Message du 16 juillet 1986

Bien chers frères,

Nous aimerions que vous soyez plus attentifs aux combats qui se livrent en votre âme.

Imaginez une étendue d’eau calme sous un soleil radieux : tel est l’état de l’âme fraîchement confessée et offerte entièrement au Seigneur et à la douce chaleur de l’Influence Divine. Le monde extérieur et ses tentations sans cesse agitent la surface de l’eau mais cela ne trouble aucunement son apparence calme et tranquille. Ils viennent, tels des poissons, y créer quelques vagues ou quelques remous sans conséquences.

Pourtant, ces troubles infimes parfois vous dérangent et votre amour-propre en est blessé. Vous perdez votre patience, recevant mal quelque remarque anodine que vous vous empressez de parer comme une attaque alors qu’il n’en est rien. Parfois encore vous vous livrez à des sentiments de curiosité, vous étonnant même de la noirceur des pensées qui courent en votre esprit… Alors, frères, le temps se gâte, le ciel lumineux se couvre de nuages d’orage et votre âme tout entière devient la proie des ténèbres. Et votre personne tout entière se laisse ébranler par des légions de grêlons ennemis qui, une fois qu’ils vous ont atteints, vous pénètrent de leur froidure mortelle.

Il se livre alors sur le lac une bataille meurtrière où toutes les bonnes pensées, tous les sentiments nobles et purs qu’entretiennent en vous les anges et les saints que vous aimez sont progressivement détruits par les démons. Ils vous séduisent par le mensonge, vous promettant de vous laisser en paix si vous suivez quelques secondes du regard intérieur les dédales de votre imagination. Ah ! frères, ressaisissez-vous à temps et n’écoutez pas cette vermine !

Vous n’imaginez pas comment se livrent ces batailles. Vous ne parvenez pas à croire que ces combats soient réels, et pourtant, ils le sont ! Les puissances des ténèbres recouvrent le ciel et détruisent la lumière. Elles arrachent les flambeaux des mains des anges, elles embrasent d’un feu mortel les mauvais désirs, les nourrissant du feu de l’égoïsme et de la vanité. Lorsque vous sentez venir en vous la colère, maîtrisez vos emportements. Si cela vous semble impossible, retirez-vous pour prier. Appelez votre ange gardien à la rescousse et blottissez-vous entre les bras de votre Mère Chérie.

Votre imperfection provient souvent du fait que vous n’êtes pas suffisamment à l’écoute des autres et que vous avez du mal à vous mettre à leur place – si encore vous cherchez à le faire… Vous dites sans cesse : « Moi, je… ». Il n’est que vos propres affaires que vous aimiez, que vous mettiez en valeur aux yeux des autres ; il n’est que vos propres mérites que vous avanciez, que vos propres projets que vous preniez en considération.

Amis, comprenez que vous n’êtes pas les seuls à posséder le libre arbitre, vos frères aussi sont libres : libres de s’exprimer, de penser et de vivre différemment de vous ! Dieu respecte leur liberté et vous devez faire de même.

Dans le domaine de la foi, en revanche, il est bon que vous vous regroupiez en fonction de vos affinités afin d’être plus forts pour parler du Seigneur et mettre en pratique Ses Commandements dans le monde.

Ne vous laissez pas influencer par le monde extérieur et, entre vous, montrez encore plus d’amour car vous êtes encore bien loin de la sainteté ! Montrez-vous plus souriants, plus avenants, plus disponibles. N’ayez envers vos frères aucun mauvais sentiment et ne leur prêtez pas de mauvaises pensées. Ne vous sentez pas sans cesse agressés par les autres car cela prouve que vous ne savez pas faire en vous la paix et accueillir le Seigneur. Soyez doux dans vos actes comme dans vos paroles. Ne vous déchirez pas entre vous. Évitez les remarques désagréables ; mais lorsque quelque chose vous plaît chez une autre personne, n’hésitez pas à lui en faire compliment. Quand un service vous est rendu, n’oubliez pas de remercier ; mais si une chose ne vous convient pas et que vous n’y puissiez rien changer, gardez le silence sinon vous risquez de froisser ou de blesser. Lorsque vous possédez des biens, ne dites pas : « Ce que je possède est mieux » ou encore : « Ce que j’ai est meilleur », car vous rabaissez alors votre prochain et vous le peinez. Apprenez au contraire à apprécier sans réserve ce qu’il vous propose ou vous offre souvent si généreusement. N’oubliez pas que le pauvre vous offrira toujours ce qu’il a de plus beau et de meilleur, alors que le riche ne vous donnera pas mieux et pas davantage que ce qui lui est coutumier.

Apprenez à apprécier les efforts et la générosité de vos frères. Ne raisonnez pas sans cesse en termes d’argent et de richesses mais laissez parler votre cœur après l’avoir sondé et épuré de tous ses sentiments mauvais, de son orgueil et de sa fausse noblesse qui ne cherche qu’à paraître… Imaginez que soudain votre âme soit mise à nu aux yeux de votre entourage : ne rougiriez-vous point de honte en voyant dévoilés vos faiblesses et votre manque de charité ?

Demandez à Jésus de rendre votre cœur semblable au Sien, de l’inonder de Son Amour et de Sa Miséricorde ; alors vous regarderez votre prochain différemment et ne chercherez plus inlassablement à imposer votre personne, vos idées, vos sentiments – car même en matière de sentiments vous désirez que les autres se calquent sur vous ! S’il est un modèle à suivre, ce n’est point vous, chers frères orgueilleux, mais le Seigneur ! Ainsi, lorsque vous polémiquez avec vos amis, croyant encore avoir raison, demandez-vous d’abord quelle serait l’opinion du Seigneur s’Il se trouvait en chair et en os sur cette terre ; demandez-vous comment votre Très Sainte Mère résoudrait le problème et souvenez-vous que seuls l’humilité et l’effacement sont signes de perfection aux yeux de Dieu. Que ce soient toujours les Commandements qui dirigent votre âme, chers frères, et, avant tout autre, le Commandement d’Amour.

Toute attention portée vers les autres, aussi petite soit-elle, fait toujours plaisir : un mot gentil, même lorsque vous n’avez pas envie de parler, peut être à l’origine d’un sourire et emplir un cœur de joie ; au contraire, une phrase bourrue peut peiner ou porter au découragement… Aimez-vous en vérité et désirez toujours le bonheur des autres en Dieu. C’est cela le véritable amour : être un cœur, un cœur accueillant, un cœur aimant, un cœur miséricordieux à l’exemple de Celui de Jésus.

Donnez l’exemple d’un amour de jour en jour plus parfait. Les combats qui se livrent en votre âme sont certes douloureux, mais si vous mettez tout en œuvre pour étouffer votre amour-propre et pour repousser les tentations dès qu’elles se présentent, votre âme restera le lac sans nuage que nous souhaitons qu’elle soit. Nous ne vous dirions pas cela si nous savions que vous ne pourrez jamais y parvenir. Vos générations sont appelées à une sorte de perfection qui n’est en rien comparable à celle des siècles passés, car vous êtes environnés par le vice, la pourriture, la violence et la corruption comme le monde ne l’a jamais été si ce n’est au cœur de Sodome ! Nous vous souhaitons donc force, courage et persévérance. Afin de vous aider dans votre cheminement, le Seigneur aujourd’hui nous envoie, et nous espérons que votre âme retirera un grand profit de ces paroles.

Chers frères, croyez que nous vous aimons de cet amour céleste dont seul le Paradis rayonne. Que par la Puissance de Dieu, il vous soit transmis sans partage.

+ Vos frères du Ciel