Sermon du 25 décembre 2004

SERMON DE NOËL
(Inspiré au messager pour une paroisse)

Mes frères,

Il y a quelques mois paraissait un ouvrage du journaliste Jacques Duquesne qui venait semer le doute sur la virginité de la Mère de Dieu (1). Et voilà qu’en ce temps de Noël, qui marque la naissance du Ressuscité, la télévision vient de diffuser le film Le Tombeau, une histoire étonnante dans laquelle des archéologues découvrent un tombeau qui serait celui de Jésus, mais qui n’est pas vide !…

Il faut espérer que, même s’il ne s’agit que d’une simple fiction, cela n’aura pas trop semé le doute, chez les téléspectateurs, sur la Résurrection de Jésus, qui est le fondement même de notre foi chrétienne. En fait, cette histoire n’a rien d’original dans la mesure où saint Matthieu nous rapporte déjà, dans son Évangile, qu’après la Résurrection, les gardiens du tombeau – premiers témoins oculaires de l’événement – ont été payés par les grands prêtres juifs pour dire qu’ils s’étaient endormis et que les disciples de Jésus ont profité de leur sommeil pour emporter le corps de leur Maître (cf. Mt 28, 11-15).

« Un temps viendra, affirme saint Paul dans sa Seconde Épître à Timothée, où les hommes […] détourneront l’oreille de la vérité pour se tourner vers les fables. » (2 Tm, 3-4)

Si la réalité historique de Jésus n’est plus aujourd’hui contestée par nos spécialistes, sa Résurrection reste, cependant, du domaine de la foi, malgré la remarquable pièce à conviction que représente le saint Suaire de Turin (2).

En réalité, c’est à des disciples anéantis par le désespoir que Jésus Ressuscité se manifeste après sa mort. Il transforme alors leur doute en une indestructible confiance et leur donne pour mission d’apporter son message d’Éternité à toutes les nations.

« Si le Christ n’est pas ressuscité, nous dit Paul dans sa Première Épître aux Corinthiens, vaine est notre foi !… Si c’est pour cette vie seulement que nous avons mis notre espoir dans le Christ, nous sommes les plus à plaindre de tous les hommes. » (1 Co 15, 17-19).

Béni soit donc, mes frères, ce jour de Noël qui a vu naître Celui qui a vaincu la mort. Et bénie soit Marie, sa Mère, qui l’a mis au monde. Bénis soient également les évangélistes, grâce au travail desquels nous pouvons nous aussi, aujourd’hui, découvrir Jésus et devenir « disciples ». Car ce Jésus, qui nous est né, n’est pas simplement un prophète renommé ou quelque thaumaturge dont nous célébrerions, aujourd’hui encore, l’anniversaire. Il est, par le plus grand des mystères, le Dieu éternel venu en notre chair, dans le sein d’une Vierge, pour nous sauver du Mal et de la mort. Et il n’attend qu’un signe de notre part pour saisir avec amour notre main et nous aider à cheminer au milieu des pièges de ce monde, des appâts des nouvelles technologies et de l’hédonisme triomphant.

C’est pourquoi être chrétien aujourd’hui, c’est d’abord être à l’écoute du Seigneur à travers une vie où ne sont occultées ni la charité ni la prière ni la réflexion spirituelle ; à travers une vie qui aspire à un cœur à cœur avec Jésus, et où sa volonté à lui et non la nôtre doit passer en premier.

Il paraît que la Bible est l’un des ouvrages qui se vendent le plus. Eu égard à l’esprit matérialiste de nos sociétés contemporaines, sans doute n’est-elle pas de ceux qui se lisent le plus… Cependant, si nous voulons aimer Jésus davantage et suivre son enseignement, il est indispensable de lire et de méditer le Nouveau Testament. Il est également indispensable d’apprendre à accueillir Jésus au plus profond de notre cœur, et d’écouter sa voix suppliante y murmurer :

« Aime-moi, mon enfant, et aime ton prochain. Désire toujours le bien. Sois humble et ne te vante pas. Ne cherche pas à écraser les autres ou à avoir toujours raison. Sois patient, prudent, serviable, pur et honnête jusque dans les petites choses. Ne t’emporte pas. Ne te réjouis pas de l’injustice. Honore tes parents. Ne convoite pas la femme ou les biens de ton voisin. Réconcilie-toi avec toi-même, avec tes ennemis et avec moi, et sois un exemple de charité pour tes frères. Ainsi, tu seras sur le chemin de la Vérité et de la Vie Éternelle. »

Pour nous aider à mettre tout cela en pratique, le Seigneur nous a fait don de deux sacrements : celui de la Réconciliation (ou de la Confession) – où nous pouvons confier à un prêtre tous nos manquements et toutes nos fautes pour recevoir le pardon de Dieu – et celui de l’Eucharistie (ou de la communion), où Jésus s’offre à nous en nourriture spirituelle pour fortifier notre âme. Pour le recevoir, il nous demande seulement d’être dans les dispositions nécessaires.

En ce soir de Noël, mes frères, inclinons-nous devant la Crèche, où repose Jésus enfant, et prenons le temps de méditer un peu sur la vie du Sauveur. Remercions le Père de s’être révélé à nous à travers son Fils, et remercions la Vierge Marie d’avoir, par son fiat, accepté de le donner au monde pour Guide et Médiateur.

À travers son Incarnation, Dieu nous a révélé son visage. À travers sa Résurrection, il a fait de nous les héritiers de son Royaume. C’est là tout le mystère de Noël. Ne lui fermons pas notre cœur. Joyeux Noël, mes frères !

Amen.

 

 

(1) v. Sermon de Noël 1999, Un Souffle qui passe…, Tome 3.
(2) v. Message du 18 octobre 2000, Un Souffle qui passe…,Tome 3.