Message du 18 décembre 1984

Bien chers frères,

L’être humain est une subtile machine aux multiples rouages et aux possibilités variées mais la spiritualité reste le carburant le plus parfait pour un fonctionnement idéal.

C’est en effet par une vie de l’âme intense que vous êtes propulsés plus rapidement hors des liens de la chair vers la Vraie Vie en Dieu, celle qui n’a pas de fin. C’est par une volonté toujours plus aiguisée à rechercher le Seigneur dans la moindre de vos pensées, dans le moindre de vos gestes et de vos actes que vous parviendrez à vous détacher de toutes les choses matérielles qui ne vous sont pas nécessaires pour accéder à la Vie Divine.

En vous élevant vers l’Amour Véritable, vos efforts seront comblés, et vous ne devrez jamais désespérer malgré les difficultés et les embûches qui parsèmeront votre démarche spirituelle. Car vous êtes gauches, vous êtes maladroits face au Seigneur, et, dès que vous avez entrevu les premières lueurs du Ciel, vous désirez déjà y parvenir, oubliant votre entourage et votre devoir d’état.

N’oubliez pas que vous avez une place à conserver sur la terre et que vous devez rester en communion avec le Seigneur, non seulement dans les moments privilégiés d’oraison et de prière, d’adoration et de communion, mais aussi dans la vie quotidienne, malgré sa platitude, sa monotonie et son manque d’intérêt lorsqu’on n’y associe pas le Seigneur. Car le Seigneur n’est pas absent des faits et des gestes de la vie de tous les jours, qui peuvent être accomplis de main de maître en affinité avec Lui.

Offrez-Lui toutes vos obligations et acceptez votre devoir, car le Seigneur est avec vous. Ne rechignez pas à la tâche, Marie vous aidera ! Retrouvez le Seigneur en pensée dès que vous le pouvez et parlez-Lui sans cesse, ainsi qu’à votre si Douce Maman du Ciel.

Que vos pensées soient envoyées au Seigneur. Ne vous dites plus, en voyant une personne : « Comme elle est déplaisante ! » et ne prenez plus un air excédé, mais pensez plutôt, sans mépris et avec charité : « Mon Dieu, pardonnez-lui, elle n’a pas encore compris votre Divine Sagesse ». Priez afin que le Seigneur, qui peut tout, transforme son comportement et la guide vers plus de compréhension et d’amour pour son prochain. Alors, comme vous serez heureux de voir, au fil des jours, cette personne se transformer et se mettre à vivre concrètement l’Évangile ! Tout être qui s’élève vers le Seigneur devient de plus en plus sensible au comportement d’autrui, aux imperfections, au manque d’amour et aux divers manquements aux Commandements.

Mû par son carburant spirituel, votre véhicule commence à juger des joies de la vitesse et des déplacements des autres véhicules. Lancé sur le chemin, il se verra tour à tour en avance, en retard, en panne, dépassé, court-circuité, bloqué dans des embouteillages, mais sans désespérer, il devra faire confiance au Seigneur : Celui-ci le mettra en garde s’il dépasse la vitesse limite, le fera accélérer s’il roule trop lentement, le contraindra à aller avec les autres, au milieu des autres, sur la même route, et à considérer aussi leurs déplacements et leur vitesse. Car avancer seul sans tenir compte des autres est très dangereux sur les chemins de la vie.

Le Seigneur réglera les emplois du temps, mettra à l’heure les horloges, dégagera les routes, dépannera les véhicules en difficulté ! N’ayez aucune inquiétude si vous ne voyez, ne pensez, n’agissez qu’avec Lui.

Ah, frères, comme il est doux le joug du Seigneur ! Et combien la vie devient différente lorsqu’Il s’établit dans votre âme en état de Grâce ! Le Ciel vous entoure, vous protège et vous aide, vous inspire et vous guide. L’Esprit Saint prend possession de votre âme, et fier de Son fief, Il la défend d’une manière acharnée, avec Ses légions d’anges, contre les esprits mauvais qui tentent de s’y infiltrer sournoisement.

Ne méprisez pas les dons spirituels qui, souvent, se développent lorsque l’âme est en progrès : l’intuition spirituelle, la communion des âmes, la découverte de la Présence du Seigneur et du Monde Spirituel. Laissez s’ouvrir vos yeux spirituels et vos oreilles spirituelles et vous verrez et entendrez. Que votre entendement ne fasse point obstacle à la réalité de l’oraison et de la Communion des Saints. Relisez la Deuxième Lecture de ce troisième dimanche de l’Avent, temps de joie et d’espérance (1 Th 5, 16-24). Comme Marie, comblée de l’Esprit Saint, ne rejetez pas les Grâces que le Seigneur vous accorde ou les faveurs dont Il vous gratifie. Mais attention au Singe de Dieu qui en distribue aussi abondamment pour l’édification de son monde de ténèbres ! C’est pour cette raison que vous devez avoir la sagesse d’analyser tous les dons et de discerner s’ils sont bien le fruit du Véritable Esprit : devant une âme saine et aspirant à la perfection, qui soumet ses charismes à un directeur spirituel éclairé de l’Église et à son évêque, ne soyez pas dans le doute. Ils sauront faire preuve de discernement et déceler lorsque s’infiltre parfois le Malin dans les prétendus charismes.

Que chaque manifestation spirituelle soit vécue dans le silence, la prière, le recueillement, et qu’une grande discrétion l’entoure : « Garde-toi d’en parler à personne, dit Jésus au lépreux qu’Il vient de guérir, mais va te montrer aux prêtres et fais l’offrande prescrite par Moïse, ce sera pour eux une attestation » (Mt 8, 4). « Faites en sorte que personne ne le sache » (Mt 9, 30), dit-Il aux deux aveugles à qui Il vient d’ouvrir les yeux. Quelques témoins suffisent en effet, mais ils doivent rester discrets sur ce qu’ils ont vu car les hommes admirent les hommes et non l’Esprit de Dieu qui agit à travers eux. De plus, le démon de l’orgueil peut venir tenter les privilégiés de Dieu, et prompte est la jalousie qui vient ternir les relations amicales entre les êtres, affreux le doute qui vient comme un voleur dérober le bénéfice de mois ou d’années de travail spirituel et de confiance ! Car nul n’est inébranlable et Dieu éprouve parfois qui s’y attend le moins. Restez donc vigilants, bien chers frères dans le Christ. Restez entre vous pour la réception de ces messages spirituels et ne les divulguez pas encore. Lorsqu’ils seront bientôt publiés et communiqués au monde, ce sera dans la discrétion, ce qui préservera pour un temps notre messager terrestre. Alors, seule l’Œuvre de l’Esprit percera à travers la grisaille et apportera à ses lecteurs la paix, la joie, la consolation et l’espérance.

+ Vos frères dans la Foi