Message du 1er novembre 1988

MESSAGE DE TOUSSAINT

Bien chers frères,

Lorsque vous pensez à vos amis du Ciel, n’ayez aucun scrupule à laisser parler votre cœur de manière concrète et réelle ! Réveillez donc cette « corde sensible » que vous prenez toujours bien soin de détendre pour qu’elle ne vibre pas et n’inonde jamais votre visage d’un torrent de larmes ! Ceux que vous aimez sont vivants et votre habituelle indifférence les peine, votre oubli les inquiète, surtout dans la mesure où vous préférez consacrer vos moments de liberté à des futilités matérielles plutôt qu’à la prière et à quelques pensées d’amour pour eux.

Le Seigneur et la Sainte Vierge sont, eux aussi, bien peinés de cette situation car c’est sans grand enthousiasme que vous vous rendez à la Messe dominicale et y recevez l’Eucharistie. Ne croyez-vous pas, frères, que vous vous privez d’un bien grand bonheur en insensibilisant ainsi votre cœur aux merveilles du Ciel ? N’hésitez donc pas, lorsque vous priez, à ressentir la présence de vos aimés du Ciel, des saints et des saintes pour qui vous avez une vénération particulière, de la Très Sainte Vierge Marie et du Seigneur Lui-même. Est-ce à l’air ambiant que vous vous adressez alors, ou bien à une Personne qui vous a promis de rester « avec vous pour toujours jusqu’à la fin du monde » (Mt 28, 20) ? Parlez donc avec votre cœur, chers frères, et laissez les prières mécaniques aux hommes qui croient progresser en établissant des records de paroles !

L’Évangile de la Veuve (Mc 12, 41-44) ne vous montre-t-il pas la différence entre ceux qui agissent par principe, par devoir, par tradition, pour se mettre en valeur, et celle qui donne avec son cœur ? Nous irons même jusqu’à dire celle qui donne son cœur, parce que ce n’est pas la valeur matérielle de sa si modeste offrande qui plaît au Seigneur, ce sont les sentiments qui la poussent à ce geste sublime. Offrez, frères, à Dieu votre prière, vos pensées, vos paroles, vos actions ; offrez-Lui votre vie tout entière, et offrez-la-Lui avec amour, avec foi, avec force ! Pour cela, abandonnez-vous à Lui comme l’on s’abandonne à un ami très cher. Ne L’imaginez pas lointain, absent, immatériel. Au contraire, apprenez à ressentir Sa Présence, à chercher Son Visage en vos frères, les riches et les pauvres, les vertueux et les pécheurs, et conservez toujours le regard de l’amour envers tous.

Alors que certains chrétiens s’évertuent à donner à la foi une dimension exclusivement horizontale à travers les bonnes œuvres, les kermesses et les froides dissections théologiques, donnez-lui, quant à vous, une dimension verticale et mystique qui élève les âmes et dilate les cœurs. Occupez-vous de la conversion des âmes, puisque tant de chrétiens – pour ne pas dire de prêtres – répugnent à le faire ! Parlez de Dieu et parlez du Ciel, parlez de vos lectures spirituelles et réchauffez les cœurs ! Alors, vous serez étonnés de découvrir le nombre de chrétiens qui abandonnent la Sainte Messe et les Sacrements par pure ignorance. Oui, chers frères, et ce sont leurs lacunes que vous devez combler en vous chargeant de leur instruction spirituelle.

Le cœur des enfants n’est plus éduqué à aimer le Seigneur. L’enseignement de la « religion » est devenu un cours d’histoire, de chant, d’arts plastiques, de théâtre, bref, de tout sauf de Dieu ! Les enfants n’y apprennent plus beaucoup à prier ni à se mettre à genoux avec humilité. Ils font comme à l’école publique : ils lèvent les bras, se tiennent par la main, dansent, chantent. Mais le Seigneur est triste, car cet enseignement sonne faux : ce n’est plus de la spiritualité, c’est un spectacle de marionnettes ! Ce n’est plus l’Esprit de Dieu, c’est l’esprit du monde !

