à un simple bien-être corporel et mental, ou à une sensation passagère de plénitude. Pas plus que les meilleurs maîtres-nageurs du monde ne vous apprennent la natation dans la douceur de bains moussants aux senteurs de santal et au rythme où vos membres relâchés veulent bien se mouvoir. L’effort, le courage, la persévérance, la confrontation avec l’adversité, avec la pauvreté et avec la souffrance font partie des étapes à franchir tout au long d’une vie pour parvenir à la perfection. Et il n’est, en dehors de l’humilité, qu’une seule vertu qui puisse vous permettre de franchir toutes ces étapes et de gagner la victoire : c’est la vertu de charité.

Priez, mes enfants, et ayez une confiance absolue dans votre Maître-nageur. Ne vous laissez pas séduire par les fausses voies spirituelles qui satisfont l’affectivité, les sens, ou même l’intelligence, mais desquelles je suis absent. Ne vous laissez pas séduire par les fausses apparitions, les faux messages et les fausses doctrines qui, s’ils prêchent un amour universel ou une utopique perfection, éloignent en même temps peu à peu leurs adeptes de l’obéissance à mon Église et de mon enseignement. Ne vous laissez pas prendre dans les rets d’une liberté fallacieuse qui éloigne de la prière et des sacrements. N’écoutez pas ceux qui vous disent que le « péché » n’est qu’un terme vieillot appartenant à un langage judéo-chrétien culpabilisant, et que la Confession n’est plus d’actualité ni d’aucune utilité. N’écoutez pas ceux qui vous disent que l’enfer a été inventé par mon Église pour mieux asservir les âmes au cours des âges et les conserver sous son emprise.

Le Démon se déchaîne aujourd’hui sur la terre et séduit sournoisement toutes les catégories d’individus sans exception. Ceux qui n’ont aucune vie spirituelle et qui se moquent de moi et de ma Mère lui sont, la plupart du temps, déjà acquis. Mais vous, mes enfants, qui désirez m’aimer et suivre mon enseignement, faites preuve de discernement si vous voulez éviter ses pièges, car c’est surtout à vous qu’il s’attaque à présent. Consultez des prêtres à la doctrine sûre, fréquentez les sacrements et faites des lectures spirituelles. Évitez les situations malsaines, et priez et jeûnez. Voyez comment les saints que vous admirez ont mené, à travers leur vie, le bon combat, et imitez-les. Placez-vous sous la protection de ma sainte Mère, et elle vous élèvera comme elle m’a élevé.

Au seuil de cette nouvelle année, votre Seigneur frappe à la porte de votre cœur. Accueillez sa paix et son amour, et conservez-les durablement sur votre chemin de sainteté.

Je vous bénis,

      Jésus

 

Nihil obstat : Abbé Marc-Antoine Fontelle
Imprimatur : + Mgr Gilbert Aubry