Message du 8 février 1986

Chers frères,

Le Ciel vous gratifiant de faveurs exceptionnelles destinées à rendre votre esprit perméable aux choses d’En haut, nous sommes tristes de voir combien vous êtes encore attachés au monde des apparences, des fausses valeurs et du mensonge. La privation d’un bonheur, la perte d’un être cher, l’échec, tout cela vous rend malheureux et vous fait souffrir, et, au lieu d’offrir vos souffrances à votre Père du Ciel et de faire Sa Volonté, au lieu d’obéir à Ses Commandements, vous vous éloignez de Lui en cherchant désespérément à forcer une voie, à regagner ce qui a été perdu, à atténuer votre souffrance par des douceurs qui sont souvent empoisonnées.

L’homme qui perd son épouse et va se jeter dans les bras de la première femme qu’il rencontre afin d’atténuer sa souffrance et satisfaire ses désirs charnels soudain inassouvis, mérite-t-il des « circonstances atténuantes » de la part du Seigneur ? Il réagit simplement à un niveau que nous qualifierons volontiers de primaire. Quant à vous, frères chrétiens, il faut savoir si vous n’attendez de la vie qu’un élémentaire plaisir des sens ou bien l’amour, dans la Vérité de Dieu.

Les commentaires que vous ont apportés ces messages sur le Monde Spirituel ont dû vous faire prendre conscience des différentes étapes que l’homme doit franchir entre la terre et le Ciel. Vous qui désirez voir vos bien-aimés de l’Autre Monde heureux, vous n’avez pas suffisamment de confiance en votre Père du Ciel. Amputés du membre de la famille ou de l’ami que vous avez perdu, vous souffrez, participant plus que n’importe qui au sublime Mystère de la Communion des Saints. Mais au lieu de prier, de faire de jour en jour davantage d’efforts pour surmonter votre peine et vous montrer plus doux, plus aimants, plus charitables, au lieu de fréquenter les Sacrements et de vous réformer intérieurement en éclairant votre âme de la Lumière de Vérité – car vous avez, n’est-il pas vrai, tous les éléments pour le faire -, vous préférez, malgré les mises en garde de l’Église, vous aventurer sur les chemins de l’occultisme et des manifestations paranormales…

De grâce, ne vous grisez pas de tous ces ouvrages malsains destinés à vous entraîner dans des expériences douteuses comme celles que pratiquent certains spirites. Ne vous laissez pas séduire par toutes les révélations que peuvent vous faire les mages et les voyantes sur l’être cher que vous avez perdu. Avides de merveilleux, vous attendez impatiemment le signe, l’appel, la bonne nouvelle de votre disparu, et, lorsque vous entendez parler de l’un de ces artistes qui font des démonstrations publiques, ou du cabinet de consultation de quelque médium célèbre, vous brûlez de les rencontrer pour qu’ils vous rassurent et vous apportent la phrase choc, le mot-preuve qui pourra combler votre angoisse.

 

Alors, vous êtes comme le veuf dont nous vous parlions plus haut : vous cherchez désespérément à combler un vide et à atténuer votre douleur. « N’est-ce pas naturel ? » direz-vous. Que trop, chers frères, que trop !… Et quel dommage de vouloir à tout prix rechercher le réconfort plutôt que la Vérité ! Votre attitude ne témoigne pas de l’amour spirituel indestructible que vous devez ressentir pour votre cher disparu mais d’un manque d’amour temporel et palpable que vous désirez combler coûte que coûte…

Si vous aviez en Dieu une infinie confiance, si vous aviez foi dans les Paroles de Vie, si vous suiviez l’Enseignement de l’Église, vous ne chercheriez pas à corrompre la merveilleuse relation qui vous unit à votre disparu dans la Communion des Saints en fréquentant ces personnes que l’Esprit Saint n’éclaire pas puisqu’elles ne reconnaissent pas Jésus-Christ pour Vrai Dieu et Vrai Homme et ne fréquentent pas les Sacrements ! Pourquoi vouloir à tout prix rechercher la spiritualité dans ce qui n’est qu’apparence de spiritualité ? Jugez donc ces arbres à leurs fruits ! Où beaucoup entraînent-ils leurs consultants en dehors de ce « dialogue » fermé et plat avec des disparus dont nul ne peut prouver la véritable identité ? en dehors de ces « appels », interdits par l’Église, auxquels se livre l’âme curieuse – appels qui, peu à peu, fascinent et empêchent de progresser vers Dieu ?

