Message du 6 septembre 2018

Mon fils,

De façon périodique, à travers les siècles, mon Église a subi les assauts du Démon. L’esprit révolutionnaire, qui fut celui-là même de l’Ange rebelle, continue aujourd’hui de répandre le doute, la contestation et la destruction au sein de cette même Église, et cela m’est particulièrement douloureux.

Depuis de nombreuses années déjà, mes enfants ne sont plus éduqués convenablement dans la foi par leurs parents chrétiens, qui, de plus en plus, démissionnent, faute d’autorité.

Depuis des années, la catéchèse pèche par son horizontalité sous l’effet de l’esprit moderniste, qui l’a dépouillée de toute transcendance.

Depuis des années, nombre de mes prêtres sont de moins en moins à l’écoute des âmes en recherche et ne répondent plus à leurs appels lorsque celles-ci sollicitent leur aide. Plutôt que de les recevoir, ils ferment trop souvent boutique, s’adonnant parfois, à la place, à des loisirs très peu honorables. Parmi eux, beaucoup ne disent plus leur bréviaire et, ne se tournant plus vers moi à plusieurs moments de la journée, ils se laissent happer par les pièges du monde, dont ils deviennent les esclaves et les pauvres victimes.

Âmes déboussolées en soif d’amour, nombre d’entre eux n’écoutent plus ma voix leur parler au tréfonds de leur cœur, les encourager, et leur dire que je les aime. Alors, isolés et affaiblis par une aridité spirituelle, qu’ils entretiennent chaque jour, ils se laissent séduire par le Prince des Ténèbres et vont jusqu’à sombrer entre les griffes d’amours illicites dans la clandestinité. Lorsque leurs turpitudes, soigneusement dissimulées, sont parfois dévoilées, elles sont autant de scandales qui portent atteinte à mon Église tout entière.

Si tu savais, mon fils, combien l’impureté et la perversité l’ont envahie, cette Église, et combien de profanations de mon Corps et de mon Sang s’y produisent chaque jour ! Des actes d’une ignoble bassesse y sont commis, et moi, l’Hôte silencieux, je ne puis qu’entendre résonner inlassablement les paroles que j’ai prononcées sur la Croix : « Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu’ils font ! » (cf. Lc 23, 34)

Parmi mes consacrés, religieux ou laïcs, hommes et femmes, beaucoup ont aussi perdu le sens de l’Église et se placent dans l’opposition. Ils rechignent à prier la Liturgie des Heures, prétextant que c’est du temps perdu. Mais ils n’ont pas compris, ces membres de mon Corps, que c’est avec moi qu’ils ont rendez-vous plusieurs fois dans la journée, et que, s’ils ratent ce rendez-vous, je ne pourrai plus mettre dans leur cœur les dispositions nécessaires leur permettant de servir mieux encore leur prochain.

Combien de prêtres, de religieux et religieuses – même parfois de pasteurs – jugent mon Église et se permettent de remettre publiquement en question les fondements mêmes de la foi, ses dogmes et sa hiérarchie, qu’ils devraient, au contraire, s’évertuer à défendre avec zèle. Et, lorsque de bons chrétiens osent les contredire, ils les traitent de « brebis bêlantes inféodées à Rome », et les accusent de semer la division par leur manque d’ouverture et de tolérance.

Cet esprit revanchard, mon fils, reste le même : c’est le faux esprit, celui de Lucifer, le Révolutionnaire, qui sait toujours se déguiser en Ange de Lumière pour séduire, tromper, et semer le doute et la division. Et c’est lorsqu’un royaume est divisé contre lui-même qu’il risque de se désertifier (cf. Mt 12, 25).

