Message du 30 octobre 1988

Bien chers frères.

Nous aimerions vous entretenir aujourd’hui du rôle de la femme dans la société et dans l’Église.

Ceux ou celles dont l’esprit est fortement porté à la contestation ne pourront que s’insurger contre nos paroles, mais ces dernières n’en restent pas moins la stricte vérité aux yeux de Dieu.

Par leur morphologie même, l’homme et la femme sont différents, nul ne saurait le nier. Cette différence se retrouve au niveau de l’esprit, de la sensibilité, de la manière d’appréhender les choses. Le psychisme de l’homme diffère du psychisme de la femme, ce qui porte l’un comme l’autre à jouer, dans la société, des rôles qui ne sauraient être identiques.

S’il a été donné à l’homme un corps plus solide, c’est afin qu’il puisse vaquer à des travaux plus difficiles que la femme, et que sa force vienne à bout de ces difficultés. C’est afin de traduire en actes les plans et conceptions que son esprit inventif a été conduit à imaginer. C’est afin d’élaborer des structures, de construire, de fabriquer, de semer. Car l’homme, dans les limites de sa puissance, est un créateur. Dieu lui a donné la terre pour royaume, et il dispose de toutes les richesses qui s’y trouvent pour les faire fructifier par son labeur, et assurer ainsi sa subsistance.

Afin que l’homme ne soit pas seul, et pour l’assister dans sa tâche, Dieu lui a donné une compagne, la femme. Celle-ci ne saurait en aucun cas le remplacer ou le dominer car c’est à l’homme qu’a été confié le pouvoir – ce qui ne signifie pas, cependant, qu’il lui soit permis d’en abuser comme il l’a fait pendant des siècles ! La femme, donc, est présente pour le soutenir, pour le chérir et pour lui apporter, par sa nature plus intuitive, des éléments judicieux visant à le faire réfléchir. Elle est le tuteur de la plante et son engrais tout à la fois : son rôle auprès de l’homme reste donc de première importance.

La femme, toutefois, ne saurait être pour l’homme un objet de plaisir ou une esclave sans âme destinée exclusivement à le servir et à satisfaire ses passions, comme trop d’hommes le croient encore : elle est en fait une partie de l’homme, un complément que ce dernier se plaît à retrouver dans le mariage. Elle est l’adjuvant qui stimule sa force, l’encourage, le rassure, le soutient. Elle est le contrepoids qui l’équilibre et qui le calme, la fleur au doux parfum qui le charme et le ravit.

Maîtresse de maison, elle est celle qui, en l’absence de l’homme, met en œuvre tous ses talents et son goût personnel pour arranger, nettoyer, décorer et parfaire. L’homme n’est pas dispensé de l’aider dans cette tâche, mais c’est à elle qu’incombe en priorité la bonne marche du foyer pour plaire à son mari ; de même que c’est au mari qu’incombe l’exercice d’une profession à l’extérieur pour assurer à son foyer subsistance et confort : l’homme, donc, apporte, et la femme dispose et gère de son mieux. Et elle doit mettre tout son zèle dans cette gestion des talents que lui confie son mari, afin qu’au sein du foyer règnent le bonheur et l’harmonie.

Mais la femme est aussi et surtout celle à qui Dieu a fait don de l’immense privilège de la maternité : l’homme sème, il est vrai, la graine de vie, mais c’est elle, la femme, qui accueille la semence et qui, dans la discrétion, la porte et la nourrit pour en donner fièrement au monde le fruit. Ce rôle admirable de la femme, chers frères, n’a sans doute point aux yeux du monde l’envergure d’une réussite professionnelle – qui passe aujourd’hui trop souvent au premier plan chez les femmes – mais il n’en conserve pas moins, dans toute sa discrétion, la bénédiction particulière du Seigneur. Car la femme a été conçue, en premier lieu, pour aimer. C’est pourquoi la plupart des femmes trouvent joie et épanouissement dans le mariage et la maternité. La femme n’a, en fait, pas à copier l’homme dans quelque domaine que ce soit, ni à créer un climat de compétition ou de rivalité avec « le sexe fort » pour tenter de le rabaisser ou d’acquérir cette fameuse « égalité » dont elle parle tant, mais qui ne veut rien dire dans la mesure où l’on ne pourra jamais comparer que ce qui est comparable !

C’est, chers frères, de nouveau la femme qui se voit confier la plus belle et la plus noble de toutes les tâches humaines : la garde et l’éducation des enfants. Son amour, sa délicatesse, son savoir-faire et son intuition ne peuvent que s’y épanouir et la combler de bonheur. Quelle joie, pour une femme, que de pouvoir dire à son mari : « Regarde, nos enfants vont bien. Ils sont sains physiquement et moralement. Ils sont bien élevés et armés pour affronter les difficultés de la vie, sous le regard de Dieu ! » Le rôle de la femme auprès de ses enfants reste donc aussi un rôle de tout premier plan. Les plus grandes choses ne sont-elles pas souvent élaborées à l’abri du regard de tous ?

