Message du 19 août 1985

Bien chers frères,

Nombreux sont les couples qui ne s’entendent pas dans le Mariage, et nous désirons vous entretenir de ce problème qui devient malheureusement de plus en plus courant.

Généralement, les mariages qui s’avèrent « ratés » ne sont pas des unions spirituelles contractées sous le regard du Seigneur. Ils ont eu lieu à la suite d’une attirance purement physique, intellectuelle ou par intérêt matériel. Ne pensez pas, frères, que de tels mariages puissent être fructueux : quelques années plus tard, ou souvent lorsque les enfants sont plus âgés, le couple se sépare ou divorce pour refaire sa vie chacun de son côté…

Hormis la découverte première des plaisirs de la chair, certains couples vivent, en effet, dans l’enfer de l’égoïsme et de l’incompréhension : le mari, la femme ou les deux ensemble restent centrés sur eux-mêmes, utilisant l’autre comme serviteur ou comme instrument de jouissance, désirant toujours avoir raison et avoir le dernier mot. L’éducation des enfants pose souvent des problèmes d’entente suscitant parfois de violentes querelles, et chaque activité planifiée devient une affaire d’état dès lors que chacun désire en faire une œuvre personnelle. Alors, les époux commencent à se haïr : chaque acte, chaque parole devient pour l’autre l’objet d’un agacement permanent. Lui supporte de plus en plus mal la vie de famille et finit par aller satisfaire ses désirs égoïstes ailleurs. Elle souffre des querelles permanentes et démissionne aussi parfois lorsque la vie devient trop dure…

Frères amis, quel contraste avec un mariage fondé sur l’amour dans lequel l’époux et l’épouse sont unis par Dieu, et dont l’entente est fondée d’abord sur la spiritualité !

Tout d’abord, il n’est pas sage de s’unir à la suite d’une seule attirance corporelle car l’union reste alors de la terre et n’est pas sanctifiée. Soyez sûrs de vous, futurs époux, si vous ne voulez pas que votre union soit un échec. Apprenez à supporter vos présences respectives dans toutes les circonstances, car la vie à deux n’est pas une voie d’indépendance, elle est la vie de dépendance puisqu’il est dit «…et tous deux ne feront plus qu’un » (Gn 2, 24).

Assurez-vous que vous avez l’un en l’autre une confiance totale qui exclut toute cachotterie, toute tricherie, toute fausseté en actes et en paroles comme en pensées. Que l’autre devienne votre confident, celui à qui vous ne cachez rien, celui qui vous connaît aussi bien que vous-mêmes. Ce sont des confidences réciproques qui aboutissent à une entente parfaite au sein d’un couple.

Reprenez-vous dans les fiançailles qui sont une période de connaissance, d’approfondissement de la vie à deux. N’hésitez pas, avec beaucoup de douceur et de psychologie, de tact et de sagesse, à exposer simplement à l’autre les points de son comportement qui ne vous semblent pas correspondre à ce qu’exige la vie chrétienne, car c’est Jésus que vous devez prendre comme référence et non vos goûts personnels. Mettez au point les questions de la vie dans le couple, de l’éducation des enfants, du travail, des loisirs, des relations avec vos amis et connaissances, parents et beaux-parents, etc. Parlez longuement de vos goûts et surtout, abordez le sujet de la religion. Quelle place tient-elle dans votre vie ? Aimez-vous Dieu plus que tout ? Priez-vous souvent ? Êtes-vous prêts à partager aussi la prière ? à mettre en commun, vos problèmes, vos tristesses, vos déceptions ?

Dans un souci d’honnêteté, chacun doit s’ouvrir l’autre – et cela dans la plus grande confiance et le plus grand respect. L’éducation chrétienne des enfants ne doit pas être sujet de querelle. L’épouse sage doit être prête à reconnaître l’autorité de son mari, et le mari avisé doit décider avec sagesse et ne point choquer son épouse. Ainsi les désirs de l’un deviennent les désirs de l’autre : formulés avec tendresse et sensibilité par l’un, ils sont accomplis avec discernement et force par l’autre. Les différences de tempérament qui caractérisent l’homme et la femme doivent rester marquées dans le couple pour l’équilibre de l’enfant. Pourtant, le père ne doit pas se montrer trop autoritaire ni la mère trop sensible, sinon l’enfant serait dérouté.

Aimez-vous d’un véritable amour chrétien qui se livre totalement. Ainsi, quand l’un a un problème, l’autre l’aide à le résoudre dans ce même amour, et si des difficultés surgissent, elles sont résolues en commun. Car il ne faut pas, dans le couple, que l’homme ou la femme endosse à lui seul ou à elle seule toutes les tâches.

Chacun doit aider l’autre dans ses tâches personnelles en considérant que certaines échoient plus particulièrement à la femme, et d’autres à l’homme. Il n’est pas bon que les femmes accomplissent souvent des travaux d’homme car leur corps n’a pas été destiné à cela. De même, il n’est pas bon que les hommes fassent des travaux spécifiquement féminins car ils n’y sont pas prédisposés : c’est cette différence qui permet aux enfants de s’identifier au modèle qu’ils ont choisi et de devenir des adultes sains et équilibrés. Vous devez donc être de bons modèles de parents car tel est bien le but du Mariage : avoir des enfants et leur apprendre à vivre. La vie à deux se résume en effet trop souvent à un égoïsme partagé.

Bien chers frères, que ces quelques mots sur un sujet aussi délicat que le Mariage commencent à vous éclairer sur ce que désire le Seigneur dans le couple. Toutes les autres qualités que doivent posséder les époux découlent des premières qualités exposées ici, la fidélité restant, bien sûr, impérative. L’infidélité dans le couple est la preuve évidente que le couple n’a absolument rien compris à l’amour conjugal chrétien. Nous vous avons déjà entretenus des problèmes de la pureté dans le Mariage. L’amour spirituel était le sujet d’un précédent message : il reste la plus belle forme d’amour qui puisse être vécue au sein d’un couple uni.

Enfin, n’oubliez pas que la douceur, la tendresse, et les attentions prodiguées à l’autre font partie des joies du mariage et forment le ciment de la compréhension et de la cohésion du couple. Soyez, frères et sœurs, affectueux tout en restant pudiques, témoignez votre tendresse par un regard, un geste d’affection, un rayonnement, afin que l’on puisse dire autour de vous : « Regardez comme ils s’aiment ! ». Ainsi, vous formerez des couples véritablement chrétiens.

          + Vos frères dans l’Amour