Les personnes consacrées dont je te parle se laissent berner bien imprudemment par le démon de l’orgueil, et toujours sur le même schéma. La charité qu’elles montrent aux yeux de tous de manière ostentatoire est, certes, sincère – et je ne pourrais que me réjouir de voir tant d’amour au service des plus pauvres, tant d’activisme pour sauver les plus faibles, tant de sourires radieux pour encourager les plus souffrants, tant de mains tendues pour aider, tant de soins prodigués aux malades – mais, devant les journalistes ou dans les ouvrages qu’elles osent écrire, ces mêmes personnes, avec beaucoup de suffisance, sèment le doute et la zizanie au sein de mon Église, qui est aussi la leur. C’est pourquoi je te le dis, mon fils, quiconque affirme m’avoir choisi simplement par désir d’absolu sans choisir aussi mon Église et sans se placer dans l’obéissance manque de cette vertu fondamentale que seuls les saints possèdent, et qui se nomme « humilité ».

Voici comment les choses se passent habituellement : ces personnes consacrées, dont le témoignage se veut très convaincant, suscitent, bien évidemment, l’admiration de mes brebis, qui, ensuite, les rejoignent sans résistance dans leurs critiques sur le Magistère, la hiérarchie, le respect des dogmes, l’obéissance, et toute une série de revendications en faveur de l’accès à la Communion des personnes vivant en concubinage ou séparées après un mariage religieux et vivant avec un nouveau conjoint, en faveur de la pratique de l’homosexualité, et même du mariage des personnes homosexuelles sous prétexte qu’elles s’aiment, en faveur de l’accès des femmes à la prêtrise et de l’administration des sacrements par de simples laïcs – pour n’en donner que quelques exemples.

Ces personnes, très utopistes, ne peuvent concevoir que, comme toute société a besoin d’une hiérarchie, de règles, de repères et de garde-fous pour ne pas sombrer dans l’anarchie, mon Église terrestre en a besoin aussi pour conserver le dépôt de la Foi et ne pas tomber dans le relativisme. Même la vertu de charité nécessite du discernement. Mon fils, l’homme qui saute à l’eau – alors qu’il ne sait pas nager – pour aller sauver son frère qui se noie, n’est pas un modèle de charité !

Mon Église est sainte et elle le restera, même si nombre de ses membres en sont un contre-témoignage. Elle s’est développée autour de mes Apôtres et s’est, au fil des siècles, enrichie de générations et de générations de martyrs, de fervents pasteurs et de saintes ouailles. Les Écritures Saintes en sont le fondement. Moi qui suis l’Amour et la Vérité, je m’en suis aussi nourri, et je les ai méditées sans y enlever un iota. C’est pourquoi l’arrogance qui pousse certains à les remettre en cause et à remettre en cause mon enseignement et celui de tous les saints pasteurs, prêtres et laïcs qui les ont commentées et explicitées vient du Démon, le Diviseur, le Révolutionnaire, le Destructeur, qui veut asséner à mon Église ses derniers coups de boutoir.

La grande mode aujourd’hui est, en effet, de se dire « croyant » mais « non-pratiquant », la plupart du temps par insouciance et par manque d’initiation chrétienne, et à cause des multiples clichés qui tournent en boucle dans la tête des adversaires de l’Église-Institution et ressortent régulièrement dans les médias : les « ravages » de l’Inquisition, les Guerres de religion, les richesses du Vatican, du pape et de ses prélats, le dogmatisme de la religion catholique, l’indifférence et l’hypocrisie de ses ecclésiastiques, qui ne mettent pas en pratique ce qu’ils prêchent, et, aujourd’hui tout particulièrement, les scandales sur la pédophilie.

Les adeptes de cette tournure de pensée ne sont généralement pas hostiles à la spiritualité. Ils se sentent souvent plus proches du Bouddhisme, par exemple, qui n’a pas les mêmes exigences. Beaucoup affirment même croire en moi, mais ils sont allergiques à toute idée d’institution dans le domaine spirituel et rejettent vigoureusement mon Église parce qu’elle se dit « catholique ». Pour eux, toutes les « religions » se valent. Tout n’est qu’une question de sensibilité et chacun doit respecter le ressenti de chacun et faire preuve de tolérance. Ces propos, mon fils, sont le fruit du faux esprit, car le Père et moi sommes Un. Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie, et nul ne va au Père sans passer par moi.