Néanmoins, si au siècle dernier le propos que nous vous tenons n’eût choqué personne, la « femme actuelle » ne semble pas l’entendre de cette oreille.

Dans ce siècle antireligieux, elle abandonne la foi et la morale de ses ancêtres pour se vautrer souvent dans un odieux libertinage. Dès l’adolescence, elle se plaît à séduire et à exciter chez l’homme les passions les plus basses afin de l’attirer dans ses filets et de le manipuler à sa guise. Elle veut et exige d’être aimée, admirée, complimentée. Son orgueil bel et bien blessé par des siècles d’une abusive « domination » masculine se révolte.

C’est alors l’excentricité dans le maquillage, la coiffure, le vêtement, la parure. Mais ce désir de puissance ne laisse pas de trahir une certaine sensibilité propre à la nature féminine, que tout amant a tôt fait de réveiller, et qui la porte à s’abandonner plutôt qu’à résister. C’est l’expression de la provocation, associée la plupart du temps à une vulgarité repoussante dans les actes (cigarette, fréquentation des cafés, des maisons de jeu, des boîtes de nuit, contraception chez les fillettes, fornication, avortement, etc.) et des paroles (langage grossier, contestation, slogans en faveur de la contraception, de l’interruption volontaire de grossesse, etc.).

Pauvres femmes modernes qui vous voulez « libérées » ! Ce que vous nommez « libération », nous ne pouvons que le qualifier d’esclavage du Diable ! Car si l’homme a mangé la pomme par la faute de la femme (Gn 3, 6-7), ses enfants, cette fois, – encore par faute de la femme -, se trouvent aujourd’hui en grand danger. En effet, vous n’avez plus le désir d’être d’abord de bonnes épouses et de bonnes mères qui assument leur vocation du mieux qu’elles peuvent pour plaire au Seigneur, à leur mari et à leurs enfants. Vos attachements sont trop souvent éphémères, et, la plupart du temps, déçus puisque ne reposant point sur les solides valeurs morales du Mariage chrétien. Vous voulez être libres d’aimer et d’être aimées à votre guise, mais, nous vous l’affirmons haut et fort, vous ne savez plus ce qu’est le véritable amour !

Femmes indignes de votre condition ! vous détruisez l’équilibre de la famille en briguant, dans la société, un rôle copié sur l’homme, qui n’a jamais été le vôtre ! Vous osez abandonner vos enfants, votre bien le plus précieux, pendant leurs premières années, dont nous vous disons encore l’importance capitale, à des inconnues à qui vous déléguez tous vos pouvoirs pour leur éducation, sans aucun discernement. Votre but ? Vous « assumer financièrement », ou bien vous « sortir de l’atmosphère sclérosante du foyer » et vous « épanouir à l’extérieur » !… Comment osez-vous troquer l’éducation de vos enfants – qui n’est, en fait, l’affaire que de quelques années, jusqu’à leur scolarisation – contre une prétendue « liberté » d’exercer une profession « ailleurs » ? Est-ce par insouciance ? pour fuir vos responsabilités ? Nous dirons plus justement : par égoïsme ! par un ignoble égoïsme lorsque vous possédez un mari qui déjà gagne honorablement sa vie ! Le cas des mères qui sont seules est, bien sûr, tout à fait différent : certaines se montrent parfois héroïques pour assurer la subsistance de leurs enfants. Un salaire de « mère au foyer » serait sans aucun doute la solution idéale que pourraient apporter les États à ce grave problème.

Ne vous étonnez donc point de voir les enfants transformés en démons, de les voir perdre toute notion de respect, de politesse, d’obéissance, et copier leurs infernales idoles qui ne sont, elles aussi, que des monstres d’égoïsme ! Quel exemple avez-vous donné à ces enfants, mères indignes ? quelle éducation ? quelle morale ? quelle foi ? Il ne peut y avoir d’harmonie que dans l’amour et dans l’unité, mais vous dégradez l’amour et vous tuez l’unité ! Il ne peut y avoir d’équilibre que dans la complémentarité et vous détruisez la complémentarité !

