Un souffle qui passe...

Message du 5 novembre 1987

Bien chers frères,

Combien de questions vous vous posez encore au sujet de la mort et de la « résurrection de la chair » ! Ne soyez pas inquiets, car telle est la vérité : vous ressusciterez, et nous allons vous dire comment (1).

Si votre chair était incorruptible comme le fut la chair de Jésus ou celle de Sa Vénérable Mère, la Très Sainte Vierge Marie, qui jamais ne s’est laissé ternir par le péché, votre corps deviendrait à votre mort directement semblable au Corps Glorieux du Christ. Or, il n’en est rien car votre corps de chair est un corps de péché que vous devrez abandonner malgré vos réticences. « Oui, nous qui sommes dans cette tente, dit l’Apôtre Paul, nous gémissons, accablés ; nous ne voudrions pas en effet nous dévêtir, mais nous revêtir par-dessus, afin que ce qui est mortel soit englouti par la vie » (2 Co 5, 4). Cependant, « la chair et le sang ne peuvent hériter du Royaume de Dieu » (1 Co 15, 50) et votre enveloppe charnelle retournera à la terre pour s’y décomposer. Lorsqu’il est question de « résurrection de la chair », il doit alors être évident qu’il ne peut s’agir de la chair de votre corps mortel.

Quand l’être humain pénètre dans l’Éternité, il n’est plus habillé de son enveloppe charnelle : « l’homme extérieur » s’en va « en ruine » (cf. 2 Co 4, 16) alors que « l’homme intérieur » continue d’exister : imprégné de cette « tunique » (cf. Gn III, 21) qu’il vient de quitter, il en conserve comme l’apparence, mais une apparence de nature éthérée, qui n’a pas encore atteint sa dimension définitive de gloire.

Libre de ses attaches charnelles, il doit d’abord se purifier de toutes les imperfections qu’il a contractées dans la chair avant que de pouvoir entrer au Ciel. « Car il faut que tous nous soyons mis à découvert devant le tribunal du Christ, pour que chacun recouvre ce qu’il aura fait pendant qu’il était dans son corps, soit en bien, soit en mal » (2 Co 5, 10). Cette prise de conscience réelle de ses fautes dans le moindre détail à la lumière de la Vérité conduit alors l’homme à un grand désir d’expiation. Comme nous vous l’avons expliqué dans un précédent message (2), cela ne va pas sans de grandes souffrances. Mais ces souffrances sont acceptées parce que l’âme sait qu’à l’issue de son calvaire se trouve la Lumière de Dieu.

Comme sous l’effet d’un remède qui guérirait des cellules malades, l’enveloppe terne et sans consistance de l’âme repentante se prépare alors petit à petit à accueillir totalement la Lumière. Au fur et à mesure que le feu de la Grâce consume ses imperfections, l’âme brûle d’un désir plus intense de pénétrer dans le Ciel de Dieu. Alors, lorsque la dernière scorie du péché a disparu, lorsque l’âme pécheresse veut totalement s’abîmer en Dieu, lorsqu’elle reconnaît humblement que l’Éternité ne lui suffirait pas pour racheter toutes ses fautes et tous ses manquements, et que c’est principalement par les Mérites de Jésus-Christ qu’elle obtient son salut, alors, il se produit comme un éclatement à la lumière du Ciel : à l’image d’une réaction chimique, l’enveloppe éthérée soudain imprégnée de lumière devient corps glorieux. La souffrance occasionnée par la séparation d’avec « l’homme extérieur » disparaît : Dieu ressuscite l’homme intégralement pour l’accueillir en Son Royaume. Au Ciel, l’homme devient total dans la Perfection de Dieu. Il est âme, esprit, et corps de lumière. « Et de même qu(‘il a) porté l’image du terrestre, (de même il porte dans l’Éternité) l’image du céleste » (1 Co XV, 49). Mais il ne faut pas croire que son « nouveau » corps soit pour lui une gêne dans la mesure où, défini en quatre dimensions, il possède la légèreté de la plume, la vélocité du vent, l’invulnérabilité du roc et bien d’autres qualités que vos sens limités ne peuvent vous permettre encore de comprendre.

Au Ciel, l’Amour de Dieu est ressenti si intensément que l’âme repose dans une paix totale, tout en pouvant s’enquérir de la vie de ses parents et amis de la terre et s’attrister de leurs péchés. Mais au lieu d’une tristesse négative comme en éprouvent tant d’hommes sur la terre, ce sentiment se mêle d’un amour immense qui monte jusqu’à Dieu solliciter la pitié et le pardon dans la plus vive prière… C’est ainsi que les âmes du Ciel et même du Purgatoire peuvent intercéder pour vous efficacement auprès de Dieu – Dieu qui est encore un immense mystère dans les Premières Demeures du Ciel, tant restent aveuglante Son indescriptible Lumière et majestueux Son incommensurable Amour. Cependant, Il est Présent, et chacun est conscient de vivre de Lui, par Lui, et de rayonner de Sa Lumière ; conscient de partager Son Amour et de ne pas pouvoir vivre en dehors de Lui. Ah ! frères, si vous pouviez voir les merveilles que Dieu réserve à Ses élus, combien vous vous mettriez promptement au travail afin d’hériter un jour des Demeures éternelles ! Qu’Il soit loué à jamais pour Ses bontés !

Que Dieu Tout-Puissant vous bénisse, chers frères dans le Christ, et qu’Il vous donne la force et le courage de vous éloigner du péché et de la tentation afin que, forts de votre « homme intérieur (renouvelé) de jour en jour » (2 Co 4, 16), vous puissiez accéder, dans la joie de la résurrection, à Son Royaume de Gloire.

+ Vos frères dans la Pureté

 

(1) L’Église affirme la résurrection des morts, mais elle ne s’est pas prononcée officiellement sur ses modalités.
(2) v. Message du 11 octobre 1981, in Un Souffle qui passe…, Tome 1.