Sermon du 4 août 2007

SERMON DU 4 AOÛT 2007
(Inspiré au messager pour une paroisse
en la fête du saint Curé d’Ars)

Mes frères,

Si nous voulons être de vrais amis du Bon Dieu, ne soyons pas de ces chrétiens qui n’en font qu’à leur tête et trouvent toujours des circonstances atténuantes à leurs manières d’agir quand elles ne correspondent pas à l’enseignement de l’Église. Car ce que l’Église nous enseigne est fondé sur l’Écriture Sainte et ne peut être que fondamentalement bon pour tout chrétien. À l’image d’un père de famille qui ne donnerait jamais une pierre à son fils qui lui demande du pain (cf. Lc 11, 11), l’Église ne permettrait jamais que ses enfants s’engagent sur de mauvais chemins.

C’est pourquoi Notre Seigneur a voulu nous laisser les sacrements en héritage, à travers lesquels s’expriment en plénitude la puissance, la sagesse et l’amour du Bon Dieu. Le Baptême, premier des sacrements, fait de nous des enfants de Dieu ; l’Eucharistie, pour sa part, nous nourrit du Pain de Vie, source d’Éternité, et ouvre notre cœur au bien et à la charité ; la Confirmation nous donne l’assistance de l’Esprit Saint, que Jésus nous a envoyé pour construire son Royaume ; le Mariage unit les époux sous le regard du Père, qui les bénit – et le Bon Dieu sait combien cette bénédiction est aujourd’hui primordiale ; l’Ordre, fait accéder l’homme qui a reçu l’appel, à la grâce du sacerdoce ; la Confession efface nos péchés et nous donne la force de lutter plus efficacement contre nos faiblesses ; la Sainte Onction, enfin, confie les malades au Christ Médecin, et lorsque ceux-ci sont en fin de vie, ils peuvent aussi recevoir le Viatique, c’est-à-dire l’Eucharistie, pour les aider à achever leur pérégrination terrestre avant l’entrée dans la Maison du Père.

Cependant, mes frères, ces sacrements ne sont pas à considérer à la légère, car le Christ en personne y agit d’une façon toute particulière par le prêtre et à travers le prêtre. En effet, comme dans la Genèse le Bon Dieu dit : « Que la lumière soit ! » et la lumière fut, le prêtre, in persona Christi, dit : « Ceci est mon corps ! » et, sur l’autel du sacrifice, un simple morceau de pain devient le Corps du Christ (cf. Mt 26, 26). Et lorsque le prêtre dit à l’enfant : « Je te baptise ! », l’enfant est baptisé. Lorsque le prêtre nous dit : « Je te pardonne tous tes péchés ! » (cf. Jn 20, 23), tous nos péchés sont pardonnés. Ah, mes frères, que de grâces nous sont données à travers les prêtres ! Et quelle chance nous avons de pouvoir bénéficier de tels sacrements, car ils sont l’expression de toute la bonté et de tout l’amour du Bon Dieu !

C’est pourquoi nous devons veiller tout particulièrement à être dans les dispositions requises par l’Église, notre mère, pour recevoir la sainte Communion. Cela consiste avant tout à respecter les Commandements, à nous confesser avec sincérité si nous avons péché, et à remédier à toute forme de situation qui puisse nous éloigner de la vie chrétienne. « Si quelqu’un m’aime, dit Jésus, il observera les préceptes, mon Père l’aimera, nous viendrons à lui et nous ferons de lui notre demeure. Mais celui qui ne m’aime pas n’observe pas mes commandements. Et la parole que vous entendez n’est pas de moi, mais de mon Père qui m’a envoyé. » (Jn 14, 25-26)

Cependant, ne soyons pas, mes frères, de ces chrétiens aveugles qui investissent tout leur temps dans des œuvres caritatives ou des activités paroissiales et sont loués pour leur zèle, mais qui négligent, pour ce faire, un mari, une épouse ou leurs propres enfants. Car ces derniers pourraient bien devenir jaloux du Bon Dieu et peut-être même abandonner un jour la foi à cause de ce zèle déraisonnable. C’est pourquoi chacun doit respecter sa propre vocation et avoir le sens de la mesure.

Et ne soyons pas non plus de ces chrétiens qui jeûnent de nourriture mais s’autorisent paradoxalement à passer des heures devant le petit écran ou sur leur ordinateur au détriment de leur santé morale. Tout comportement excessif ou toute forme d’addiction révèle généralement un certain déséquilibre intérieur dont il faut se donner les moyens de guérir. Car ce mal-être risque de nuire au passage de la grâce et à son action sanctifiante pour notre âme.

Enfin, mes frères, ne soyons pas de ces chrétiens trop avides de merveilleux, qui préfèrent suivre leur intuition personnelle plutôt que l’authentique message de l’Évangile, et se précipiter vers des lieux d’apparitions non reconnus par l’Église romaine plutôt que vers un tabernacle, seul lieu où nous pouvons être vraiment sûrs que le Bon Dieu soit réellement présent ! Et n’oublions pas ces paroles de Notre Seigneur lui-même, que nous rapporte saint Matthieu : « Prenez garde que personne ne vous induise en erreur. Il en viendra beaucoup sous mon nom qui vous diront : c’est moi qui suis le Christ, et ils en séduiront un grand nombre. […] Alors si l’on vous dit : ‘Voici, le Christ est ici ou là’, ne le croyez pas. Car il se lèvera des faux messies et des faux prophètes qui feront des signes et des prodiges éclatants, jusqu’à égarer les élus eux-mêmes, si c’était possible. Voyez, je vous aurai prévenus. » (Mt 24, 4-5 ; 23-25)

Mes frères, le Bon Dieu nous aime tellement qu’il a fait de nous ses enfants. Il ne veut pas que nous nous égarions. C’est pourquoi il nous a envoyé son Fils pour nous aimer et nous enseigner par son Église, pour nous pardonner et nous encourager, pour nous nourrir de son Eucharistie et nous faire participer à la vie de l’Esprit. Car ne nous y trompons pas : Notre-Seigneur veut que nous soyons heureux et il est prêt à nous accorder, pour cela, toutes les grâces nécessaires.

« En vérité, en vérité, je vous le dis, nous dit Jésus, tout ce que vous demanderez à mon Père, il vous l’accordera en mon nom… Demandez et vous recevrez, pour que votre joie soit parfaite. » (Jn 16, 23-24)

Si nous suivons le chemin de la sainteté, mes frères, nous ne risquons pas de nous égarer. Et si notre joie ne parvient pas à atteindre la plénitude de sa perfection dès cette terre, elle l’atteindra sans aucun doute au Ciel. Alors, au terme d’une vie d’amour et de droiture, nous pourrons nous précipiter entre les bras de notre douce Maman, la Bienheureuse Vierge Marie, qui nous conduira, radieuse, dans la gloire éternelle de son Fils Jésus.

C’est tout ce que je vous souhaite !