Non ! ne dites surtout pas que ce message est trop sévère avant d’avoir compté autour de vous le nombre d’adolescentes de cette génération décadente qui prennent la pilule pour satisfaire sans retenue les instincts de leurs petits amis, dont l’éducation morale ne vaut d’ailleurs pas plus cher que la leur ! avant d’avoir compté le nombre de couples séparés, divorcés, ou en instance de divorce, seulement pour des histoires de « sexe » ! avant d’avoir compté le nombre de femmes qui choisissent de travailler et de rémunérer une gardienne, plutôt que de s’occuper elles-mêmes de leurs enfants ! avant d’avoir compté le nombre de femmes en âge d’être mères, célibataires ou mariées, qui n’hésitent pas ou n’hésiteraient pas, en cas de grossesse non désirée, à avoir recours à un avortement et à tuer lâchement un enfant !* Elles qui n’oseraient pas même disséquer une simple souris, comment est-ce possible ?.…

Si des enfants sombrent dans la délinquance, s’ils sont perdus, désorientés, sans morale, l’absence d’un père et surtout d’une mère n’est jamais étrangère à cette situation. Que le Seigneur bénisse les couples unis au sein desquels règne l’harmonie, et qui savent, en dépit des difficultés qu’ils peuvent rencontrer, s’occuper correctement de leurs enfants. Mieux vaut n’avoir qu’un seul salaire et vivre sainement que posséder toutes les richesses de la technique moderne et voir ses enfants pervertis par les médias, les musiques sataniques et le luxe, ne croyez-vous pas ?

Après la femme-épouse et la femme-mère, parlons à présent de la femme dans l’Église d’aujourd’hui, et sachez tout d’abord que le rôle qu’elle y prend peu à peu n’est pas toujours vu d’un œil favorable par vos frères du Ciel.

Si de nombreuses saintes ont beaucoup apporté, par le passé, à la communauté chrétienne, c’est par leur soumission à Dieu et leur obéissance à l’Église : une vie exemplaire, une expérience mystique discrète, une vie de souffrance offerte à Notre-Seigneur, une vie au service de la foi, des enfants, des pauvres, des missions… Les saintes n’ont jamais cherché à se faire les égales des prêtres, ni à convoiter leur fonction, mais elles ont contribué, à leur humble façon, à servir Dieu comme il Lui plaît d’être servi.

Combien de femmes détournent des prêtres de leur sacerdoce en envahissant les églises dans des tenues débraillées ! Combien s’approprient, au nom de l’« égalité des sexes », les abords de l’autel, et vont même jusqu’à exiger de distribuer la Sainte Communion alors que des consacrés sont présents pour le faire ! Devant tant d’empressement, ne croyez-vous pas, chers frères, que certains prêtres vont pouvoir enfin se décharger totalement de leur ministère, et prendre leur retraite anticipée ?… Soyons sérieux, frères aimés ! À chacun son rôle ! Et le rôle des femmes à l’église n’est pas de diriger.

Combien de femmes se révoltent contre Paul qu’elles accusent de misogynie lorsqu’il clame :

« Que la femme écoute l’instruction en silence avec une entière soumission. Je ne permets pas à la femme d’enseigner ni de faire la loi à l’homme ; qu’elle se tienne tranquille. » (1 Tm 2, 11-12).

Et pourtant, combien la situation présente confirme les mises en garde de l’Apôtre au sujet des assemblées ! Relisez Paul, chers frères, et vous comprendrez quel doit être le rôle des « femmes qui font profession de piété » (1 Tm 2, 10).

Comme dans le foyer chrétien, que la femme sache œuvrer dans l’Église avec discrétion et efficacité, car, une fois encore, ce n’est pas la moindre tâche qui lui a été réservée : qu’elle assure avec zèle la catéchèse des enfants, l’entretien des églises, l’ornementation des autels et tous ces travaux qui se pratiquent, certes, dans l’anonymat, mais qui sont si nécessaires à la bonne marche de tout le reste ! Que la femme excelle dans sa partie, en conduisant au prêtre des enfants bien formés, et qu’elle vaque à de multiples bonnes œuvres auprès des pauvres, des malades et des mourants. Qu’elle apporte Dieu autour d’elle par le rayonnement de son humble présence, par sa charité, sa décence, sa douceur, et sa connaissance de la Parole. Qu’enfin elle se rende compte qu’elle ne sert véritablement Notre Seigneur que lorsqu’elle limite ses missions aux domaines qui lui sont réservés.

C’est toute la dignité du rôle de la femme – celui que jamais homme ne pourra assumer, et qu’elle sait si bien accomplir lorsqu’elle le veut – que nous souhaitons réhabiliter par ce texte, en opposition avec l’Ève moderne, futile et provocante, dont les artifices sont tant prisés par le monde, mais qui porte déjà le licou de la mort.

Bénie soit donc la femme à l’image de Marie, la Mère du Sauveur, si belle dans son humilité, si grande dans sa maternité ; la femme lumière de l’homme, et lumière de Dieu.

+ Vos frères dans la Foi

 

* v. Message du 25 février 1986 in Un Souffle qui passe…, Tome 1.