Message du 8 novembre 2021





Frères,

Je vous ai récemment parlé du pouvoir que peut avoir sur vos esprits l’accoutumance en vous montrant combien des phénomènes de société qui, au début, choquent les gens, finissent, au bout d’un certain temps, par entrer dans les mœurs et ne plus déranger personne… C’est ainsi qu’agit Satan, le Destructeur, pour endormir les consciences, banaliser le péché en le faisant entrer dans les habitudes sociales, et, à terme, faire revêtir au mal l’apparence du bien.

Je ne veux donc pas vous laisser dans l’ignorance au sujet de la fornication, c’est-à dire la pratique de relations charnelles en dehors du cadre du Mariage – sacrement dont Dieu est l’auteur – ni au sujet de l’adultère, c’est-à-dire la pratique de relations extraconjugales dans le cadre du Mariage. Car ces comportements sont aujourd’hui devenus, dans vos sociétés, tellement banaux que même certains chrétiens qui les commettent n’en éprouvent plus la moindre culpabilité.

Vous pouvez imaginer, frères, les causes multiples de tels égarements : égoïsme, convoitise, concupiscence, immaturité, vanité, inconstance, frivolité, irresponsabilité, mais aussi désir de trouver « chaussure à son pied », désir de combler une solitude, désir d’échapper à l’emprise d’un conjoint difficile, désir de découvrir « le véritable amour » – le tout avec autant d’« essais » que nécessaire, évidemment !

Quoique fort répandue aujourd’hui dans vos sociétés anticonformistes, chez les jeunes comme chez les moins jeunes, fornication et adultère sont pourtant des péchés très graves, attendu que le corps de l’homme et celui de la femme sont des membres du Corps du Christ et des temples de l’Esprit Saint, qui habite en eux (cf. 1 Co 6, 15. 19). Ainsi, celui ou celle qui fornique ou commet l’adultère pèche profondément non seulement contre son propre corps (cf. 1 Co 6, 18) mais aussi contre le Corps Mystique du Seigneur Jésus. C’est pourquoi, je l’ai dit, ni impudiques, ni adultères, ni dépravés, ni les gens de mœurs infâmes n’hériteront du Royaume de Dieu (cf. 1 Co 6, 9-10). Je me dois de vous le rappeler ici clairement, car même si de tels comportements finissent par s’intégrer dans les mœurs de vos sociétés, ils n’en restent pas moins répréhensibles pour autant.

Si un garçon et une fille qui se disent chrétiens prétendent s’aimer vraiment, qu’ils commencent par se le prouver à eux-mêmes en se témoignant amitié, respect, affection et même tendresse, mais en s’abstenant jusqu’au Mariage de toute relation qui engagerait directement leurs organes de la génération. C’est là, je le sais, un bien grand sacrifice pour de jeunes hommes ou de jeunes femmes, mais Dieu déversera ses grâces en temps voulu sur ceux qui mettent en pratique ce type de renoncement.

Afin que les jeunes chrétiens célibataires puissent avoir une vie chaste, je leur recommande vivement de ne jamais fréquenter les lieux malsains où, grisés par des musiques sataniques, par l’alcool ou par la drogue, ils peuvent se laisser entraîner à satisfaire sans ambages leurs instincts comme des bêtes en rut. Frères bien-aimés, tout cela n’a rien en commun avec le véritable amour prôné par le Christ Jésus ! C’est pourquoi l’Église condamne sans merci ces comportements immoraux et peccamineux, foncièrement égoïstes, qui, s’ils deviennent habituels chez ceux qui les adoptent, risquent d’être à l’origine d’erreurs de jugement, de destinées gâchées, d’espoirs déçus et aussi – ô malheur ! – de douloureuses séparations et de regrettables avortements…

J’encourage donc les jeunes chrétiens qui décident de vivre ensemble en vue du Mariage, à s’efforcer de rester continents, à apprendre à se connaître, à échanger sur leurs goûts, leurs objectifs, leurs projets matrimoniaux et l’éducation de leurs futurs enfants, sans oublier, bien sûr, le domaine de la foi, qui ne doit pas être mésestimé. C’est pourquoi je les exhorte vivement à partager aussi des moments de prière auxquels les saints du Ciel – à commencer par la Vierge Marie, Mère toute pure de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ – et les êtres chers de leurs familles parvenus dans la lumière pourront être associés dans la communion des saints. Telle est bien l’utilité de la période des « fiançailles », qui ne doit être ni trop brève ni prolongée indéfiniment, car il s’agit d’y considérer la perspective du Mariage avec confiance.

Le véritable amour ne rechigne point, en effet, devant l’engagement – engagement qui se fera pour le meilleur mais aussi pour le pire, dans lequel l’homme et la femme deviendront une seule chair (cf. Gn 2, 24 ;  Mt 19, 3-6 ; 1 Co 6, 16), prêts à fonder une famille en transmettant la vie humaine (cf. Gn 1, 28). Prêts aussi à s’aimer et à se soutenir quoi qu’il puisse advenir subséquemment, et ce, jusqu’à ce que la mort les sépare. Car le bien des époux et de la famille est aussi facteur d’équilibre pour toute société.