Si les membres du Congrès américain apprenaient de la NASA qu’un énorme météorite allait s’abattre sur leur pays et en ravager une bonne partie, soit ils ne dévoileraient pas la nouvelle afin de ne pas affoler les populations – mais ne manqueraient pas eux-mêmes de s’enfuir avec les leurs -, soit ils la dévoileraient et provoqueraient alors un exode massif vers les autres pays. Vaut-il mieux taire la vérité et laisser périr tout le monde, ou bien la dire haut et fort et tenter de sauver tout le monde et pas seulement soi-même et les siens ?

Je suis venu sur cette terre il y a plus de deux mille ans pour inviter les hommes à se convertir, et j’ai même donné ma vie pour la rémission de leurs péchés. Je suis ressuscité au troisième jour et me suis montré à mes disciples. J’ai créé mon Église à partir d’une poignée d’hommes et les ai envoyés proclamer à travers le monde entier la vérité de l’Évangile et un Baptême de conversion (cf. Mt 28, 19). J’ai appelé tous les hommes à l’amour du Père, à l’amour de leur prochain et à l’édification du Royaume de Dieu sur la Terre. Et, pour les fortifier dans cet amour, je leur ai donné mon Corps et mon Sang en nourriture spirituelle, et j’ai mandaté mes Apôtres pour pardonner leurs péchés (cf. Jn 20, 22-23). Tout cela, mon fils, est le fondement même de mon Église. C’est elle et elle seule qui a les paroles de la Vie Éternelle puisque j’en suis la Tête – et mes brebis en sont les membres.

Par ce message, j’appelle le monde entier à comprendre et à rejoindre mon Église comme il rejoindrait une grande famille, dont il se serait éloigné depuis longtemps, comme l’Enfant Prodigue, qui revient vers son père (cf. Lc 15, 11-32). Car tous doivent comprendre que l’Église est mon Corps Mystique (cf. 1 Co 12, 12-13 ; 1 Col 1, 24), et que même si certains de ses membres pèchent gravement, ce Corps n’en conserve pas moins toute sa pureté et toute son intégrité.

Un homme renoncerait-il à aller s’acheter du pain s’il voyait la façade de sa boulangerie détruite par un bombardement mais découvrait qu’à l’arrière, le fournil fonctionne encore et que le boulanger y poursuit sa tâche ?* Je suis ce Boulanger, mon enfant, et je continuerai inlassablement à nourrir les personnes qui auront compris que le fournil fonctionne encore. Je suis ce Boulanger qui appelle ces mêmes personnes à aller clamer aux hommes du monde entier que je peux les rassasier, et que je suis à la recherche d’ouvriers pour travailler à mon fournil !

Je veux que se lèvent des prêtres qui vivent leur sacerdoce saintement. Que leur langage ne reste pas neutre, que leur oui soit oui et que leur non soit non (cf. Mt 5, 33-37). Je veux que lorsqu’ils visitent des familles, ils y parlent de moi, de mon Église et de ses saints. Je veux qu’ils rappellent inlassablement les Commandements, qu’ils invitent à la Confession, qu’ils parlent du Ciel et de l’Éternité. Car vos sociétés sont en train de sombrer à nouveau dans un matérialisme délétère qui affaiblit peu à peu tous les élans spirituels de mes brebis, jusqu’aux plus sincères.

J’appelle mes pasteurs à réagir, à défendre la foi catholique, à prêcher mon enseignement sans compromis, à veiller paternellement sur mes prêtres et sur leurs ouailles afin qu’aucun ne se perde, et à défendre la vie et la famille. Je les appelle à être saints, et, par leur exemple, à susciter les nombreuses vocations sacerdotales et religieuses dont ce pays a tant besoin. Qu’ils retrouvent le sens de la verticalité et de la transcendance, car, sans cela, rien ne sera possible et la foi continuera de s’affadir chez les ecclésiastiques comme chez les fidèles.

Je te bénis, mon fils, ainsi que ton frère spirituel, ton évêque, ton directeur spirituel, vos familles, vos amis, et les pasteurs et prêtres qui soutiennent cette œuvre.

Jésus

 

* v. Message du 30 août 1985, Un Souffle qui passe.., Tome 1.