L’enfant est un être sensible, comme chacun le sait, et cette catéchèse moderne, soumise à l’influence directe de certains psychologues – et surtout du Démon ! – vise avant tout à « éviter » de marquer cette sensibilité afin de « ne pas traumatiser » les jeunes esprits. On la dépouille donc volontiers de tout ce qui fait sa vraie richesse : le « merveilleux » tout autant que la notion de « péché » et de « châtiment ». « Il ne faut surtout pas émerveiller l’enfant en lui parlant du Ciel et des anges, ou l’effrayer en lui parlant du Diable et du péché ! Tout cela est dangereux et complètement démodé ! » affirment erronément certains responsables de catéchèse. Mais ce qu’ils ne vous disent pas, c’est le nombre d’heures que leurs propres enfants passent devant la télévision à regarder des dessins animés malsains, peuplés d’êtres fantastiques si horribles qu’ils feraient cauchemarder même des adultes !.…

Chers frères, il faudrait enseigner aux enfants la vie des saints et leur montrer comment, dans une vie bien souvent toute simple, ils ont su accueillir le Seigneur et vivre de Son Enseignement. Il faudrait ouvrir le cœur des enfants à l’admiration des merveilles de Dieu et l’éduquer aux vertus chrétiennes, afin qu’armés d’une solide spiritualité, ils ne se laissent point corrompre par le monde et la concupiscence que le Démon éveille chez eux de plus en plus prématurément. Il faudrait ouvrir le cœur des enfants à l’Amour de Dieu : non pas à un amour factice et ostentatoire où chacun se donne la main sans même se connaître, mais à un amour profond et sincère, affectueux et charitable, où le Seigneur est toujours le premier servi, Celui à qui l’on s’évertue de plaire, et pour qui l’on offre volontiers des sacrifices. Il faudrait initier l’enfant à la politesse, au respect de Dieu et des choses sacrées, au respect de ses parents et au respect d’autrui, à l’obéissance aux Commandements, à ses parents, à ses maîtres, et à la bonté et à la générosité envers tous. Les enfants ainsi élevés sont comme des anges dans le monde : il y en a, chers frères ; ils sont peu nombreux, mais il y en a ! Qu’ils soient bénis et encouragés !

Chers frères, les médias pourrissent le monde ! Le Démon s’y délecte et attire vers l’enfer de l’égoïsme, du matérialisme et des plaisirs des sens les enfants depuis leur plus jeune âge. Parlez à vos enfants et mettez-les en garde ! Offrez-leur des divertissements sains, et, de grâce, éloignez-les des écrans ! La fausse liberté, celle de l’esclavage du Diable, règne partout en maître. Ne la suivez pas ! Mettez tout en œuvre pour rester fidèles à Dieu et donner un parfait exemple à vos enfants, afin qu’ils éprouvent pour vous de l’admiration et qu’ils aient soif de vous imiter plutôt que d’imiter le monde. Si vous faites de la catéchèse, formez les enfants à la découverte de Dieu dans leur cœur. Aucune formation pédagogique ne saurait être nécessaire à cela : le Seigneur se moque de toutes ces « méthodes » de découpage, de collage, d’expression corporelle et de théâtre qui sont à présent utilisées pour « éveiller » l’enfant à Son Évangile ! Vous n’avez qu’à regarder ce qu’il reste de ces simagrées quelques jours seulement après la Profession de foi !

Racontez donc aux enfants la Vie du Seigneur sans négliger aucun détail. Racontez-leur la vie des saints qui peuvent toucher leur cœur, la vie de ceux qui ont rencontré Dieu, sans rien omettre de toutes les merveilles qui ont émaillé leur cheminement. Racontez-leur l’Eucharistie et ce qu’est réellement la Sainte Messe afin qu’ils aient envie de s’incliner devant le Seigneur et de Le recevoir dans une âme pure. Si les enfants ne se confessent plus, chers frères, c’est que personne n’ose plus leur parler de « péché », ni insister sur les bienfaits qu’ils peuvent retirer du Sacrement de Confession, de crainte de les « traumatiser ». Et la prière ? Qui leur en parle encore comme étant la nourriture de leur âme ? Combien d’enfants y pensent encore matin et soir ? Combien prient Marie, leur Maman du Ciel, à qui ils peuvent tout confier, et leur Ange gardien pour qu’il veille sur eux ? Combien pensent à prier aussi pour leurs ancêtres qui les ont quittés mais qui continuent de les aimer par-delà la mort dans la Communion des Saints ?

À l’issue de tout cet enseignement, dites aussi aux enfants l’importance de leur engagement dans l’Église, afin qu’au lendemain de leur Profession de foi, ils n’abandonnent pas les Sacrements, comme s’ils se libéraient, d’un coup, d’une si accablante corvée !

Voilà, chers frères aimés, les conseils que vous donnent vos amis du Ciel qui, en ce temps de Toussaint, tentent plus encore d’influencer votre âme. Vos défunts vous remercient pour les Messes et les prières qui ont été récemment offertes à leur intention, et ils vous transmettent tout leur amour.

Que le Seigneur vous bénisse, chers frères, et vous protège, vous et vos enfants, du faux esprit, celui du monde, qui conduit à la mort. Aspirez au Ciel et priez Dieu de toute votre âme de vous y accueillir un jour.

+ Vos frères dans la Foi