Mais comment parvenir à une telle confiance entre époux, signe de la présence du Seigneur Jésus-Christ, quand, au bout d’un certain temps et pour différentes raisons, l’un des conjoints risque de se lasser et de tirer à l’autre sa révérence, ne lui laissant alors que ses yeux pour pleurer ? Sachez, frères aimés, que seule une vie spirituelle de qualité, nourrie par la fréquentation des sacrements et la prière, peut obvier à cette triste éventualité, sinon l’homme risque de se laisser inéluctablement entraîner dans le sens où va le monde et où va la chair.

Il est aussi, outre la pratique régulière de la Confession, à laquelle l’Église convie chacun d’entre vous, une démarche qui peut incontestablement réduire les risques d’échec dans les relations d’un futur couple : celle de procéder, lorsque cela s’avère nécessaire et auprès d’un professionnel qualifié, à la guérison de ses blessures psychologiques – blessures qui se révèlent être bien souvent le ferment de problèmes conjugaux ultérieurs plus ou moins graves, pouvant même aller jusqu’à remettre en cause la validité du Mariage religieux.

Cette démarche thérapeutique, j’entends la conseiller également à tous ceux qui, englués dans des addictions, rongés par des pensées intrusives, plongés dans la dépression ou victimes d’émotions irrépressibles, peuvent se laisser aller à des comportements inacceptables, moralement condamnables et indignes du nom de chrétien. S’ils suivent cette voie de guérison, leur perméabilité à la grâce de Dieu reçue dans le sacrement de Confession n’en sera que plus grande, et les futurs progrès qu’ils feront que plus manifestes et plus encourageants dans leur cheminement vers la sainteté.

Pour les hommes et les femmes chrétiens qui déjà vivent en couple, ont des enfants, mais ne se sont pas mariés devant Dieu, qu’ils s’abstiennent d’aller recevoir le Corps du Christ puisque leur union n’est pas légitime aux yeux de l’Église, et qu’ils s’efforcent d’envisager sérieusement la perspective d’un Mariage catholique, qui leur donnera d’accéder à la communion de cette même Église.

Pour ceux qui, après un premier Mariage à l’église, se sont remis en ménage avec quelqu’un d’autre, qu’ils s’abstiennent eux aussi d’aller recevoir le Corps du Christ lorsqu’ils s’autorisent à avoir des relations charnelles. Car les hommes et les femmes mariés religieusement qui abandonnent leur foyer pour aller en construire un autre ailleurs, quelle qu’en soit la raison, commettent l’adultère s’ils ont des relations charnelles.

Cela pourra vous paraître un tantinet formaliste, frères aimés, mais un Mariage religieux n’est pas un simple mariage civil, qui peut être aujourd’hui contracté et brisé à tout moment par l’un ou l’autre des époux sans plus de façon. Un Mariage religieux est, je le rappelle, un sacrement, où les futurs époux s’engagent solennellement devant Dieu. C’est pourquoi il ne doit pas être pris à la légère – pour satisfaire, par exemple, le désir de porter une robe dont la blancheur ne symbolise aujourd’hui plus grand chose dans la majorité des cas, sinon celle d’une virginité perdue ; ou, encore, pour bénéficier d’une inoubliable cérémonie avec orgue et trompette au grand plaisir de tous – pas plus qu’il ne doit, à l’inverse, les effrayer au point qu’ils décident d’y renoncer.

Cependant, cet état de fait est devenu aujourd’hui tellement courant que cela ne choque plus personne, ou presque. Frères, c’est là que le bât blesse ! Chacun, en effet, affirmant avoir « sa conscience pour soi » et invoquant la force de « l’amour » n’éprouve plus aucune culpabilité à avoir des relations charnelles avec quelqu’un d’autre que sa femme ou son mari légitimes. Or, je vous le rappelle : le véritable amour ne fait rien d’inconvenant, ne recherche point son intérêt et met sa joie dans la vérité (cf. 1 Co 13, 5-6).

Les causes de la séparation des époux légitimes peuvent être multiples : du péché pur et simple de concupiscence poussant à l’infidélité, à des situations inacceptables de discorde, de mensonge, de chantage, de maltraitance et de violence. C’est pourquoi l’Église, dans sa grande magnanimité, offre à ceux et à celles qui ont quitté le foyer conjugal pour des motifs paraissant légitimes la possibilité de faire entendre leurs doléances – doléances auxquelles elle répondra favorablement si elle estime, après enquête en bonne et due forme et par la voix de ses juges ecclésiastiques, que le « premier » Mariage n’était pas valide. Cela signifie que tous les critères qui font du Mariage chrétien un authentique sacrement n’étaient pas présents à ce moment-là. Un Mariage forcé par les parents ou contracté pour respecter des convenances sociales, l’immaturité de l’un ou de l’autre des futurs époux, un refus d’enfant, la dissimulation de problèmes souvent d’ordre psychologique qui se sont révélés ultérieurement nuisibles à une saine entente conjugale, peuvent, par exemple, figurer parmi les motifs recevables.