Quel est votre seul Maître, frères ? N’est-ce pas Jésus-Christ ? Alors, méfiez-vous des faux prophètes qui profitent si habilement de votre malheur pour vous attirer dans leurs filets et vous éloigner du pur Enseignement de Jésus-Christ. Même si ces personnes vous semblent désintéressées et pleines de charité, même si leur cœur vous paraît bon, méfiez-vous ! Car les élus eux-mêmes peuvent s’y laisser prendre, dit Jésus (cf. Mt 24, 24). Intérieurement, vous percevez qu’il n’est pas bon de consulter ces personnes, mais vous vous débarrassez bien vite de ces « scrupules », les attribuant à la rigueur de votre éducation religieuse d’autrefois. Alors, prétextant que chacun a aujourd’hui le droit de « se faire une opinion », prétextant encore quelque intérêt pour le paranormal, vous vous laissez tenter…

Combien vous êtes naïfs ! Souvenez-vous du saint Curé d’Ars ou de Padre Pio. Ne se sont-ils pas opposés farouchement aux pratiques spirites ? Les démons, en effet, sont si puissants qu’ils peuvent tout imiter : l’apparence de vos défunts, leur voix, leur écriture. Ils peuvent vous transmettre certaines vérités pour ensuite mieux vous séduire et vous rendre dépendants de communications qui sont souvent le fruit d’une véritable supercherie spirituelle. Le Démon aime à faire souffrir, mais souventes fois il utilise aussi la séduction pour parvenir à ses fins et détourner les fils de Dieu de la vraie foi. Frères aimés, soyez donc très prudents, et, de grâce, éloignez-vous des faux prophètes !

« Mais comment savoir si ce sont de faux prophètes ? demanderez-vous. Ces personnes font tant de bien et redonnent aux hommes dans la peine tant d’espoir… ». Ingrats que vous êtes ! Jésus, le Christ, ne l’a-t-Il point fait avant eux, et d’une manière plus concrète ?

Un jour, deux personnes vous proposent un tour du monde : la première pour une somme relativement importante et parfaitement conforme aux tarifs en vigueur, la seconde pour un prix dérisoire incluant pourtant le même itinéraire. Dans le premier cas, vous êtes réellement participants, vous prenez l’avion, le bateau, vous marchez et peinez sous le poids d’un sac à dos, mais vous goûtez moult expériences enrichissantes. Dans le second cas, votre participation ne demande aucun effort : vous vous affalez dans un fauteuil et gardez les yeux rivés à un écran de cinéma. Peut-être voyez-vous de beaux paysages et visitez-vous de magnifiques monuments, mais il n’y a de votre part aucune participation, aucune expérience réelle, aucune joie d’avoir vaincu par l’effort. Tout cela est très beau, mais ce n’est pas réel, ce n’est pas vrai ! Vous ne pourrez jamais dire sans mentir : « J’ai fait le tour de monde ! »

Il en est de même pour nombre de messages de l’au-delà qui peuvent n’être que séduction et illusion. En revanche, la certitude intérieure que vos disparus sont vivants et la communion intime qu’ils peuvent établir avec vous dans l’amour depuis l’Église du Ciel ne peut être illusoire. Lorsqu’il est question de la force de l’amour et de l’échange entre les cœurs, cela ne saurait se cantonner à des pratiques ou à des techniques ! Oui, vos aimés vous parlent et vous supplient de vous rapprocher de Dieu ! Par une sincère et radicale réforme intérieure et en développant votre esprit de sacrifice, votre spiritualité grandira et votre amour sera plus fort et plus vrai : se dépouillant de sa mièvrerie et de son égoïsme, il revêtira les couleurs de l’Éternité et, déjà, vous goûterez, dans le Christ, aux délices de la Communion des Saints, prélude aux ultimes retrouvailles !

Les véritables « messages » du Ciel ne peuvent être communiqués qu’aux êtres choisis par Dieu pour leur pureté de cœur et d’âme. Ceux que Dieu choisit parmi les païens se convertissent. Ceux que Dieu choisit parmi les chrétiens voient leur foi grandir et leur âme croître en sainteté et en sagesse : ils se détournent avec prudence et détermination des fausses révélations et la fausse mystique et, Dieu inspirant leur cœur, ils proclament la fidélité à l’Église et la pratique des Sacrements comme les conditions essentielles du Salut Éternel. Ils savent la grandeur de la Miséricorde Divine et encouragent leurs frères à faire grandir dans leur cœur l’amour qu’ils ressentent pour Dieu et pour leurs aimés de l’Autre Monde, qui partagent dans une vraie tendresse toutes leurs joies et toutes leurs peines… Ils savent aussi qu’en offrant pour eux des sacrifices au Seigneur, de l’Église Souffrante, où ils peuvent encore se trouver, ils passent plus aisément dans l’Église Triomphante, celle du Ciel.

Que préférez-vous, amis ? L’illusion réconfortante ou la vérité ? Lorsque Dieu éclaire une âme, si cette âme se donne à Lui sans réticence, il l’éloigne des dangers de la fausse mystique et du spiritisme, et l’éduque à la foi de l’Église. Frères, combien il est nécessaire à toute âme mystique de rester humble et d’obéir aveuglément à son directeur spirituel, se détournant des artifices du démon et de l’illusion ! Recherchez, amis, la vérité dans une relation toujours plus intime avec Dieu et chaque battement de votre cœur fera grandir votre foi, votre espérance et votre charité. Préférez la lecture des vies et écrits de saints à celle des ouvrages occultes, qui portent la marque du Séducteur. Œuvrez au sein de l’Église, et si Dieu met sur votre route des signes alors que vous marchez à Sa suite, réjouissez-vous et rendez-Lui-en grâce. Changez de vie : ainsi seulement pourrez-vous être réellement secourables, à travers la Communion des Saints, à vos frères de la terre et à ceux qui, parmi vos défunts, peinent en Purgatoire.

+ Vos frères dans la Communion des Saints