Que les couples qui sont déjà parents lorsqu’ils accomplissent cette démarche expliquent clairement à leurs enfants que leurs parents resteront toujours leurs parents et qu’ils continueront à les aimer de la même façon même s’ils ne vivent plus sous le même toit. Mais comprenez, frères, que tout ce qui se joue là est fort complexe et doit advenir dans la prière, la compréhension et la charité, chacun veillant à n’abîmer personne. Et comme les enfants, plus tard, entendront jouir de la liberté de se marier avec la personne de leur choix sans forcément obtenir le consentement de leurs parents ou de leur famille, ces mêmes enfants aujourd’hui doivent aussi comprendre le droit qu’ont leurs parents de décider d’une procédure de déclaration de nullité de Mariage sans forcément avoir à obtenir leur consentement.

L’important dans tout cela est de comprendre que Dieu a créé l’homme et la femme pour former une communion de personnes qui se doivent fidélité, et qu’un Mariage religieux ne doit jamais être pris à la légère. Lorsque des Pharisiens s’approchèrent de Jésus pour lui demander s’il était permis de répudier sa femme pour n’importe quel motif, le Seigneur répondit : « Ce que Dieu a uni, l’homme ne doit point le séparer » (cf. Mt 19, 3-6). C’est pourquoi la démarche pour obtenir une déclaration de nullité de Mariage auprès de l’Église doit rester exceptionnelle. Et qu’il soit bien clair, frères aimés, que toute tentative de fraude, de mensonge ou de soudoiement de membres du clergé associée à cette procédure sera sévèrement punie par Dieu au jour du Jugement chez tous ceux qui y auront pris part.

La société ayant aujourd’hui perdu nombre de ses repères éthiques et moraux à cause de médias qui se font les chantres du pouvoir, du sexe et de l’argent, il pourra sembler surhumain à des êtres de chair de ne point suivre l’exemple de personnages publics qui adoptent sans vergogne des comportements licencieux au regard de la foi chrétienne : artistes de tout poil, gouvernants, membres de familles royales, généraux, sportifs de haut niveau, mais aussi professeurs et même hommes d’Église ! – en bref, de personnages qui, autrefois, faisaient l’admiration de tous et servaient aux enfants de modèles de vertus…

L’être humain, en effet, a besoin de modèles, d’hommes et de femmes à admirer. Le problème aujourd’hui est que, derrière les habits, les titres, les décorations, les médailles, les trophées, les bijoux, les couronnes ou les mitres de ces grands personnages, se dissimulent parfois des êtres méchants, impurs, corrompus ou pervers, et le rêve, alors, se métamorphose soudain en cauchemar…

Les montagnes d’informations souvent exagérées ou déformées qui assaillent aujourd’hui vos enfants et vos adolescents via la télévision mais surtout via Internet sont comme des raz-de-marée qui viennent saper leur innocence, et qui peuvent à la longue nuire à leur santé et les conduire à toutes sortes de péchés plus graves les uns que les autres. Parents, vérifiez les sites sur lesquels vont naviguer vos enfants parvenus à l’adolescence et mettez ces derniers en garde, car, sous des dehors parfois anodins, certains de ces sites ont été délibérément créés pour les inciter au mal, à l’impureté, à la haine, à la rébellion et même au suicide. Ils ont été inspirés à leurs concepteurs par Satan et font partie de son plan de destruction de la famille et de la société tout entière.

Parents, protégez vos enfants ! Car pour devenir des adultes équilibrés et fonder des familles harmonieuses, c’est de modèles auxquels ils puissent s’identifier dès leur plus jeune âge dont ils ont besoin : des êtres sains, droits, francs et fidèles, forts et courageux, cléments et généreux, prêts à combattre le mal et l’injustice sous toutes ses formes. Les saints, qui ont suivi le Christ Jésus chacun à sa manière, en sont de solides exemples, et le récit de leur vie des lectures édifiantes. Une société qui perd ses repères, son sens du bien et du beau, et sa capacité à rêver est une société condamnée à mort qui sombre tôt ou tard dans la folie et le chaos. Je vous en conjure,  bien-aimés, ne l’oubliez jamais !

Moi, Paul, apôtre du Christ Jésus, notre vie, je continue de veiller sur vous tous et vous bénis.

+ Paul, Apôtre de Jésus-Christ

 

Approbation du Père Marc-Antoine Fontelle, docteur en théologie, en droit canonique et en droit.